Un vestige de la société esclavagiste est en train de tomber
11 juin, parCourrier des lecteurs
Exposition
"Baro lontan" par Patrick Lauret
7 octobre 2003

Pratiquement un an après son (premier) baptême de feu, Patrick Lauret remet ça.
On se rappelle sans doute de cette exposition de photos qui rendait un émouvant hommage à nos "baro lontan". Le cadre choisi alors avait été la villa Barre-Déramont, avenue de Paris à Saint-Denis.
C’est à la Médiathèque François Mitterrand que Patrick Lauret a, cette fois, élu domicile et cela jusqu’au 18 octobre prochain.
Photographe amateur qui n’a strictement rien à envier aux meilleurs professionnels de la place, Patrick Lauret a osé, avec une touchante désinvolture, fourrer l’objectif de son appareil photographique là où le temps a, depuis fort longtemps, laissé ses trace, à travers ses promenades devenues très vite découvertes, dans les rues de Saint-Denis.
Sous les lianes d’Antigone qui n’arrive pas à sécher définitivement là où elles témoignent que le lien a su être noble, au hasard du baro où, c’est signé dans le fer, un forgeron en fut le maître de l’œuvre à cause aussi des couches superposées au fil des décennies de peinture bien à huiles qui n’a rien à voir avec les ripolinades allégées d’aujourd’hui, Patrick Lauret a croisé le destin de ces grilles, de 9 laqueteaux ou de 9 serrures d’art qui, telles les grandes dames de nos réunions familiales, ont du buste et un port de tête qui disent bien tout le respect qu’au moins elles devraient inspirer.
Grand sensible, Patrick Lauret l’est assurément. Pour la seconde fois en deux occasions, il n’a pas été capable de parler à l’auditoire ! La première fois, il avait même éclaté en sanglots comme pour nous dire que les sens de sa vie étaient son cœur, ses yeux et son bon vieil appareil.
La petite salle qui abrite "baro lontan" dans la grande maison de la Communication de la Trinité offre au visiteur une bien agréable sensation de paix qui invite au recueillement. Et là, c’est sûr, les belles photos de Patrick Lauret y sont pour un grande part, comme pour nous rappeler combien nos grands pères étaient d’authentique poètes, le manteau à la main et l’enclume en guise de PC. C’est pourquoi, nous vous disons volontiers une "Nad’moune" à la médiathèque de la Trinité et une puisque « Na quelqu’un..., rente a ou mounoir ! ».
Courrier des lecteurs
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