Un vestige de la société esclavagiste est en train de tomber
11 juin, parCourrier des lecteurs
Directive européenne et non application de la loi de 1992
30 septembre 2003

À La Réunion, les dockers n’ont pas suivi le mouvement de grève initié sur le plan français et européen. Ils sont pourtant tout aussi concernés par la directive européenne. Sinon plus, car les dockers réunionnais ne bénéficient pas de tous les droits liés à l’application de la loi sur la mensualisation, loi française qui date de 1992. Comment appliquer une directive européenne alors que les lois françaises ne sont pas opérantes dans leur totalité. D’où leur exaspération et l’éventualité d’actions la semaine prochaine.
Sur le fond, les dockers réunionnais sont farouchement opposés au contenu de la directive européenne : « C’est une totale remise en cause de l’emploi sur le port, c’est une remise de notre statut de docker, de notre métier », annonce André Daffreville (CGTR Ports et Docks) qui évoque que du côté des responsables de sociétés manutentionnaires, il y a aussi de l’inquiétude. « C’est une remise en cause totale du système qui donne carte blanche aux armateurs », poursuit-il. Car si sur le fond, cette directive fait courir des risques importants à tous les dockers, les menaces qui pèsent sur les dockers réunionnais sont encore plus importantes. En effet, depuis la loi de 1992, si la mensualisation est réelle sur le port, elle est « passée en force » mais les dockers se sentent « bernés » car ils ne bénéficient pas des avantages liés à cette mensualisation. Or, explique André Daffreville, « des discussions sont en cours avec les services de l’État » sur cette loi de 1992 et de son application incomplète à La Réunion. Depuis des mois, les dockers et leurs organisations syndicales ont des rencontres avec leurs partenaires, l’État (via la direction du Travail), pour l’application entière de la loi de 1992. À cela vient donc s’ajouter la directive européenne. Il y a donc accumulation de sujet de préoccupations pour les dockers réunionnais. Non seulement ils ne peuvent prétendre qu’à une partie des retombées de cette mensualisation, mais avec cette directive, c’est leur existence même qui est mise en cause. « On s’achemine vers une grève, la semaine prochaine. Il peut y avoir du grabuge si l’on n’obtient pas des garanties sur notre travail, sur notre emploi, si l’on ne bénéficie pas des systèmes de protection. Ce qu’on a eu, avec la mensualisation, ce n’est pas l’extension de cette loi à La Réunion, mais la prolongation de la convention collective portuaire. Cette semaine sera une semaine de rencontres et de négociations. Après... Mais on regrette néanmoins le silence, sur cette question, de tous les partis de droite » conclut-il.
Courrier des lecteurs
Mézami , néna par-la dë somenn in sèrtin prézidan zétazini la di dann in konféranss de press li lé dakor pou ashté bannzil chagos mé sa sé in (…)
In kozman pou la rout
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