Un vestige de la société esclavagiste est en train de tomber
11 juin, parCourrier des lecteurs
Éducation
Rompre l’isolement et permettre une remise à niveau scolaire
17 septembre 2003

L’association Hippocampe présentait hier en présence de ses partenaires (ILOI - par visioconférence, VisioWorks, France Télécom, RFI et SC) son projet d’enseignement à distance par visioconférence. Elle porte ce projet avec deux autres structures : l’Association réunionnaise pour le développement de l’utilisation des technologies de l’information et de la communication (ARDUTIC) et DM Conseil.
Ida Brun-Maunier, présidente d’Hippocampe, rappelle que son association « a pour objectif depuis plus de dix ans la scolarisation des personnes handicapées. Leur donner la possibilité d’obtenir des diplômes et des qualifications qui leur permettront d’entrer dans le monde professionnel plus facilement, est notre priorité ». Une préoccupation que partagent d’autres associations dans notre pays et qui donnera lieu à une journée de réflexion samedi prochain à Saint-Paul.
Ida Brun-Maunier précise ensuite que le projet initial « de construire un établissement scolaire médico-social pilote pour les handicapés moteurs n’ayant pas encore obtenu le soutien nécessaire de l’Éducation nationale pour sa concrétisation ». Cela explique que l’association a décidé, « en attendant », de mettre en œuvre « un second projet consistant à mettre en place une méthode d’enseignement à distance utilisant les technologies de l’information et de la communication en complémentarité d’un enseignement classique qui serait dispensé à domicile par des professeurs particuliers ».
Cet établissement public virtuel proposerait l’ensemble des classes des cycles primaires et secondaires, et vise à son insertion dans les filières proposées par l’Éducation nationale. Les groupes de travail devraient rassembler entre cinq et neuf élèves. Hippocampe prévoit aussi des formules qualifiantes permettant une insertion rapide dans le monde professionnel.
Le projet de classes virtuelles "École et TIC" et "Enseignement technique professionnel" comprend plusieurs volets. Pour l’association, « l’idée maîtresse est que, pour ces élèves isolés, des rendez-vous réguliers soient le moyen de communiquer et d’apprendre avec les autres, de concrétiser la présence du groupe tout en vivant éloigné les uns des autres, éviter la monotonie sans pour autant ajouter la fatigue ».
Le développement attendu du télétravail dans un avenir proche trouve ici une autre dimension et conforte l’association dans sa démarche : « il n’y a plus de différence entre un travailleur à domicile en parfaite santé et un travailleur à domicile handicapé moteur ». Il est déjà envisagé de mettre en place des filières qualifiantes, dans le domaine artistique par exemple. Le projet École et TIC regroupe quatre principaux chantiers : l’intégration des TIC, la communication, l’enseignement et la messagerie téléphonique. Le site internet ouvrira des espaces de discussions (forums).
Pour la réalisation de ce projet, il est nécessaire de mettre en place des moyens de visioconférence plus élaborés que ceux habituellement utilisés pour entrer en communication avec une seule personne. Un serveur réflecteur est indispensable pour que l’ensemble des personnes connectées puisse participer activement. Ce serveur offre beaucoup d’autres possibilités comme celle d’enregistrer sous forme compressée les conférences afin de les rendre accessibles aux "absents" du cours.
Trois phases sont prévues à la réalisation de cette classe : la constitution de groupes de niveaux, la démonstration de la faisabilité technique et pédagogique, l’intégration de la technologie au sein de l’enseignement de l’école.
Si la phase de mise en ligne est concluante, la classe virtuelle sera intégrée à l’enseignement de l’école pour des classes de conversation en langues étrangères sur des sujets d’actualités, pour participer en direct à des expériences scientifiques, pour des classes de discussions interdisciplinaires et pour des classes de mise en commun des difficultés rencontrées dans les matières scientifiques. Ainsi, les classes pourront se dérouler à partir du siège de l’association, ou directement à partir du domicile des enseignants.
Pour donner vie à cette école, l’association recherche des fonds. Le budget prévisionnel pour la classe pilote nécessite un investissement de 452.000 euros et coûte 46.500 euros pour son fonctionnement annuel. Un budget prévisionnel est établi pour les extensions, prévoyant l’augmentation de la puissance des machines (5.670 euros), le coût des licences supplémentaires (30.888 euros) et celui de chaque classe supplémentaire (41.115 euros).
Le planning prévisionnel du projet vise l’implémentation du serveur de conférence début 2004, les premiers tests de fonctionnement, se dérouleront durant la première partie de l’année, pour être opérationnel dans le courant de la même année.
L’investissement initial et les coûts de fonctionnement de la classe virtuelle étant relativement élevés, l’association recherche activement d’autres entités publiques, privées ou associatives intéressées par l’utilisation de classe virtuelle. Ce coût peut aussi être réduit par la conclusion de partenariat effectif entre l’association et les opérateurs économiques impliqués, fournisseurs de matériels et logiciels, opérateur téléphonique…
Courrier des lecteurs
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