Un vestige de la société esclavagiste est en train de tomber
11 juin, parCourrier des lecteurs
Culture
Actuellement aux Bambous, la pièce de Christine Guérin
21 août 2003

Christine Guérin est partie pour nous emmener dans un monde de pur bonheur !
Pour sa première pièce et mise en scène, l’auteure retrace l’histoire tragique de Morgane, prisonnière entre les fils d’araignées de ses mères déchirées. Fille abandonnée par sa mère biologique en temps de guerre (Madeleine), allaitée aux seins de sa nourrice (La femme) et élevée par sa mère adoptive (Marie), Morgane découvre un beau jour sa véritable identité.
De là, naîtra toute une trame poétique et vibrante, mêlée aux racines profondes de la terre (élément capital du décor) où deux personnages symboliques extériorisent les sentiments aussi bien cachés des comédiens que des spectateurs.
Cette terre au passé sulfureux d’une histoire de femmes abandonnées à elles-mêmes, où l’homme paraît superflu ; cette terre où s’imbriquent douleur, amour, maternité et souffrance. La remarquable prestation de la "voix intérieure" (Valérie Cros) est porteuse d’une force impressionnante et communicative. L’osmose de son corps aux poudres terrestres nous fait partager un enracinement commun.
Le texte martèle des connivences complices avec le spectateur. Les larmes surgissent alors que le corps se crispe. La lueur que dégage Christine Guérin au travers de ses personnages n’est pas sans refléter un certain fatalisme tragique des femmes.
Frédéric Robin ne s’est pas trompé en disant que « Christine Guérin avait tout pigé du Théâtre ». On pourrait compléter cette vérité en ajoutant que le Théâtre a trouvé son incarnation physique en la personne de Christine Guérin.
La distribution prestigieuse des comédiens déjà admirable dans la pièce des "Mamans d’l’eau" de Lolita Monga, apporte à "M comme…", un goût serti d’une douceur majestueuse.
En ces temps difficiles pour les professionnels des planches, il est encore permis de rêver en des personnes qui nous rendent le bonheur plus réalisable et accessible dans une société de consommation à outrance.
Faîtes le déplacement jusqu’aux Bambous cette semaine, vos yeux en auront pour leur quota d’eau saline.
Courrier des lecteurs
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