Morandini provoque le CSA !

21 avril 2007

Jeudi dernier, l’ex animateur Télé Jean-Marc Morandini annonce sur son blog que dès 18 heures (heure de Métropole), il diffusera les résultats du premier tour de l’élection présidentielle. En quelques heures, c’est l’affolement, et depuis, la polémique ne cesse d’enfler. Le journaliste politique Pierre Luc Séguillon attaque Jean-Marc Morandini, estimant que ce n’était pas un comportement déontologique. M. Morandini donne de plus en plus d’explications sur son blog et dénonce le fait que « pour apprendre le nom de son Président, un Français soit obligé d’aller consulter un site Internet belge ou suisse, alors que nous, journalistes français, avons les informations, mais sommes obligés de ne rien dire ». Peut-on parler d’une provocation ou bien d’un simple besoin d’informer ? À l’époque où l’information est aussi rapide qu’un clic, Morandini met les pieds dans le plat et provoque une vague d’interrogations de bon nombre de journalistes. Dans une lettre adressée au CSA, les SDJ de RTL, Europe 1, Radio-France, France 2 et France 3 ont fait part hier de leurs « très vives interrogations, devant les règles imposées par le CSA aux médias audiovisuels depuis le 20 mars. "Ces règles" nous empêchent d’effectuer un travail journalistique de choix, de hiérarchisation de l’information et de mise en perspective ».
Alors, Jean-Marc Morandini ira-t-il jusqu’au bout ? C’est dimanche à 12 heures qu’il prendra sa décision.
Jean-Marc Morandini : « Mardi, je déclarais à l’AFP que je souhaitais que les politiques prennent conscience que la loi électorale n’est plus adaptée et s’engagent à la modifier ». « Je le dis, une nouvelle fois. Si un tel engagement est pris, je ferai marche arrière, mon objectif n’étant pas de perturber la Présidentielle, mais de faire avancer les choses. À ce jour, je n’ai rien entendu dans ce sens. En fonction de ce qui va se passer dans les prochains jours, je prendrai ma décision définitive dimanche à midi au plus tard et la mettrai en ligne immédiatement ».

Conséquences

Les conséquences du ramdam morandinesque, c’est que les préfets des Départements d’Outre-mer sont montés au créneau. En effet, aux Antilles, c’est le samedi que l’on vote, et dans notre île, les résultats seront connus 2 heures avant ceux de Métropole. Si l’annulation des soirées spéciales RFO n’a pas fait de vague dans notre île, il n’en est pas de même aux Antilles, et notamment en Guadeloupe. « Ce que nous vivons là, professionnellement et humainement, est une atteinte à notre dignité », a affirmé jeudi, dans un éditorial, Thierry Fundéré, Directeur de la Rédaction de Radio-Caraïbes Internationale (RCI, privée). Mais plus surprenant, RFO Télé-Guadeloupe a réagi. Son Rédacteur en chef, François-Joseph Ousselin, a rappelé jeudi soir à l’antenne que « si le souci du citoyen (...) avait été pris en compte de la même manière autrefois, les soirées électorales des chaînes nationales n’auraient pu commencer qu’à minuit, heure de fermeture des bureaux de vote aux Antilles ». (Source : AFP).
Une nouvelle fois, aucune contestation ne se fait jour dans notre département tellement il est banal de voir la grille des programmes télévisuels bousculée par de simples remplacements ! Quoi qu’il en soit, une nouvelle fois, on se rend compte que le Web prend de plus en plus d’importance dans la vie de nos démocraties, et sans donner raison ou non à Jean-Marc Morandini, nul ne peut contester qu’avec la démocratisation et l’interactivité d’Internet, la loi sur les résultats électoraux est complètement obsolète !


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