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’Les cents pas’ : L’univers impitoyable du gangstérisme sicilien

31 octobre 2005

Prix du meilleur scénario au Festival de Venise 2000.
Un film Italien de Marco Tullio Giordana avec Luigi Lo Cascio, Luigi Maria
Burruano, Lucia Sarda, Paolo Briguglia, Tony Sperandeo...

Dans les années 60, Peppino Impastato, un jeune garçon issu d’une famille étroitement liée à la mafia, vit à Cinisi, une bourgade sicilienne. Sa maison se situe à cent pas de la demeure de Tano Badalamenti, le parrain local. Son père s’occupe de son éducation et veut faire de lui un personnage influent de la pègre.
En grandissant, Peppino devient un adolescent rebelle et idéaliste. Il s’emploie alors à lutter contre les pratiques de la mafia, mettant sa vie en péril.

Tiré d’une histoire vraie, ce film profondément engagé nous plonge dans l’univers impitoyable du gangstérisme sicilien et des collusions entre la politique et cette société mafieuse qui gangrène le Sud de l’Italie.

Le sujet n’est pas nouveau, il a été traité maintes fois, mais le fait que cette histoire ait réellement existé donne plus de crédibilité au scénario qui respecte en tous points la chronologie des faits.

L’Italie et tout particulièrement la Sicile représentent l’archétype même d’une société où 2 mondes se côtoient. Ces 2 mondes sont bien distincts, mais par moment, une porosité fait qu’ils se mélangent lors de grands rendez-vous électoraux.

L’Histoire nous a appris que ce soit en Italie comme dans l’ensemble des démocraties, que le grand banditisme n’est jamais éloigné de la sphère politique. Alors, si nos amis italiens ne font pas mystère de cette collusion entre le politique et le mafieux, il serait parfois souhaitable que nous en fassions autant, du moins au cinéma, car s’il est vrai que de temps en temps quelques films français sortent pour disséquer nos mœurs politiques, jamais nous ne voyons de films réalisés du vivant des protagonistes. Pourtant, que de travail il reste à faire ! Je crois l’avoir déjà dit dans cette rubrique, mais les Américains tout comme les Italiens n’ont pas ce genre de scrupules, et n’est ce pas un bien pour la démocratie que d’exhumer des affaires et de les porter à l’écran ?

Je pense que si un cinéaste français traitait les affaires des marchés truqués de la ville de Paris ou le financement des partis politiques en France de la même manière que les Américains ont traité l’affaire du WaterGate, du vivant de Nixon, ou pour les Italiens l’affaire Aldo Moro, ou le scandale de la Démocratie chrétienne du vivant de Giulio Andreotti, la démocratie en sortirait gagnante.

Alors ce soir, regardons les vicissitudes de la démocratie italienne sans oublier que ce genre de film contribue à l’avancement d’une société plus juste.

Ph. T.


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Témoignages - 82e année


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