Le PCR alerte sur les conséquences dramatiques d’un APE UE-Afoa ouvert aux services
8 juin, parCommuniqué du Parti communiste réunionnais
Politique des déplacements
La délégation réunionnaise veut faire entendre à La Réunion le message de Vélo City 2003
3 octobre 2003

Le 14ème congrès mondial du vélo a pris fin le 26 septembre dernier à l’Hôtel de ville de Paris après quatre jours de travaux très riches et de débats de haut niveau. Les quelque 800 délégués de plus de 40 pays du monde entier se sont séparés en étant confortés dans l’idée que le maximum doit être fait dans nos villes et dans nos régions pour donner toute sa place au vélo dans le cadre d’une politique multimodale des déplacements. C’est indiscutablement une des conditions du développement durable de la planète. Un message que la forte délégation réunionnaise présente à Vélo City 2003 veut faire partager au maximum de décideurs responsables politiques et administratifs, mais aussi à la grande majorité de nos compatriotes.
La quinzaine de membres de la délégation réunionnaise ayant participé à Vélo City 2003 du 23 au 26 septembre derniers à Paris ne cachaient pas leur satisfaction au terme de ce congrès vendredi soir. Pour les élus, administratifs et représentants des associations militant pour la cause du vélo à La Réunion, ces quatre jours d’exposés et de débats sur la reconquête de nos villes par le vélo sont pleins d’enseignements pour notre île. Réunis autour de Johnny Mézino, le "Monsieur Vélo" de la D.D.E., et de Daniel-Omer Hoarau, président de l’association Vélo-Vie, plusieurs délégués réunionnais ont pu faire les premiers constats suivants :
1) Dans le monde entier, dans tous les milieux socio-professionnels, dans toutes les sphères de recherche et de décision sur le développement durable et dans tous les courants de pensée politique, on arrive à la même conclusion : le type de déplacement dominant dans nos villes et sur la planète, soit la voiture individuelle, n’est pas durable.
En effet, ce système est trop gaspilleur d’énergie, de sols, de ressources financières et du patrimoine environnemental. Il faut donc d’urgence le remplacer par un système de transport qui préserve davantage nos ressources énergétiques, nos terres, les budgets des particuliers et des collectivités ainsi que la nature.
Ce nouveau système ne vise pas à supprimer la voiture mais à limiter volontairement son usage autant que possible. Cela, afin d’équilibrer davantage les divers modes de déplacements au profit des modes plus doux, moins polluants, meilleurs pour la santé et plus économiques, comme les transports collectifs, le vélo, la marche à pied, les rollers etc…
Dans le monde entier, à tous les niveaux de responsabilité évoqués plus haut, comme dans la population en général, les citoyens sont de plus en plus convaincus que le vélo doit avoir toute sa place dans une politique multimodale de déplacements (moyens de transports diversifiés) essentiellement sur les courtes distances (moins de 5 kilomètres), à condition que son usage soit davantage sécurisé.
Dans la plupart des pays, l’usage du vélo progresse. Même lorsqu’il est encore très minoritaire comme moyen de déplacement utilitaire. Et partout dans le monde, des actions sont menées par les institutions comme par le mouvement associatif pour favoriser l’usage de la bicyclette pour se déplacer tous les jours, et pas seulement comme outil de loisir ou de pratique sportive.
2) Dans le monde entier, les personnes favorables à une telle politique se heurtent grosso-modo aux mêmes obstacles.
Ce sont des obstacles économiques : les forces économiques dominantes (en particulier le lobby de l’automobile et du pétrole) ont rendu insidieusement les citoyens et les pouvoirs publics dépendants (voire esclaves) de la voiture individuelle, alors que celle-ci peut-être un merveilleux outil de liberté ; ces forces économiques ont soumis les populations et leurs représentants aux lois du tout-marché et du tout-automobile afin de réaliser des profits colossaux et en faisant fi de l’avenir de la planète (voir en encadré le point de vue de Pierre Radanne, de la MIES).
Les intérêts des humains à long terme et au niveau mondial ont été sacrifiés au profit d’intérêts financiers particuliers à court terme, mortifères pour le reste de la planète (voir la suppression du train à La Réunion et l’occupation de son emprise au sol par des particuliers).
Ce sont aussi des obstacles socioculturels et psychologiques : après avoir rendu les citoyens dépendants de la voiture individuelle pour avoir le droit de se déplacer, les classes dominantes ont fait de ce moyen de transport un symbole de la réussite sociale, dévalorisant l’image sociale des autres moyens de déplacements (« le bus et le vélo c’est pour les pauvres, pour ceux qui n’ont pas de quoi se payer une voiture ») ; avec l’aide des médias dominants (largement financés par la publicité en faveur de la voiture), ce lobby a contribué à valoriser l’automobile et à mettre une petite auto dans la tête des gens à la place du cerveau (voir à La Réunion tout le processus qui a conduit à faire croire aux Réunionnais eux-mêmes, en se moquant d’eux, que « Kréol i èm loto »).
De même, après avoir livré tout l’espace urbain et routier à la voiture, on a cultivé et laissé se développer un sentiment totalement irrationnel et improductif chez les usagers potentiels du vélo : la peur de l’automobile. Ce sentiment de peur crée dans l’esprit d’un grand nombre de personnes une situation de blocage, compréhensible mais irraisonné, quant à l’utilisation de la bicyclette, même sur les itinéraires sécurisés. Cet obstacle psychologique est difficile à surmonter, même s’il ne correspond à aucune réalité statistique.
Ce sont enfin des obstacles politiques . Les responsables politiques et administratifs de l’aménagement du territoire et des déplacements se sont généralement soumis aux lois du lobby dominant. Dans leur grande majorité, ils n’ont pas encore compris que le système actuel n’a pas de perspective et conduit à une impasse. Ou alors ils n’ont pas eu le courage politique de faire les choix justes et de prendre les décisions nécessaires pour mettre en œuvre un système de transport durable (voir à La Réunion les retards pris par les décideurs parisiens et réunionnais pour réaliser un transport collectif en site propre ou un réseau de voies cyclables).
3) Dans le monde entier, des hommes et des femmes, de toutes opinions, aux responsabilités très diverses, souvent de très haut niveau scientifique et technique ont décidé d’unir leurs forces pour surmonter ces obstacles. En particulier, ils et elles ont décidé d’échanger leurs points de vues, leurs expériences et leurs pratiques pour faire avancer ensemble la cause du vélo comme moyen de déplacement.
Partout, ces personnes font valoir les mêmes arguments, outre ceux déjà mentionnés plus haut :
- le vélo est bon pour la santé physique et mentale des usagers ;
- le vélo permet de faire de substantielles économies au budget des familles ;
- le vélo favorise le lien social dans la cité, les échanges entre les habitants, la convivialité entre citoyens en général et usagers de la route en particulier ;
- le vélo est bon pour l’environnement, il demande peu de terrains pour les pistes et les parkings, les aménagements pour le vélo sont moins coûteux que ceux pour la voiture ; le vélo ne pollue pas l’air, il est silencieux, il ne gaspille pas les ressources énergétiques de la planète, c’est un mode de déplacement doux, il est moins accidentogène que la voiture individuelle.
Partout dans le monde où les partisans de l’usage du vélo ont réussi par leur mobilisation et leur solidarité à créer des rapports de forces favorables à leurs idées, et partout où ils ont trouvé des responsables politiques à la fois lucides et courageux, la cause du vélo a progressé. Oliver Hatch, directeur international de Vélo City l’a souligné vendredi lors de son intervention finale : « c’est la 10ème fois que j’organise ce congrès depuis 1984 à Londres ; eh bien je peux vous dire que depuis cette date le vélo a avancé dans le monde ».
Forts de ces trois grands constats et de ces encouragements, les délégués réunionnais à Vélo City 2003 sont déterminés à partager de telles perspectives avec leurs amis au pays. Ainsi, les Réunionnais pourront peut-être faire connaître bientôt au monde davantage de réalisations et de projets visant à faire de leur pays une île cyclable. Ce sera lors des prochains rendez-vous mondiaux de la bicyclette : Vélo City en 2005 à Dublin en Irlande et Velo-Mondial en 2006 au Cap en Afrique du Sud. Alors, en selle…
| Zot la di |
|---|
| • Yens Cramer-Mikkelsen, maire de Copenhague, capitale du Danemark
« Le vélo est le principal moyen de déplacement à Copenhague. Nous avons un réseau de plus de 300 kilomètres de pistes cyclables et 50 kilomètres de plus sont prévus. Il y a des parkings pour vélos partout. Les cyclistes peuvent utiliser les bus, les trains et les trams soit en emportant leur vélo, soit en le laissant dans une gare, soit en louant un vélo dans une gare. Nous avons également 2.500 vélos qui sont librement à la disposition de la population ». • Jenny Jones, adjointe au maire de Londres, capitale du Royaume Uni « Nous sommes encore loin de Copenhague mais nous avons entrepris de gros efforts pour rendre le cœur de Londres plus accessible aux cyclistes. Un grand nombre de policiers de déplacent désormais à vélo, y compris les officiers, ce qui rend la police plus efficace, plus proche des gens et plus rapide. Cela donne aussi une meilleure image de la police et du vélo. Nous allons multiplier les zones de circulation automobile où la vitesse maximum sera de 30 km/heure. Cela facilitera les déplacements des cyclistes et améliorera la qualité de vie de tous les Londoniens ». • Auke Biljsma, vice-président du Conseil municipal d’Amsterdam, capitale des Pays-Bas « Le succès et la qualité des travaux de Vélo-City 2003 sont une preuve que le vélo a un avenir comme moyen de déplacement ordinaire. Il y a dix ans, il était inimaginable de voir un congrès de cette nature, aussi représentatif de ce qui se passe dans le monde entier au niveau du vélo. Dans notre ville, 70% des habitants ont une bicyclette ; 80% des automobilistes ont aussi un vélo. Un quart des déplacements se fait à vélo et ce chiffre augmente. La politique visant à favoriser l’usage du vélo est parfaitement consensuelle, cela ne fait pas l’objet d’un débat car elle est soutenue par la droite comme par la gauche. Même ceux qui sont pour la voiture savent que si les cyclistes se mettaient à l’automobile, la circulation en ville serait totalement bloquée. Nous sommes arrivés à ce résultat grâce à un réseau dense de pistes cyclables et de parkings pour vélos mais aussi en développant les transports collectifs ». • Denis Baupin, adjoint au maire de Paris, chargé des déplacements « Ce congrès a montré que le vélo est un moyen pour permettre aux citoyens de se réapproprier leur ville. Il s’agit donc de permettre au vélo de reprendre sa place dans nos villes et de retrouver son image positive. Nous allons amplifier à Paris l’action déjà entreprise par nos prédécesseurs et poursuivie par nous-mêmes en faveur du vélo, notamment en élargissant les couloirs de bus de 3 mètres à 4 mètres 50 pour les cyclistes. Nous allons créer des pistes à contre-sens pour les cyclistes ainsi que des itinéraires à différents niveaux pour les voitures, les cyclistes et les piétons. Autour de nos modes de déplacements, c’est une véritable question de civilisation qui se pose aujourd’hui ». • Pierre Radanne, représentant de la Mission interministérielle sur l’effet de serre (M.I.E.S.) « Il est vital et urgent de sortir la circulation urbaine de la logique d’oppression de l’individu par la voiture. Les changements climatiques vont transformer nos vies. L’effet de serre, qui est responsable du réchauffement de la planète, est dû notamment au mode de circulation automobile : dans sa vie, une voiture consomme 10 tonnes de pétrole, dégage 32 tonnes de gaz carbonique, soit 64.000 mètres cubes, soit le volume de l’Arc de Triomphe. On est à la veille d’une crise grave dans le secteur des transports. Le fait de privilégier les déplacements en voitures individuelles n’est pas durable, ni pour les ressources énergétiques de la planète, ni pour le climat. Tous les partenaires de la politique des déplacements doivent travailler ensemble sur cette question : les constructeurs et transporteurs, les responsables des collectivités et des États, les citoyens. Il faut un nouveau contrat entre le secteur des transports et la société. Le vélo doit se situer dans la problématique suivante : comment travailler ensemble pour un mode de transport qui est amical avec l’humanité ». |
Communiqué du Parti communiste réunionnais
Mézami mi koné pa si étan pti marmaye zot l’avé la shanss an avoir dann zot lanvironeman in vyé méssyé otroman in vyé madam téi gate azot dizon (…)
In kozman pou la rout
APE UE-AfOA : une ouverture aux services qui peut ruiner La Réunion
APE UE-AfOA : une ouverture aux services qui peut ruiner La Réunion
Aujourd’hui aux Comores : 40e Conseil des ministres de la Commission de l’Océan Indien
Au lieu de reproduire la France, les Réunionnais devraient s’inspirer de Madagascar
Retour sur le séminaire organisé par la Section PCR de Saint-Denis
Conséquence de la crise et de la pénurie de logements sociaux
Condoléances du Parti Communiste Réunionnais
Face aux difficultés de trésorerie à cause des retards de paiement
À la veille de la manifestation organisée par des élus devant la préfecture