À 20 heures 25 sur Tempo

’Le vieil homme et l’enfant’

17 mai 2006

Film français de Claude Berri. Avec : Michel Simon, Alain Cohen, Charles Denner, Luce Fabiole, Roger Carel, Paul Préboist...

En 1943, fils d’un tailleur juif de Paris, le petit Claude se voit reprocher d’attirer l’attention de la Gestapo sur sa famille, juive, qui vit dans la crainte de la déportation, en volant au nez et à la barbe de l’occupant un tank dans un magasin de jouets. Il est envoyé chez des retraités de la région de Grenoble, mais personne ne doit savoir là-bas qu’il est juif. Il est accueilli par un vieux couple sans enfants. L’homme, un ancien de 14, admirateur de Pétain, antisémite, mais brave, soignant son chien et refusant de manger ses lapins, se prend d’amour et de tendresse pour le petit Juif qui écoute si bien ce vieux "con", aussi gamin que lui. Copains, complices, ils savent presque tout l’un de l’autre et l’enfant quitte le couple dans un déchirement commun : le "Pépé" ne saura jamais que l’enfant ne s’appelait pas Longuet mais Langman...

Grand moment d’émotion ce soir sur Tempo avec la diffusion du "Vieil homme et l’enfant", sans doute un des films les plus émouvants du cinéma français, mais aussi le plus symbolique des relations qui ont pu exister pendant cette dure période de l’occupation. Si ce film est poignant de par l’interprétation émouvante et parfois drôle d’un Michel Simon au sommet de son art, il est aussi une grande leçon d’humanisme et surtout un long et profond regard sur la bêtise humaine. On pourrait disserter pendant des pages et des pages sur ce chef-d’œuvre, toujours il resterait à dire tant le sujet est vaste ! On a dit un jour en parlant de la magnifique chanson de Jacques Brel "La chanson des vieux amants" : « Il y a dans ce texte dix sujets plus un », on pourrait en dire tout autant du film de Claude Berri, dans cette œuvre il y a tout ce que l’on pouvait dire des français sur l’occupation et sur le rapport des pétinistes avec les juifs, mais il y aussi toute la tendresse d’un enfant et d’un vieillard. Pendant longtemps, Michel Simon a eu peur qu’on l’identifie à son personnage. Il a proposé à Claude Berri pour accepter de tourner ce film de bien vouloir simplement ajouter après la réplique « Les juifs vont revenir », une petite phrase : « T’en fais pas, mon petit, ils peuvent pas être pires que les autres ». Cela ne changeait rien à l’esprit du film mais pour le grand acteur militant progressiste dont les idées étaient aux antipodes de celles du personnage qu’il devait incarner, c’était beaucoup. Que dire de plus, sinon qu’il nous reste à regarder ce film culte qui fut l’occasion pour Michel Simon d’interpréter son dernier grand rôle et qui révéla Claude Berri.

Ph. T.


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Témoignages - 82e année


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