L’urgence de se mobiliser pour éviter la ruine des Réunionnais dans la mondialisation
12 juin, parAPE UE-Afoa : Après la clôture des négociations entre l’UE et les pays voisins
Nos relations avec l’Europe
Retours sur les expertises présentées à la Région
27 décembre 2003

Mardi dernier, ’Témoignages’ a rendu compte de la réunion qui s’était tenue la veille à la Région, où trois experts d’organismes internationaux ont exposé une synthèse de leurs études sur l’impact de l’élargissement de l’Union européenne et des modifications des règles de l’OMC (Organisation mondiale du commerce) sur les Régions Ultrapériphériques (R.U.P.).
La connaissance de cet impact est en effet indispensable si l’on veut mener une politique de développement durable, telle qu’elle est préconisée par l’Agenda 21 de La Réunion, signé le 10 décembre dernier entre toutes les institutions réunionnaises et l’État. C’est aussi la raison pour laquelle la Région a souhaité faire connaître ces analyses à un maximum de décideurs politiques et socio-professionnels réunionnais.
Mercredi dernier, ’Témoignages’ a publié les impressions de trois participants sur les conclusions présentées par les experts : Ivan Hoarau pour le Conseil économique et social régional (CESR), Guy Dupont pour le Comité de pilotage de l’industrie (CPI) et José Macarty pour la Coordination Somèn Kréol. Hier nous avons publié les impressions d’Élie Hoarau, secrétaire général du P.C.R., et celles d’un industriel, Maurice Cérisola, président de l’ADIR. Aujourd’hui, on lira celles d’un chef d’entreprise, Alex How-Choong, ancien président de la Chambre de commerce et d’industrie de La Réunion, et celles de deux conseillers régionaux, Camille Gérard et Raymond Lauret.
• Camille Gérard, conseiller régional
« Globalement, c’est relativement inquiétant. On était peu nombreux à participer à la rencontre de lundi dernier, on dénombrait peu d’élus. Pourtant, cette réunion était d’une intensité forte.
On va se trouver devant un problème important avec l’élargissement de l’Union européenne. Peu sont ceux qui en réalisent l’impact, notamment sur les Régions ultrapériphériques (RUP).
L’inquiétude, c’est aussi le fait que nous ne sommes pas prêts à aller vers les perspectives de solution. Je prends l’exemple de l’octroi de mer. Lorsque l’on voit la perception de certains - et notamment de parlementaires - qui disent que rien n’est changé par les dernières décisions de la Commission européenne, alors que l’on va vers des changements fondamentaux, c’est inquiétant. [1]
)
Autre problème : le silence des médias sur ces questions.
Cette inquiétude devrait être le moteur d’une prise de conscience et d’une mobilisation. Les grandes réformes communautaires ne vont pas forcément dans le sens souhaité par les RUP. Par ailleurs, sur le plan des évolutions de l’OMC, il est important de trouver des solutions pour obtenir une reconnaissance officielle des RUP au niveau de cette organisation, comme nous l’avons obtenue auprès de l’Union européenne par l’intermédiaire de l’article 299-2 du Traité d’Amsterdam.
Nous avons tout un travail de réflexion à mener avant d’arriver à des solutions. Il faudrait une prise de conscience plus forte de la part des responsables politiques et des décideurs. Je tiens à souligner la neutralité des experts, cela donne un poids énorme à leurs dires ».
• Alex How Choong, chef d’entreprise et président de la commission Coopération régionale du C.E.S.R.
« Le compte-rendu des experts était extrêmement intéressant, il donne une appréciation plus fine des éléments. On voit que les crédits européens vont diminuer mécaniquement, avec des risques extrêmement importants sur les fonds affectés aux départements d’outre-mer. L’ouverture de l’Union européenne vers les pays de l’Est est déjà en marche. Nous devons prendre en compte ces éléments et voir de nouvelles orientations.
Tout d’abord, faire un point d’étape sur ce qui a été fait avec les crédits européens. Ensuite définir une stratégie en tenant compte de la diminution des fonds, les réorienter. Il n’y a pas de solution miracle mais nous devons tout remettre à plat. Un travail est à faire sur les objectifs de La Réunion en terme de développement économique et social.
Voyons le côté positif et ayons une attitude de pessimiste actif. On a deux ans pour réfléchir et mettre en place des plans d’action en valorisant nos atouts afin de créer des entreprises et des emplois.
Tout le monde parle beaucoup de TIC, de tourisme, de plate-forme logistique. Nous devrions accélérer dans ces domaines pour créer davantage d’activité. Mais on ne pourra pas faire des actions sans une volonté globale de la société réunionnaise, sans aller vers l’appropriation par La Réunion de ces pistes.
Le travail sera de présenter les nouveaux axes qui peuvent nous permettre de faire face à ces difficultés prévisibles, et de dire les efforts à faire par tous pour y arriver. Le tout dans un contexte de pénurie de moyen plutôt que d’abondance. C’est une responsabilité politique.
Nous devrons réfléchir et travailler ensemble, nous pencher sur la stratégie que nous voulons avoir sur le développement économique et social de La Réunion. Dans une situation de crise, il faut voir les nouvelles opportunités ».
• Raymond Lauret, conseiller régional, président de la commission du Développement économique
« Le lundi 22 décembre dernier, j’étais retenu pour la commission d’appel d’offres de la Région. Je n’ai donc assisté que partiellement à la conférence-débat sur l’impact de l’élargissement de l’Union Européenne et des négociations internationales au sein de l’O.M.C. sur les Régions ultrapériphériques.
Je rejoins tous ceux dont "Témoignages" a déjà recueilli les impressions pour dire que les interventions des trois experts invités par le Conseil régional étaient particulièrement denses et qu’elles ont montré - ou confirmé - qu’il est urgent de nous familiariser avec le langage et les mécanismes européens dans une économie qui se mondialise.
Ma seconde remarque vise le secteur de la pêche. Le problème est récurrent. L’ambition des régions maritimes de l’Europe vise plus que jamais à permettre à chaque territoire de l’Union de valoriser ses propres atouts afin de produire des richesses et de pouvoir participer au progrès de l’ensemble.
Quand on sait que les eaux qui bordent les R.U.P. sont à la frontière des pays A.C.P. ou de pays en voie de développement, quand on sait également combien l’activité pêche est un secteur important dans l’activité économique de ces R.U.P. et constitue un atout majeur et une opportunité rare pour leur développement, on ne peut pas ne pas s’inquiéter.
En effet, les grands objectifs de la réforme de la Politique Commune de la Pêche (P.C.P.) découlent d’abord et exclusivement de la problématique des pêcheries européennes, qui sont estimées en surcapacité.
Certes, l’application de la réforme de la P.C.P. dans les RUP est toujours, semble-t-il, en discussion. Mais cela doit nous déterminer à agir ensemble afin qu’il soit tenu compte, d’une part que l’idée d’une réduction des flottilles ne saurait s’appliquer à nous, et d’autre part du fait que les soutiens financiers européens à la filière pêche des R.U.P. sont plus que jamais indispensables.
Par ailleurs, concernant la question de la menace sur la ressource halieutique, peut-on comparer la situation qui prévaut dans les mers européennes à celle qui est effective dans nos océans, notamment l’océan Indien ?
Paul Vergès aime bien rappeler que les humains connaissent très bien la "géographie" de l’espace et de plusieurs planètes qui gravitent autour de nous, mais qu’ils connaissent nettement moins bien la structure des fonds des océans.
Cela me permet d’arriver à ma troisième remarque : si les RUP constituent les frontières actives de l’Europe dans l’océan Atlantique et dans l’océan Indien, il importe plus que jamais que ces RUP soient considérées par Bruxelles comme les supports d’une forme de développement qui peut être différente de ce qui est sûrement bon pour l’Europe continentale, celle qui va des côtes de l’Atlantique aux frontières de la Russie.
Quelle est la capacité de l’Europe à prendre en compte nos réalités régionales, du fait de notre ultrapériphéricité, dans la mise en œuvre de ses politiques ? C’est toujours la grande question qui entraîne une autre : quelle peut être la place de nos institutions régionales représentatives dans le processus de décision ?
L’initiative de Paul Vergès d’organiser cette conférence sur l’impact de l’élargissement de l’Union européenne sur nos pays n’est donc pas - loin s’en faut - une conclusion ou la fin d’un cycle. Plus que jamais, nous sommes au cœur d’une ambition et d’une exigence : jouer pleinement notre rôle, sans complexe et nous rappeler que si nous ne sommes pas plus que d’autres, nous ne sommes pas moins non plus. C’est la voie pour avoir droit au respect de tous ».
APE UE-Afoa : Après la clôture des négociations entre l’UE et les pays voisins
Mi koné pa kossa zot i panss kan zot lé an parmi. Mi oi bien zot i rogard lé z ‘inn épi lé zot. Mi oi bien tazantan sa i di azot kékshoz. Tète-la (…)
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