L’urgence de se mobiliser pour éviter la ruine des Réunionnais dans la mondialisation
12 juin, parAPE UE-Afoa : Après la clôture des négociations entre l’UE et les pays voisins
Lutte contre le chômage
Les États généraux de l’emploi, demain à Saint-Joseph
25 novembre 2003

À l’occasion des États généraux de l’emploi, de l’insertion, de l’action sociale de proximité et de l’économie solidaire qui se tiendront demain à Saint-Joseph, à la Salle Dinan (178, Route de la Passerelle à Langevin), ’Témoignages’ a rencontre le porte-parole de la CACEP (Coordination des associations contre le chômage, l’exclusion et la précarité), Samuel Mouen. Entretien.
Qui sont les différents invités conviés à ces États généraux de l’emploi ?
- D’abord les demandeurs d’emploi, les chefs d’entreprise, les institutionnels, tels que la Chambre de commerce et d’industrie de La Réunion, la Chambre de métiers, la Région et le Département, l’Agence départementale d’insertion, la Direction du travail, l’AGEFIPH, qui représentera les personnes handicapées, l’AFPAR, comme organisme de formation… D’une manière générale, on devrait y retrouver tous ceux qui interviennent dans le domaine de l’emploi, de l’insertion, de l’action sociale et de l’économie solidaire à La Réunion. Seront bien évidemment présents, une catégorie que l’on montre du doigt et qui est sous les feux de l’actualité aujourd’hui : les érémistes, que l’on est en train de marginaliser. L’objectif est aussi de mettre tout ce monde en contact, en relation.
Les demandeurs d’emploi n’auront pas forcément de réponses toutes faites. N’y a-t-il pas un risque de faire naître de faux espoirs ?
- Les réponses aux questions que se posent les demandeurs d’emploi peuvent venir des socio-professionnels, mais aussi des institutionnels, de tous ceux qui ont en charge la formation dans le pays. Pourquoi faisons-nous cette journée ? D’abord parce que nous souhaitons que l’emploi soit véritablement replacé au cœur, au centre des priorités. Tout le monde parle de l’emploi, mais que l’emploi soit vraiment au centre des préoccupations, ce n’est pas aussi évident que ça. Nous souhaitons profiter de cette occasion pour qu’ensemble, nous montrions que nous voulons tous faire de la bataille pour l’emploi notre priorité absolue. Si c’est le cas, à partir des quatre thèmes qui seront proposés, c’est-à-dire l’emploi, l’insertion, l’action sociale de proximité auxquels nous donnons un réel contenu, nous pourrons faire des propositions pour faire avancer les choses.
Concernant l’insertion, par exemple, que souhaitez-vous proposer ?
- Ceux et celles qui ne peuvent pas entrer dans un cadre professionnel, que ce soit dans une entreprise ou une association, que va-t-on faire d’eux ? Les laisser "au bord du chemin" ? La réponse que l’on doit apporter, c’est justement de dire que faire, comment faire pour que ces gens-là ne restent pas "au bord du chemin" et ne soient pas encore plus exclus. Et puis, il y a des idées contre lesquelles nous voulons nous battre.
Par exemple, il y a des gens qui disent que tout le monde ne peut pas travailler, qu’il n’y a pas assez de travail pour tout le monde. Nous, nous disons que le chômage n’est pas inéluctable. Mais il ne suffit pas de le dire non plus. Il faut démontrer pourquoi on ne peut pas continuer avec la même politique qui a montré ses limites. Nous nous situons dans ce combat-là. Nous disons qu’une alternative est possible. Et nous voulons montrer comment, à partir de quelle voie, quelles activités on peut développer de l’emploi, et quelles synergies développer pour arriver à cet objectif. Il faut arriver à une certaine cohésion entre le discours et ce qui est mis en œuvre réellement, concrètement pour impulser une mise en œuvre et créer une dynamique de l’emploi.
Quelles sont les propositions que vous formulez pour démontrer qu’une autre politique de l’emploi est possible ?
- La première des voies à explorer repose sur la nécessité que tous les acteurs reconnaissent qu’il y a des secteurs à créer, d’autres à développer. Il y a un secteur marchand, un secteur non marchand. C’est là une réalité que personne ne conteste. Nous devons, nous, être capables d’apporter des ressources à ces secteurs. Nous considérons que le secteur marchand ne peut plus répondre seul aux besoins d’emploi.
Il faut aussi tenir compte, en plus, de ceux qui ne répondent pas aux critères de l’économie marchande, faute de formation adéquate. Que fait-on de ces gens-là ? Il ne suffit pas de s’interroger, il faut aussi apporter des solutions.
Pour notre part, nous avons identifié dans le secteur non marchand, un certain nombre de domaines qui peuvent générer de l’activité, comme le démontrent aujourd’hui certaines associations. Ces secteurs peuvent constituer d’importants gisements d’emplois.
Nous pensons notamment aux services, aux personnes, aux services à la collectivité. Si on prend le secteur de la forêt, de la protection de l’environnement, il y a là des possibilités de créations d’emploi dans le domaine de la protection, de la sauvegarde.
Pour ce qui est des services, il existe un réel besoin en faveur des personnes âgées, par exemple… Il faut avoir ce que l’on veut. Aujourd’hui, on traite les gens d’assistés, parce qu’ils ne trouvent pas d’emploi, alors qu’ils ne demandent qu’à travailler. Il faut accompagner ces personnes, les conseiller, les orienter. Et cela aussi, cela demande de la main d’œuvre.
Est-ce que pour ceux qui attendent un emploi, cela ne risque pas d’être une réunion, une sorte de grand’messe de plus ?
- Justement, nous ne voulons plus de ces grand’messes comme nous en avons déjà eus. C’est pour cela que nous souhaitons que tous les acteurs, tous les décideurs roulent sur les mêmes rails et partent dans la même direction. Soit nous sommes tous dans le même train, soit certains restent à terre.
Nous disons que tous ceux qui ont des idées, des projets, des propositions - et Dieu sait qu’en cette période, il y en a - se mettent autour de la table et voient comment les solutions avancées par les uns et les autres peuvent concrètement être mises en place et voyons ensemble comment on en assure le financement.
Nous disons, nous le répétons : le chômage n’est pas inéluctable et nous voulons faire la démonstration avec tous ceux qui croient que l’on peut faire autrement. À charge ensuite aux parlementaires de porter nos propositions. Et si les propositions que nous faisons ne sont pas retenues, il nous restera encore la voie des urnes pour nous exprimer. Soit nous avons des gens qui veulent, avec nous, essayer de trouver des solutions et appuyer nos propositions, soit nous avons à faire à des gens "pa la èk sa".
On approche de la fin de l’année et on a bien vu tout ce que le gouvernement a fait contre les plus démunis. Nous devons aussi répondre à cela. Ces États généraux ne sont pas un congrès pour se faire plaisir, mais pour poser les vrais problèmes et demander autre chose.
APE UE-Afoa : Après la clôture des négociations entre l’UE et les pays voisins
Mi koné pa kossa zot i panss kan zot lé an parmi. Mi oi bien zot i rogard lé z ‘inn épi lé zot. Mi oi bien tazantan sa i di azot kékshoz. Tète-la (…)
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