Religion et société

Les chrétiens portois célèbrent la solidarité réunionnaise

À l’initiative de la paroisse Sainte Jeanne d’Arc

19 août 2003

Sous le thème "Allons gagner… Èk Jésus, mèt ansanm", le Conseil paroissial et les paroissiens de l’église Sainte Jeanne d’Arc au Port ont organisé ce week-end une manifestation associant activités sportives, culturelles et religieuses. « Cette rencontre a pour objectif de rassembler les jeunes du secteur, des différents quartiers de notre ville et du diocèse autour du sport et de la spiritualité, et ainsi apporter une réponse d’espérance de l’Église aux cris et aux attentes des jeunes de notre ville et d’ailleurs », explique le Père Sylvain Labonté, curé de la paroisse et principal animateur de cette action.
Une manifestation soutenue activement par l’Office municipal des sports (O.M.S.) du Port et par la municipalité. Les élus portois et de nombreuses associations, comme l’O.M.S., sont en effet très engagés dans la défense et le renforcement de la cohésion sociale. Les uns et les autres ne peuvent donc que partager les préoccupations des catholiques portois et soutenir leurs actions comme celles organisées samedi.
Dans un premier temps donc, était proposé un après-midi sportif avec différentes rencontres de football, de basket au complexe municipal du Port et une balade à vélo dans la ville. Malheureusement, les fortes pluies qui ont arrosé le pays samedi ont également touché la cité portoise. Certes, ces pluies ont fait beaucoup de bien à la nature et aux réserves d’eau mais elles ont obligé les organisateurs à changer le programme en dernière minute. Tout le monde s’est replié dans la salle couverte, où se sont déroulés des matchs de foot. Grâce à Thierry Zitte, Bernard Macé et leurs amis, tout s’est finalement bien passé et dans la meilleure des ambiances, même s’il y eut moins de monde que prévu en raison des conditions météorologiques.
Mgr Gilbert Aubry est venu en personne participer aux côtés de plusieurs élus - Virgile Rustan, Paulette Lacpatia, Monica Govindin et Simone Biedinger - à la cérémonie de remise des récompenses aux équipes vainqueurs. L’évêque a félicité les jeunes pour leur contribution à la solidarité réunionnaise au développement de liens d’amitié au sein de la population. Les élus ont également apporté leur soutien à ce travail des paroissiens portois autour du Père Sylvain Labonté.
Les cérémonies religieuses - chants, lectures, danses, témoignages, temps de réconciliation, messe - se sont également déroulées dans le gymnase jusqu’à 5 heures passées du matin, dans le meilleur esprit. Les responsables de la manifestation étaient satisfaits car plusieurs centaines de personnes, dont de nombreux jeunes, ont participé à la rencontre. Ils ont ainsi apporté la démonstration que la population portoise recèle de grandes richesses d’humanité et de dévouement au service d’une même cause : vivre ensemble dans l’amitié et la solidarité.

Les équipes vainqueurs
Adultes :

- S.I.D.R.

- Saint-Louis

- Ghetto

Jeunes :

- Walter Scott

- Snipers

Paille en queue

Père Sylvain Labonté
Ce dimanche 17 août. Il est quatre heures et demie du matin. Le gymnase du Complexe sportif municipal du Port vit. Assis sur un banc dans un coin de la grande salle, j’écoute le Père Sylvain Labonté.

Les pluies diluviennes de ce week-end m’ont amené à donner mon accord, depuis La Petite-Ile où je participais à l’inauguration du stade régional d’athlétisme, pour que les activités religieuses programmées dehors sur les plateaux de hand se déroulent à l’intérieur.

J’écoute Sylvain Labonté. Il parle pendant de longues, longues minutes. Il parle de la nécessité, dans notre case, dans notre quartier, dans notre île, de lutter contre la violence, l’indifférence, l’égoïsme, le manque d’amour.

Il parle avec ses mots, les mots de sa communauté religieuse, de l’Église telle qu’il rêve qu’elle soit.

Il parle avec des images, celles des défis à relever, celles des conduites à tenir et à nous imposer pour qu’elles posent alors question aux autres, à ceux qui ne nous aiment pas plus particulièrement.

Il parle avec l’aisance de ceux qui sont engagés dans la défense d’une cause et qui vivent quotidiennement les propos qu’ils tiennent.

Il parle de la nécessité pour chacun de tendre la main à l’autre, de construire, grâce à sa petite pierre apportée à côté des autres petites pierres, un monde de paix, de fraternité, de développement partagé pour durer.

Je l’écoute et lui en veux un peu de ne pas dire aux Portois qui l’entendent qu’au Port - autant qu’ailleurs -, beaucoup de choses sont entreprises. Mon ego d’élu de cette ville me fait souhaiter qu’il dise qu’au Tampon aussi, qu’à Saint-Paul, Saint-Denis, Saint-André ou Saint-Benoît aussi, la violence existe... Les pages de faits divers que nos journaux relatent défilent sous mes yeux.

Sylvain Labonté m’entend sans doute puisqu’il évoque alors lui aussi le poids destructeur du chômage, de l’insolente provocation à consommer toujours plus... Fléau mondial, fléau vivant, fléau qui fragilise tout ce que nous entreprenons...

Je communie avec l’assemblée dans cette réflexion que le prêtre m’invite à partager, au point d’aller jusqu’au bout de la logique de cette communion, avec mes raisons, ma logique, mon engagement, ma recherche toujours difficile d’humilité.

Merci, Père Sylvain, vous qui êtes si jeune encore, pour votre discours tellement profond qu’il a dû bouleverser beaucoup et pousser plus d’un à trouver dans l’action le prolongement d’une prise de conscience.

Merci de rejoindre - ou, plutôt, d’amplifier - la marche pour l’emploi de ceux qui n’ont pas d’emploi, l’élan de solidarité que doivent surmonter nos égoïstes timidités...

Raymond Lauret


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