Coopération régionale

« Les perspectives sont à rendre opérationnelles »

Fin de la visite du secrétaire général du COMESA à La Réunion

19 septembre 2003

Le secrétaire général du COMESA (Marché commun de l’Afrique orientale et australe) clôturait hier matin sa visite de près de trois jours dans notre île par un point presse donné à l’Université. Cette rencontre précédait une matinée déjà bien remplie par une visite au CERF et une discussion avec les représentants de l’Université.
Avant toute intervention du Docteur Erastus Mwencha, c’est l’ambassadeur de France en Zambie et au Malawi qui a mentionné à la presse l’importance de la coopération entre les 20 pays qui composent le COMESA, "organisation d’intégration régionale jeune", et la Région Réunion. Pour Jean-Paul Monchau, "le rapprochement de La Réunion avec les pays du COMESA est tout à fait légitime si l’on considère que quatre de ces pays appartiennent à la Commission de l’Océan Indien (Maurice - Madagascar - Seychelles - Comores) et que neuf d’entre eux font partie de l’organisation internationale de la francophonie".
La relation franco-COMESA existe déjà depuis un an grâce à des coopérations en matière linguistique, de communication, d’économie et sera renforcée dès décembre 2004 "par une union douanière grâce à l’expertise française et européenne".
Pour le secrétaire général du COMESA, ce fut l’occasion de dresser le bilan de ces deux journées. Les différents sites industriels et culturels visités ont permis au Docteur Erastus Mwencha "de mesurer le potentiel réunionnais et de définir les domaines spécifiques en vue d’une future coopération".
Dores et déjà, "le COMESA identifie les opportunités immédiates de collaboration dans les domaines du sucre, de la médecine, des douanes, sur les questions de sécurité, en matière de pêche et de ressources maritimes ou encore au niveau des formations professionnelles, des énergies renouvelables et de l’agriculture", énumère le secrétaire général de l’organisation. Visiter l’Université justifie l’établissement "d’un système d’échanges entre étudiants", selon le Docteur Erastus Mwencha.

Pour le député-maire de Saint-Denis, "malgré le délai trop court, le COMESA aura pu mesurer parmi tous nos pôles d’excellence, un savoir-faire à la disposition des pays de la zone où La Réunion trouve toute sa place".
Au tour du représentant de la Région de prendre la parole, Antoine Minatchy, et de conforter les différents propos tenus en précisant que "le développement de La Réunion ne pourra se faire que si elle ne tourne pas le dos à sa zone géographique naturelle qu’est l’Afrique". "La Réunion étant une région française ultra-périphérique de l’Union européenne, les formes de ses relations avec les pays indépendants du COMESA sont à définir", a-t-il complété. "Les perspectives sont à rendre opérationnelles", comme déjà la nomination d’un ambassadeur chargé de la coopération régionale dans l’Océan Indien, ont rappelé René-Paul Victoria et Antoine Minatchy.
Le Département s’est exprimé par la voix de Serge Camatchy, en mettant l’accent sur les points communs qu’ont l’Afrique et La Réunion : "Nous avons vu votre sensibilité lors de la visite du CIEP au Tampon. À nous de mettre en œuvre des actions concrètes".
Enfin, le dernier mot est revenu au Secrétaire général de la commission de l’Océan Indien. Wilfrid Bertile indiquait que "la COI est porteuse de projets communs par le développement de la pêche, de l’environnement maritime et côtier, par la lutte contre les déversements d’hydrocarbures avec une route électronique dans le canal du Mozambique". Il ajoutait que le COMESA et la COI sont complémentaires par la dimension insulaire de cette dernière. Œuvrer en faveur d’un co-développement est manifestement le maître-mot de tous les intervenants en incitant le Docteur Erastus Mwencha à revenir à La Réunion quand il le voulait.


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