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L’usine du Gol arrêtée, faute de vapeur
29 octobre 2003

8.400 tonnes de cannes étaient hier en souffrance sur les plate-formes de réception du Sud et sur le site du Gol. Faute de vapeur en raison du mouvement de grève des chefs de bloc vapeur, l’usine du Gol était au point mort. Aux abords de l’usine, tôt hier matin, c’était déjà la cohue. Les cachalots restaient immobiles avec leur chargement, tout comme les camions et les tracteurs des planteurs. En début de matinée, tandis que les Jeunes agriculteurs de la FDSEA (Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles) effectuent une opération escargot entre le Gol et Saint-Pierre, Jean-Yves Minatchy et quelques dizaines de planteurs font le pied de grue devant l’usine paralysée. « La situation n’a que trop duré. Dans ce conflit, les planteurs paient les pots cassés », estime le leader de la CGPER. « Actuellement, il y a entre 25 et 30.000 tonnes de cannes aux champs, et c’est le moment le plus propice pour la récolte. Cela aura des conséquences sur le budget de planteurs », ajoute-t-il. « Il faut trouver une solution le plus rapidement possible. Nous demandons une intervention énergique du préfet », poursuit Jean-Yves Minatchy. Et le dirigeant syndical de s’interroger : « Pourquoi les négociations ont été trop tardives ? Le préavis de grève a été déposé le 9 octobre pour le 21 octobre. Il y avait 12 jours pour discuter, négocier ». « Nous respectons la grève des salariés d’EDF, car nous aussi quand nous faisons grève, cela a des conséquences. Mais là, il faut trouver une solution, sinon chacun prendra ses responsabilités », précise-t-il encore.
Pendant ce temps, au rond-point des Casernes, à Saint-Pierre, d’autres planteurs de la CGPER bloquent l’accès au site d’EDF. Ils sont rejoints un peu plus tard par les jeunes de la FDSEA qui arrivent du Gol, après leur opération escargot. Mais la cohabitation entre planteurs des deux formations syndicales sera de courte durée. Les jeunes de la FDSEA, avec à leur tête Jean-Bernard Hoarau et Nicolas Alaguirissamy, tracteurs en tête, empruntent des rues saint-pierroises peu habituées à voir évoluer ce type d’engins. Direction : la sous-préfecture où ils seront reçus par le sous-préfet.
« Nous suivons l’évolution de la situation. Nous sommes aussi agacés que vous. Le préfet fait ce qu’il peut », explique le représentant de l’État à la dizaine d’agriculteurs constituant la délégation reçue dans les locaux de la sous-préfecture du Sud. « Ce que nous souhaitons, c’est que l’on puisse passer, non pas d’une usine qui fonctionne à deux usines qui ne fonctionnent pas, mais à deux usines qui tournent », ajoute le sous-préfet de Saint-Pierre. Face aux inquiétudes exprimées de manière directe par Nicolas Alaguirissamy et Jean-Bernard Hoarau, le sous-préfet préconise l’apaisement et que « chacun garde son sang-froid. S’il y a des entraves constatées, le préfet prendra ses responsabilités », souligne le sous-préfet.
Dans une motion remise au représentant de l’État, les Jeunes agriculteurs du CDJA et de la FDSEA « condamnent la grève sectaire et partisane de la CGTR et demandent à monsieur le préfet de La Réunion de réquisitionner des agents EDF afin de pouvoir redémarrer la centrale thermique du Gol ». Pour ce qui concerne une éventuelle réquisition, « le préfet étudie la question », explique à la délégation le sous-préfet de Saint-Pierre, notant au passage que la chose n’est pas aussi simple qu’il y paraît.
Face au représentant de l’État, Jean-Bernard Hoarau et Nicolas Alaguirissamy ne cachent pas une certaine exaspération, avec des mots qui ne vont pas dans le sens de l’apaisement. « On ne peut pas laisser la CGTR faire avec nous comme elle a fait avec les handicapés », lâche le leader de la FDSEA, faisant allusion au sort de l’ORPH. Le secrétaire général du CDJA pour sa part, estime avoir « tout fait pour que l’on garde son calme. Mais on ne peut pas laisser faire quelques grévistes dont on peut s’interroger sur leur représentativité, mettre en péril l’ordre énergétique et porter préjudice dès maintenant à la campagne 2005 ». « Ce sont des personnes irresponsables. Qui sème le vent récolte la tempête », conclut-il. Dans le même registre, Nicolas Alaguirissamy se montre plus menaçant : « soit l’État passe à l’action, soit nous passons à l’action… » Réponse du sous-préfet : « vous pouvez montrer votre mécontentement de manière républicaine, mais ne dépassez pas les bornes permises par la République. Il faut privilégier la sortie du conflit par la négociation ».
APE UE-Afoa : Après la clôture des négociations entre l’UE et les pays voisins
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