À 20 heures 20 sur Télé Réunion : ’Le voyage de Louisa’

Les drames des clandestins

8 juin 2006

Un téléfilm de Patrick Volson. Scénario : d’Azouz Begag. Avec : Mélèze Bouzid (Louisa), Jamal Hadir (Sélim), Walid Afkir (Jeff), Cristiana Capotondi (Fatima), Dorra Zarouk (Aïcha)...

Louisa est une enfant de 12 ans. Elle vit dans une oasis du Sud tunisien avec sa mère et son frère, Sélim, qui est instituteur. La fillette est atteinte d’une maladie congénitale qui a déjà emporté 2 de ses frères. Son état de santé empire. Le village se cotise afin de la faire soigner à Lyon où la famille a un contact. Lyon, c’est la vie, l’oasis la mort... Et de l’un à l’autre, un voyage clandestin avec pour seuls guides le pur mais peu dégourdi Sélim, et le passeur Jeff. Et de nombreux écueils...

“Le voyage de Louisa” est une fiction écrite par Azouz Begag, actuel ministre délégué à la Promotion de l’égalité des chances, mais avant tout sociologue et auteur de récits biographiques. Azouz Begag, c’est un petit peu le poil à gratter de notre inénarrable ministre de l’Intérieur, mais malheureusement, le ministre délégué à la Promotion de l’égalité des chances est beaucoup moins médiatique et moins prompt à chercher l’objectif de la caméra, ce qui me donne à penser : Que peut bien faire un tel ministre dans un gouvernement qui a entrepris une véritable guerre contre l’immigration ?
Mais laissons de côté ces considérations politiciennes qui fleurent bon le populisme sarkozien, pour en revenir au téléfilm. "Le voyage de Louisa" nous fait nous interroger sur l’exil, mais aussi sur les drames des clandestins. Cette histoire sans doute invraisemblable, mais pleine d’émotion et d’espoir, va nous faire voyager, non pas en première classe, mais au sein de la filière clandestine. On a l’impression par moments, pour certains, que les immigrés clandestins ou non, lorsqu’ils sont dans notre pays, sont des envahisseurs, et trop rarement nous nous penchons sur les causes de ces mouvements de populations.
Alors "Le voyage de Louisa", conte de fée ? histoire à l’eau de rose ? Sans doute est-il un peu cela, mais si l’on gratte le vernis, on y verra en filigrane l’immense détresse des populations de ces pays que la France jadis traitait en peuples colonisés. Il est indéniable que dans la trame de cette histoire, Azouz Begag a voulu nous montrer l’indifférence de notre monde riche qui s’éclate dans l’opulence, à l’égard du monde des oubliés de la Terre, tout le tiers-monde qui, tel un enfant regardant une vitrine de grands magasins, se dit "c’est beau, mais ce n’est pas pour moi !".
Je terminerai en m’adressant par l’intermédiaire de ce papier à Azouz Begag : "Monsieur le ministre, laisse tomber ce gouvernement. Ses membres n’ont, à aucun moment, eu une once de sympathie pour toi. L’histoire que nous découvrirons ce soir a certainement plus fait pour la Promotion de l’égalité des chances que ces mois que tu as passés à te battre contre le coq Sarkozy".

Philippe Tesseron

http://www.espaceblog.fr/teletesseron/


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