Politique des déplacements

Mars 2004 : vote sanction contre la politique du gouvernement mais vote porteur d’un projet réunionnais

Face aux attaques sociales du gouvernement

8 octobre 2003

Claude Hoarau, Jean Saint-Marc, Ary Yee Chong Tchi Kan, Jean-Max Hoarau, membres du secrétariat du Parti communiste réunionnais, ont démonté une à une les attaques menées par le gouvernement contre les acquis sociaux. Des acquis pour lesquels le PCR se « sent comptable » devant la population réunionnaise, car il a pris une part « importante » et « considérable » aux combats et luttes menés pour les arracher. Pas seul, bien sûr, mais aux côtés d’organisations syndicales, notamment la CGTR. Car c’est bien un passé de luttes et de batailles, qui est en train d’être mis à sac, à travers les attaques frontales menées par le gouvernement contre ce que l’on appelle généralement les acquis sociaux, depuis plus d’un an. Des coups qui vont toujours dans le même sens et qui provoquent auprès de la population réunionnaise « un sentiment d’injustice énorme », « un profond ressentiment ». Il est vrai que les causes sont nombreuses. Par exemple dans le domaine du travail ; dans le domaine de la santé (voir en encadrés) . Dans le domaine de l’épargne, du logement... sans compter les attaques contre le RMI, l’ASS, (sur lesquels nous reviendrons dans notre prochaine édition). Tout comme il y a bien des inquiétudes à avoir sur l’école, prochain produit "marchandisé", sur une décentralisation qui transfère des compétences récusées par les collectivités destinées à les avoir (comme les personnels de l’Éducation nationale, de l’Équipement...). Ou sur la question des sur-rémunérations dans la fonction publique. Ou celle des journaliers communaux... (thèmes sur lesquels nous reviendrons dans une prochaine édition)

Un vote sanction
contre le gouvernement...

Claude Hoarau rappelait cette phrase de Jean-Pierre Raffarin : « ce n’est pas la rue qui gouverne » ; ce qui avait provoqué cette réponse populaire : « elle ne gouverne pas, elle vote ». Et c’est par le vote que le PCR propose de sanctionner cette politique ultra-libérale. Comme l’expliquait Claude Hoarau, un Premier ministre ne fait que mettre en place la politique décidée par le président de la République. Un vote sanction en mars prochain aura probablement pour conséquence de voir l’actuel Premier ministre être appelé s’occuper d’autre chose. Un autre lui succédera et « tirant la leçon de l’impopularité » du Premier ministre sortant, s’appliquera à prendre d’autres mesures... qui iront toujours dans le même sens.

... et ses représentants réunionnais....

« En mars prochain, ce sera le moment ou jamais », poursuivait Claude Hoarau. Car il n’y aura plus d’autres échéances électorales avant les municipales et la présidentielle de 2007. Sauf les européennes et les sénatoriales, mais jouant "à la marge" du problème. « C’est donc une occasion unique à saisir » pour stopper le gouvernement « et sanctionner ses candidats ». Car toute la droite réunionnaise, dans ses trois composantes, a une carte de l’UMP. « C’est ce qu’a dit Dutreuil » lors de sa récente visite. Une droite qui a des parlementaires que l’on n’a jamais entendu s’opposer à la politique du gouvernement, qui ne s’est jamais prononcée « contre telle ou telle mesure inacceptable à La Réunion ». Certains ont même fait mieux en votant contre un amendement de Paul Vergès, demandant la prolongation du dispositif emplois jeunes...
« Tous ces élus, qui ont leur carte UMP n’échapperont pas à la sanction », avertit Claude Hoarau.

... mais porteur d’un projet pour La Réunion

Sanctionner le gouvernement par ce vote, bien sûr, mais c’est aussi l’occasion de « dire oui à un projet pour La Réunion ». Sinon, ce serait « une tache incomplète, quelque chose d’inachevé ». Si toutefois, l’on arrive à éviter « les calculs partisans », les stratégies qui permettraient l’élection d’un représentant ou d’un autre... Bref, de jouer avec le feu. « Chacun a ses responsabilités. C’est une chance historique qui est offerte aux Réunionnaises et aux Réunionnais de s’engager dans une politique de développement de La Réunion ».
L’appel est donc lancé à tous, à toutes les formations politiques, pour, ensemble, bâtir un projet pour La Réunion.

Les attaques sur l’emploi
• C’est la suppression du dispositif emplois jeunes qui laissera « sur le bord du chemin », fin 2003, près de 1.000 Réunionnais, et ce malgré la promesse de Brigitte Girardin.

• C’est la baisse de l’aide au financement des CES . Il y avait, jusque début 2003, trois taux de prise en charge par l’État des salaires des CES : 95%, 80% et 60%. Le taux de prise en charge de 95% a été supprimé, les critères pour les prises en charge à 80 et 60% ont été revus. « Les maires, à cause de cette mesure, ont été dans l’obligation de moins embaucher », car il ne pouvait augmenter la ligne budgétaire prévue à cet effet.

• C’est la baisse des quotas de CES . Contrairement à ce qui a été dit et répété, il y a bel et bien eu une baisse des quotas. Et si La Réunion a pu obtenir un taux qui ne soit pas catastrophique, c’est tout simplement que les crédits du FEDOM pour les autres DOM n’avaient pas été tous consommés au premier semestre 2003.

• C’est la suppression de 70.000 CES . Le gouvernement l’a clairement dit : le nombre de CES allait passer, pour la France, de 240.000 en 2003 à 170.000 en 2004. « Il est difficile de croire qu’à La Réunion, on n’applique pas, peu ou prou, une partie de cette baisse », pronostique Claude Hoarau.

• C’est le passage en force de la loi sur les retraites , ce qui a provoqué une réaction satisfaite du patronat. Une loi qui aura « des incidences graves à La Réunion » non seulement à cause « de la structure de l’emploi » mais aussi de l’espérance de vie moins élevée qu’en France. Et de plus en plus de Réunionnaises et de Réunionnais n’auront que « le minimum vieillesse » pour vivre. Ou survivre.

• C’est la menace sur les 35 heures . Et c’est parce que le patronat ne demande pas ouvertement au gouvernement la suppression de ce dispositif, que l’équipe Raffarin n’évoque que « des aménagements ». Si dans le secteur privé, la mesure ne représente pas « un acquis considérable », il n’en est pas de même pour le secteur public, où le dispositif a été plus utilisé.

Les attaques dans le domaine de la santé
• C’est la baisse du taux de remboursement des médicaments  : de 80%, il est passé à 60% pour 615 médicaments. Une deuxième liste vient d’être publiée. Certaines rumeurs évoque même une troisième "fournée".

• C’est le déremboursement total d’autres médicaments , jugés "peu efficaces", comme l’homéopathie, ou ce que l’on nomme "médicaments de confort", mais qui sont loin d’être inutiles.

• C’est la hausse de 30% du forfait hospitalier (partie restant à la charge du malade hospitalisé) ; le coût est passé de 10 à 13 euros.

• C’est la disparition programmée de la CMU (couverture maladie universelle), remplacée par la CMG (couverture maladie généralisée), nettement plus restrictive dans son champ d’application.

• C’est la hausse des cotisations . Notamment celles des mutuelles. Car si "la Sécu" ne rembourse pas -ou plus- certains médicaments, ce sera au tour des mutuelles de le faire. Et elles ne le pourront qu’en augmentant le montant des cotisations.


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