Le PCR alerte sur les conséquences dramatiques d’un APE UE-Afoa ouvert aux services
8 juin, parCommuniqué du Parti communiste réunionnais
Culture et identité
Deuxième conférence de Rasine Kaf sur la réparation
29 septembre 2003

Dans le cadre de ses conférences débats, "Démounaz lesklavaz : quelle réparation ?", l’Association Rasine Kaf entamait sa deuxième série de discussions, samedi dernier au Live formation du Chaudron.
Sont intervenus dans le débat, deux éminents sociologue et psycho-sociologue, Sheila Bunwaree (mauricienne) et Jean-Pierre Cambefort (vivant à La Réunion depuis 20 ans) soit l’occasion de « penser la question de l’esclavage en termes de comparaisons ».
Le premier exposé aura porté précisément sur l’éducation et la réparation à Maurice. Pour la sociologue, « ce sont surtout les enfants créoles qui sont les plus exclus du système scolaire ». À cela, il est nécessaire de différencier le terme créole pour les Mauriciens synonyme du Kaf chez nous et non la connotation créole qu’elle peut prendre à La Réunion. Il serait erroné de « penser que le modèle mauricien est exemplaire » surtout en matière d’économie sociale, affirme Sheila Bunwaree. En effet, la première phase d’industrialisation à Maurice, « n’a été qu’en fait une autre forme d’esclavage avec importation de la main-d’œuvre chinoise, soit un double esclavage », argumente la sociologue. Quel est l’essence d’un projet éducatif ? « Une éducation non oppressive », répond l’universitaire, « car malgré une cohésion sociale sous-jacente, le chômage est toujours de 10% ».
La question de l’accès au savoir
À ce sujet, Sheila Bunwaree déplore qu’il n’existe pas de statistiques basées sur l’éthnicité, car « les descendants d’esclaves sont le plus représentés ». « Les compensations, les réparations ou avoir accès à certaines ressources, demande une certaine solidarité », complète-t-elle. La sphère internationale fait également abstraction « d’une quantification de la pauvreté communautaire ». Pour illustrer ses propos, la sociologue mauricienne pour exemple l’accès à l’enseignement supérieur : « vous n’avez qu’à constater le nombre d’enfants créoles à l’Université de Maurice. Ils sont totalement invisibles et on peut les compter sur les doigts d’une seule main ».
Pourtant, le gouvernement a tenté de lancer trois essais de réformes éducatives se basant sur l’accessibilité, la qualité ou la réponse à une demande de main-d’œuvre. En fait, selon Sheila Bunwaree, « ces réformes sont nullement équitables puisqu’elles ne regardent le contenu de l’éducation ; elles restent très sexistes et plus éthnicisées ». Même un « module de citoyenneté » a été crée pour noyer le sujet de la réparation.
« L’Église aura eu également sa part de responsabilité dans le fossé des descendants d’esclaves face aux riches et aux blancs », a conclu la chercheuse.
Déracinés
Jean-Pierre Cambefort, psycho-sociologue, aura débattu quant à lui sur "les conséquences psycho-sociologiques de l’esclavage". Trois aspects sont à prendre en considération : « en premier lieu la langue créole, puis la coupure de la civilisation d’origine et le métissage accéléré, le tout chapeauté par la société coloniale ». À travers « la noircitude » ou plus précisément le terme « Kaf » souvent à connotation péjorative, « il n’existe pourtant pas d’appellation officielle de la nomenclature communautaire contrairement à l’île Maurice, où on appartient administrativement à une ethnie sur sa pièce d’identité », précise-t-il. En fait, il en ressort, selon lui,« une grande hypocrisie sociale de la société réunionnaise, lorsqu’il est dit que nous sommes multi-éthniques puisque les gens s’étiquettent quand même par zorèy, sinwa, zarab… » Par sa profession, Jean-Pierre Cambefort a l’habitude de fréquenter, depuis 18 ans, les enfants issus de la communauté kaf. Le ancien statut d’esclave de leurs ancêtres a favorisé le déracinement, la perte de mémoire, de la religion et de la langue, le changement de nom et par conséquent d’identité.
« Déséquilibre parental »
« L’esclave n’avait plus de lien avec sa descendance, il ne pouvait plus transmettre son nom, perdant ainsi tout capital symbolique pour ses enfants », démontre le psycho-sociologue. Ses études en Afrique du Sud lui auront d’ailleurs permis d’apporter plus d’éléments de comparaison pour son analyse réunionnaise. « Dans la culture du kaf, le père a été évincé, on l’enlève à la paternité…Les esclaves ont donc connu deux formes de mutilation : l’absence de nomination et une renomination citoyenne par un patronyme d’emprunts », constate-t-il. La dégradation et la déshumanisation perpétuelles dans un contexte de violences expliquent « qu’on soit arrivé à un déséquilibre parental jamais retrouvé pour les garçons et les filles dans la communauté kaf. Le père n’arrive pas à prendre sa place car la mère a eu ce rôle historique d’autorité… la réparation passe aussi par la restauration de la famille », a résumé Jean-Pierre Cambefort. Suivront ensuite les interventions de nombreux participants dans la salle sur « la suppression du mot kaf » et le penchant parallèle de « ne pas y toucher car le kaf a toujours symbolisé l’insoumis, le rebelle ».
| Conférences-débats |
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| Avec l’Association Rasine Kaf
Démounaz lèsklavaz : quelle réparation ? de 14h à 18h à Saint-Louis (collège de Plateau Goyaves) Intervenants - M. Yann Leblais, doctorant en droit international : "La réparation, un droit ?" - Mme Guilmée Técher, enseignante en histoire : "Histoire et déni, comment réparer l’impossible ?" Témoignages - Jean-Hugues Ratenon (Mouvement des Chômeurs Panonnais) : "Le travail, un droit ?" - Michel Nasseau : "Les associations et la réparation". Débat de 14h à 18 h à Sainte-Suzanne (salle de réunions de la mairie) Intervenants - Docteur Julien Rakotomampionona : "La voie des ancêtres". - M. Reynolds Michel : "L’Église et l’esclavage : quelle réparation ?". - M. Alex Maillot : "Derrière le rideau de cannes, la plantation au quotidien dans le beau pays". Témoignages - Ida Latchimy : "L’instruction, l’Église et les Kaf". - Marie-Georges Oziri : "À la frontière de deux religions : la religion catholique et le rituel malgache". Débat Tour de l’île du patrimoine oublié (en car). Pose d’une sculpture tête Kaf à la Plaine des Cafres comme première pierre à l’édification d’un musée du marronnage. Expositions : Itinéraire du patrimoine caché, Cartographie de la mémoire, Informations sur le Code noir. |
Communiqué du Parti communiste réunionnais
Mézami mi koné pa si étan pti marmaye zot l’avé la shanss an avoir dann zot lanvironeman in vyé méssyé otroman in vyé madam téi gate azot dizon (…)
In kozman pou la rout
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