Un vestige de la société esclavagiste est en train de tomber
11 juin, parCourrier des lecteurs
Agriculture
Selon la CGPER, les planteurs confortés par une réponse du commisaire Fischler
15 septembre 2003

Plusieurs dizaines de planteurs de la région Est de l’île étaient réunis hier matin au pôle agricole de Sainte-Rose autour du Bureau de la CGPER. Ils ont entendu le président de la CGPER (Confédération générale des planteurs et éleveurs de La Réunion), Jean-Yves Minatchy, réaffirmer la position de son syndicat vis à vis de la refonte de l’organisation commune du marché du sucre (OCM sucre). « Ni le quota, ni les prix ! »
La CGPER ne veut pas mettre le doigt dans l’engrenage de ce qui présagerait selon elle le sacrifice de la filière. Ce syndicat estime avoir reçu du commissaire à l’agriculture, Franz Fischler, une réponse « assez rassurante et suffisamment claire », laissant penser que les planteurs de La Réunion « ont été entendus ».
En effet, pour Jean-Yves Minatchy, secrétaire général de la CGPER, la réponse du commissaire Franz Fischler au courrier que le syndicat lui a adressé en juillet n’a rien d’une « embrouille » ou d’une « bouteille à encre » - des mots qui sont un renvoi direct à l’appréciation portée par des membres d’une délégation de l’île au retour d’une mission à Bruxelles. « Nou pé pa dir si lé garanti 100% mé nou pans nou la été antandï », insiste Jean-Yves Minatchy, dont le courrier de juillet demandait à la Commission de prendre en compte les spécificités de notre île, reconnues par ailleurs par l’article 326 du futur Traité (ex-299-2 du Traité d’Amsterdam). La réponse du commissaire Fischler est parvenue à son destinataire deux mois plus tard.
En tout état de cause, la CGPER refuse de « mettre le doigt dans l’engrenage » qui consisterait à accepter une diminution du quota ou une baisse du prix. « Si nou komans brad nout quota akou-de 50.000 tonnes, le plantèr i sar prann le kou… Alé ésplik ali sa apré ».
Le traumatisme laissé chez les planteurs par les concentrations d’usines, réduites du quart en moins de vingt ans, les incitent aujourd’hui à temporiser devant les changements en cours. « Attendons le basculement, attendons les forages promis par le Conseil général. Na war apré si i fo doné ou pa » soutient le syndicaliste.
Pour la CGPER, il n’est pas cohérent de déployer pour la filière tous les investissements qui ont été consentis ces dernières années, si c’est pour se résigner à laisser "filer" une part conséquente du tonnage sur le quota de production. « La filière canne n’est pas la propriété de M. Thiéblin ; c’est l’affaire de tous les Réunionnais », poursuit Jean-Yves Minatchy. Et les planteurs de la CGPER ne sont pas disposés à laisser un usinier « vann zot quota ».
Dans les arguments avancés, le syndicat de Jean-Yves Minatchy laisse entendre que l’usinier ainsi désigné, par ailleurs délocalisé en Tanzanie, pourrait être d’autant plus enclin à lâcher du tonnage réunionnais qu’il est impliqué dans la production d’un pays ACP. Jean-Yves Minatchy a évoqué devant les planteurs réunis la croissance des tonnages de production dans de nombreux pays en développement, comme le Soudan, la Tanzanie, le Niger. Ce dernier pays projetterait d’augmenter sa sole cannière de 50.000 hectares - le double de la nôtre - plantés de souches mauriciennes.
« Comment peut-on nous demander, à nous, de remettre 50.000 tonnes de sucre ? Quand tout sera mis en place, l’irrigation, la mécanisation… Nous ferons beaucoup plus. Or cette année déja nous frôlons les 2 millions de tonnes de cannes. Il faut tenir jusqu’au bout : ni baisse du prix, ni réduction du quota ! » maintient le responsable de la CGPER.
À Sainte-Rose, où les planteurs étaient réunis hier matin, la production cannière est passée de 60.000 tonnes en 1994 à 110.000 tonnes six ans plus tard. Ces encouragements, ainsi que les progrès réalisés dans le rendement au champ n’incitent pas les planteurs à lâcher leur quota. Du moins pas sans de sérieuses compensations.
| Campagne sucrière |
| Une richesse de 13,76 au Gol et de 14,08 à Bois-Rouge |
| Au cours de la semaine du 1er au 6 septembre, toutes les cannes livrées à la sucrerie du Gol « ont été broyées dans de bonnes conditions et la fiabilité générale de la sucrerie est satisfaisante », affirme le Syndicat des fabricants de sucre. « La richesse continue son évolution de façon favorable avec 13,76% pour la semaine », indique le communiqué.
Les commissions mixtes usine du Gol et de Grand-Bois se sont réunies le mardi 9 septembre à propos de l’organisation des livraisons. Les dispositions proposées par la sucrerie du Gol seront diffusées dans les centres de réception. Au cours de la semaine du 1er au 6 septembre, les deux usines ont traité 48.998 tonnes de canne (le Gol) et 45.807 tonnes (Bois-Rouge). Ce qui fait respectivement un total de 359 388 tonnes de canne et 432 679 tonnes traitées depuis le début de la campagne. Soit un total de 792.067 tonnes sur une prévision de 1 million 991.350 tonnes (un taux moyen de 39,81%). |
Courrier des lecteurs
Mézami , néna par-la dë somenn in sèrtin prézidan zétazini la di dann in konféranss de press li lé dakor pou ashté bannzil chagos mé sa sé in (…)
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