À 20 heures 15 sur Ciné Famiz Canal Satellite : ’Le souper’

Le vice au bras du crime

19 juin 2006

Une comédie dramatique d’Édouard Molinaro avec Claude Brasseur, Claude Rich, Ticky Holgado, Yann Collette...

Paris, 3 semaines après Waterloo, la France est vaincue, Napoléon en fuite, Paris occupé par les troupes anglaises, prussiennes et russes, le peuple gronde. Que va devenir le pays ? À cette question, seuls 2 hommes aussi puissants qu’intelligents peuvent répondre : Talleyrand et Fouché. Soupant à huis clos, dans cette nuit du 6 juillet 1815, ils vont se livrer à un duel verbal, dont l’enjeu est le sort du pays.

"Le souper" d’Édouard Molinaro est une adaptation d’une pièce de théâtre qui va nous transporter dans une histoire presque vraie. Pourquoi presque ? C’est que de par la nature des personnages qui eux sont historiques, on est tenté de croire que cette entrevue aurait bien pu exister. Toute la trame de ce film est dans le verbe, c’est une joute oratoire digne d’un débat au Sénat romain. Il ne faut s’attendre à aucune succession d’actions et de portes qui claquent, l’intérêt du film repose uniquement sur la joute verbale déployée par les 2 acteurs - Claude Rich et Claude Brasseur - qui jouent respectivement les rôles de Talleyrand et Fouché au cours d’une entrevue fictive.
L’intrigue nous transporte, et les manœuvres ourdies par les 2 comparses aux caractères fondamentalement opposés ont pour objectif de tirer le meilleur profit de la fin de l’épopée Napoléonienne.
"Le souper" est une véritable leçon de dialogues. Il ne faut pas louper la moindre phrase de ce bras-de-fer, faute de perdre le fil de cette intrigue rocambolesque.
Aucun instant n’est négligeable car le ressort des personnages réside dans la subtilité de leurs gestes, de leurs paroles. Le pouvoir n’est plus qu’objet de convoitise, et toutes les manœuvres sont bonnes pour en soutirer la portion la plus infime. Au prix d’une entente improbable et nébuleuse, ce face à face est délectable et le huis-clos captivant. Le meurtre, le jeu, la mort, l’État, le peuple, l’avenir, la peur, la colère, l’histoire et la France, leur histoire de France en quelque sorte, celle vue par 2 hommes avides de pouvoir et machiavéliques à souhait, c’est Machiavel discourant avec Landru, c’est le vice au bras du crime.

Ph. T.


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Témoignages - 82e année


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