L’urgence de se mobiliser pour éviter la ruine des Réunionnais dans la mondialisation
12 juin, parAPE UE-Afoa : Après la clôture des négociations entre l’UE et les pays voisins
Média et femmes en politique
10 février 2007

Pour suivre de près la campagne électorale et sans préjuger des préférences de chacun, il semblerait que les médias, bien plus que les partis politiques, aient une attitude encore sexiste à l’égard de la vie politique française. Jamais une campagne électorale n’aura autant souligné le côté féminin plutôt que le côté politique d’une femme candidate. Dans les émissions, rien n’est laissé au hasard, jusqu’aux caméras qui sont disposées différemment selon que l’on filme M. Sarkozy ou Mme Royal. Entendons-nous bien, le propos n’est pas de dire "je suis pour ou contre tel candidat", mais il est bien question de la vision machiste des médias français dans la parole comme dans l’image. C’est en regardant 2 reportages de suite que je me suis rendu compte de cet état de fait, et à n’en pas douter, les images réalisées tout au long de cette campagne seront des archives intéressantes pour nos descendants.
Les 2 reportages en question ont été diffusés sur LCI l’un après l’autre, et j’ai pu remarquer que les angles des caméras étaient différents. Pour M. Sarkozy, l’objectif était face à l’homme en plein exercice de style avec son professionnalisme bien connu de tous. Le plus souvent en pied ou en buste, jamais la caméra ne s’est s’attardée sur les détails. Pour Mme Royal, j’ai tout de suite vu la différence. La caméra placée de trois quarts a fait apparaître la candidate le plus souvent presque de profil, seule une partie des gros plans a été prise de face. Il est évident que ce n’était qu’un échantillon, mais depuis, surpris par cette considération technique, j’ai observé tous les reportages qui sont passés à ma portée et je peux affirmer que l’on ne filme pas les candidates de la même façon que les candidats. Il n’y a pas d’idées perverses au sens propre du terme, mais il paraît évident que les images en disent long sur la considération qu’ont les réalisateurs et les réalisatrices pour une femme candidate à l’Elysée ! La dernière observation date de jeudi soir. Tous les téléspectateurs auront pu voir l’insistance d’un cadreur de LCI sur la tenue de la candidate socialiste. Le moindre détail était disséqué, l’objectif est parti des chaussures (mocassins noirs avec bavette dentelée), remontant le long des jambes et ainsi de suite ! Ne voyez aucun voyeurisme, jamais je n’ai vu un gros plan aussi long sur des pieds !
Après les images, le son !
Tout cela ne serait pas bien grave s’il n’y avait pas les commentaires qui vont avec ! Parmi le florilège des commentaires, j’ai relevé celui de Patrick Buisson, phallocrate bien connu du paysage audiovisuel, lors de l’émission de Michel Field "Politiquement Show" : « Ségolène Royal, en matière de gauche, est une novice » et il poursuit d’un ton condescendant : « Bien plus, c’est une nonette ! ». Jamais, d’un candidat masculin, on ne parlerait de cette manière ! À chaque entrée de Mme Royal dans un meeting ou une conférence de presse, les commentateurs ne peuvent s’empêcher de détailler sa tenue, le plus souvent de manière ironique. Il suffit qu’elle porte une veste de cuir pour que la presse en fasse des gorges chaudes ! Avez-vous déjà entendu un journaliste détailler le costume d’un homme politique, sa cravate, la couleur de ses chaussettes, celle de sa chemise ou préciser si ses chaussures sont à lacets ?
Procès en incompétences !
Il est difficile de juger des capacités d’un candidat à gouverner, mais lorsque l’on fait un comparatif des sujets traités, on s’aperçoit que suivant que c’est une femme ou un homme, les appréciations sont diverses. Ségolène Royal a dernièrement provoqué une déferlante médiatique lors de son échange avec le Premier ministre québécois en déclarant qu’elle était pour un Québec libre. Erreur ? Très certainement pas, la politique étrangère française a, depuis le Général De Gaulle, impulsé des relations amicales avec le parti indépendantiste québécois, et cette déclaration aurait dû passer inaperçue, et même en période électorale, être saluée par la quasi-totalité du monde politique. Mais voilà, c’est une femme qui l’a prononcée ! On a tellement médiatisé ce qui n’est absolument pas une bourde, qu’au bout de quelques jours, comme bon nombre de citoyens, je pensais qu’elle était au Québec.
Que Sarkozy se serve d’un porte-avion pour faire sa campagne, ça ne fait ni chaud, ni froid aux médias. Qu’il déclare dans une émission importante, sur une chaîne généraliste, à peu près 50% de contre-vérités et de chiffres faux, cela passe inaperçu ! Imaginez que Mme Royal ait déclaré qu’en France, il y a 50% de érémistes, les journalistes auraient été pliés de rire et n’auraient pas manqué de lui faire remarquer l’incongruité de son propos. Et bien, Monsieur le Ministre de l’Intérieur, lui, fait cette déclaration doctement, face aux Français, celle-ci et bien d’autres aussi énormes, et personne ne pipe mot ! Pourquoi ? Tout simplement, Ségolène Royal est une femme ! Bien évidemment, la liste n’est pas exhaustive et la candidate socialiste n’est pas la seule femme ainsi exposée. Je pourrais écrire la même chose sur les autres candidates à l’Elysée, mais il faudrait bien plus d’une édition de votre quotidien pour la dresser.
Ségolène Royal se sert-elle de ces attaques pour renvoyer l’image d’une France machiste et ainsi se poser en martyre ? C’est, bien entendu, ce que lui rétorquent ses adversaires politiques ! Mais je ne pense pas que cela soit vrai, car ça ne tiendrait pas la route une seule seconde, sauf pour des hommes. Imaginez que ce soit le contraire, quel homme politique accepterait de se voir déshabillé, moqué et pire, insulté ? Comment réagirait-il ? Dernièrement, Canal Plus Réunion nous gratifiait d’un documentaire dans lequel une famille blanche et une famille noire changeaient de peau. Peut-on imaginer un homme politique qui prendrait la place d’une femme politique en campagne et qui se sentirait reniflé, épié avec une caméra qui s’attarde sur sa jupe ? Combien de temps tiendrait-il ?
Rien ne peut justifier ces campagnes électorales sexistes, il est grand temps d’en venir à une véritable égalité, et pas seulement dans les textes. Il est évident que ce papier peut être interchangeable avec toute autre candidate de gauche comme de droite à une élection quelle qu’elle soit ! Pour terminer, voici un florilège des petites phrases pleines de sous entendus concernant Mme Royal.
Phrases relevées ici et là dans la presse et à la télévision :
« Ségolène... entre Joconde et Garbo ». « La candidate à l’investiture PS pour la présidentielle de 2007 arrive en 6ème position dans le palmarès des "100 filles les plus sexy du monde" du magazine FHM. Elle devance notamment Loana (8ème), Pamela Anderson (74ème) ou Monica Bellucci (91ème) ».
« Elle calme, elle rassure. C’est la maman avec une image de madone ».
« Question à 1 euro : comment devra-t-on appeler François Hollande si, ce qu’à Dieu ne plaise, sa compagne accédait à la magistrature suprême ? Le Premier Epoux de France comme il y a une Première Dame France ? Encore faudrait-il que le couple consente à convoler... ».
« Bertrand Delanoë étant l’exception qui confirme la règle, il est certain que la plupart des Français préféreraient coucher avec Ségolène toute nue qu’avec Sarko tout habillé ! ».
Dans la série, il n’y a pas que les femmes candidates qui doivent ramasser !
• Sarkozy a-t-il eu les questions en avance ?
La question mérite d’être posée, si l’on en croit “Le Parisien/Aujourd’hui en France”, qui révèle que les 100 membres du panel invités sur TF1 hier soir (lundi) ont dévoilé leurs questions aux responsables de la chaîne lors d’un briefing à 9 heures du matin. Etienne Mougeotte a-t-il donné les questions de l’examen au staff de Sarkozy ?
• 8 millions pour TF1
8 millions 240.820 téléspectateurs de moyenne, une part d’audience de 33% : la présence de Nicolas Sarkozy pendant 2 heures à l’antenne de TF1 a eu le succès escompté par le candidat. Enfin, pas tout à fait. Sûr de lui (trop ?), Nicolas Sarkozy avait promis de rassembler 10 millions de téléspectateurs. L’émission a tout de même réalisé un pic d’audience de 9,7 millions de téléspectateurs à 22h24. La semaine prochaine, nouvelle édition de “J’ai une question à vous poser” avec Jean-Marie Le Pen, Marie-George Buffet, Olivier Besancenot et Philippe de Villiers.
• Sarkozy recule à l’Intérieur
Lors de l’émission “J’ai une question à vous poser”, sur TF1, Nicolas Sarkozy a annoncé qu’il quitterait ses fonctions de Ministre de l’Intérieur « un peu plus d’un mois » avant le premier tour de l’élection présidentielle, prévu le 22 avril, soit vers le 15 mars. C’est déjà plus tôt que ce qu’il avait annoncé précédemment, fixant sa date de départ la semaine dernière au 9 avril. Les pressions de l’opposition porteraient-elles ses fruits ?
• Et mélange torchons et serviettes
Nicolas Sarkozy a botté en touche -lundi- sur l’exil fiscal de Johnny Hallyday. Mais n’a pas hésité à confondre « fuite des cerveaux » et « fuite des portefeuilles ». Ainsi a-t-il mis dans le même sac l’« idole des jeunes » et le professeur Montagnier, l’un des plus brillants chercheurs français qui avait co-découvert le virus du SIDA. Ce dernier avait rejoint un laboratoire américain une fois l’âge légal de la retraite atteint en France.
• Un panel représentatif... de 2002
Vingt-cinq personnes de la Sofres ont travaillé 3 semaines pour constituer le panel qui a fait face à Nicolas Sarkozy hier soir (lundi). C’est ce qu’a expliqué au “Figaro” Brice Teinturier, le Directeur du département politique de l’institut. Avec, pour base, les chiffres de l’INSEE, ils ont constitué le profil selon le sexe, la classe d’âge et la catégorie socio-professionnelle. Des « recruteurs » se sont adressés à des habitants des diverses régions françaises pour connaître leur sensibilité politique. En se basant sur les résultats de 2002, ils ont déterminé le panel pour qu’il soit « représentatif de l’électorat ». Sarkozy a donc fait face à une centaine de Français aux sensibilités politiques fidèles à l’électorat... de la dernière présidentielle ! Ça, c’est de la statistique !
Le CSA souligne de nouveau un déséquilibre entre les candidats à la Présidentielle
Le CSA a dénoncé cette semaine dans un communiqué « la persistance d’un déséquilibre marqué entre les deux candidats bénéficiant des temps les plus importants et les autres candidats », sur « certaines » chaînes analogiques nationales, sur la période du 1er décembre 2006 au 2 février 2007. A la lecture du détail des chiffres du CSA, les 2 candidats les plus favorisés sont Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy. Mais les chaînes concernées ne sont pas identifiées. « Les temps de parole et d’antenne accordés à certains candidats restent insuffisants au regard des critères d’équité, notamment des résultats obtenus à la précédente élection présidentielle », ajoute l’instance de régulation, qui estime que l’effort « pour assurer une plus grande diversité des candidats déclarés ou présumés ayant accès à l’antenne » reste « insuffisant ».
"Tjiabou le pardon"
La soirée du 19 février risque d’être chargée sur Télé Réunion. Après le grand échiquier consacré à Paul et Jacques Vergès, la station du Barachois rediffusera le magazine "Archipels" consacré à Jean-Marie Tjibaou ("Tjiabou le pardon") à 21h25. Ce documentaire a été primé au Festival International du Film documentaire Océanien (FIFO Tahiti).
Un film de Gilles Dagneau (Coproduction : aaa / A.D.C.K. - Centre Culturel Tjibaou / RFO) d’une force exceptionnelle qui, au-delà de sa portée politique et historique, est un hymne au pardon et à la tolérance.
26 juin 1988, Jean-Marie Tjibaou et Jacques Lafleur signent les accords de Matignon, sous l’égide du gouvernement de Michel Rocard, à la suite du conflit opposant les loyalistes (favorables au maintien de la Nouvelle-Calédonie dans la République) et les indépendantistes.
4 mai 1989, l’assassinat de Jean-Marie Tjibaou et de son bras droit Yeiwéné Yeiwéné par Djubelly Wéa, un militant d’Ouvéa, fragilisait la paix en Nouvelle-Calédonie. En même temps qu’il privait le mouvement indépendantiste de son leader, l’acte de Djubelly Wéa jetait le discrédit sur Ouvéa. Il brisait les relations coutumières que la petite île entretenait depuis toujours avec Hienghène, la patrie de Jean-Marie Tjibaou.
Pendant 15 ans, les habitants d’Ouvéa se sont murés dans leur silence. Ils ont porté comme un fardeau la responsabilité du geste du frère Djubelly. Dès l’année qui a suivi le drame, les Wéa ont entrepris de renouer des liens avec la famille Tjibaou. Toutes leurs tentatives se soldaient alors par un échec.
Gilles Dagneau et Walles Kotra ont recueilli les points de vue des familles endeuillées depuis cette nuit tragique du 4 mai 1989. Leur film revient sur la personnalité de 2 hommes animés du même idéal et que la lutte a séparés. Il met en lumière leurs divergences, restitue l’acte de Djubelly Wéa dans le contexte de l’époque et raconte enfin comment les familles, avec l’aide des églises protestante et catholique de Nouvelle-Calédonie, ont géré cette demande de pardon, comment elles l’ont finalement acceptée, dans un cadre strictement privé, familial et coutumier, à Tiendanite, sur le tertre des Tjibaou, le 17 juillet 2004.
Philippe Tesseron
APE UE-Afoa : Après la clôture des négociations entre l’UE et les pays voisins
Mi koné pa kossa zot i panss kan zot lé an parmi. Mi oi bien zot i rogard lé z ‘inn épi lé zot. Mi oi bien tazantan sa i di azot kékshoz. Tète-la (…)
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Messages
10 février 2007, 00:44
ah ,quand on n’a pas d’idée ,qu’il est pratique le prétexte du machisme, car on pourra s’en servir sans restriction, en effet : Ségolène sera toujours une femme _ donc victime_ et les hommes resteront toujours des hommes,des salops des machos ,des phallos,c’est aussi irréfutable que l’identité de genre . Mais au fait ,comment s’appelle un tel raisonnement,irréfutable ,qui tourne sur lui même et qu’aucun fait ne saurait démentir ? Eh bien cela s’appelle un raisonnement totalitaire ,et qui se suffit à lui même,qu’aucun ne peut contester, tellement il tourne rond . notre auteur, par exemple, aurait il eu l’occasion d’observer toutes les occurrences où Ségolène est ,de fait ,avantagée ,parce qu’elle est une femme ,justement ? Non . Alors que vaut sa démonstration ?
10 février 2007, 02:24, par De la Rose
On constate malheureusement en France nos hommes politiques et les medias sont toujours aussi macho voir le cas de Mme CRESSON !!! qui elle aussi a subi des critiques acerbes sur son physique sa façon de parler etc . Au temps de M. JUPPE les juppettes n’ont pas fait long feu dans leur ministere respectif. Si on lit tous les articles que les medias nous assènent sur Mme ROYAL Segolène en la critiquant sur sa façon de parler, de s’habiller , de son mari et j’en passe . Je constate que nous ne voulons pas de changement n ous voulons par exemple un monsieur qui se prend pour Napoléon et comme celui çi en son temps , à diriger la France à la catastrophe. M. SARKO devient au fil des jours un homme infrequentable.
10 février 2007, 03:12
comme c’est la première fois qu’une femme se présente pour l’election présidentielle, cela est encore malvu par les français qui sont effectivment restés macho, c’est malheureux ! il est temps que cette mentalité change car on est en 2006
10 février 2007, 03:24, par thillo
C’est facile de raconter des trucs comme ça, chacun voit midi à sa porte. L’histoire du blouson de cuir, c’est oublier combien Jack Lang a été critiqué pour son col "Mao" au rendez-vous ministériels, quand tout le monde était tiré à quatre épingles costard cravate. Cet article est idiot, les hommes tout comme les femmes en prennent pour leur grades, il n’y a pas de préférences sexuelles. N’a t-on pas eu l’idée que les façons de filmer, surtout quand c’est un reportage, sont liés à l’exigence de ces "vedettes" et de leurs conseillers ? Sarkozi filmé de face ? mais c’est tant mieux, c’est son meilleur profil ! Royal filmé de profil ? Mais c’est préférable, c’est sa meilleure face !
Comme d’habitude, chacun voit ce qu’il veut, tout comme moi finalement, parce qu’au bout du compte, qui est le plus sexiste, celui qui cherche à tous les coins de rue où se trouve l’écart homme femme, ou celui qui vit avec les hommes et les femmes sans s’arrêter sur ces détails traficotés ?
A bon entendeur, amis modérateurs !
10 février 2007, 10:54, par watpi
Royal a utilisé les médias pour griller ses adversaires au sein du PS. Quand cela l’aide à prendre des points, ces médias sont ou ne sont pas machos ?
Idem pour Sarkozy lors de son cocufiage médiatisé, qui traînait dans la boue ces médias que quelques temps avant il utilisait à son bénéfice.
10 février 2007, 11:24
Une femme fait et dit des stupidités : c’est macho de le faire remarquer !
Tout est bon dans cette campagne pour les partisants.
10 février 2007, 17:59, par agorapsy
est-ce notre monde ou bien les hommes ? Nos hommes ne sont-ils pas inquiets par rapport aux conquètes féminines : travail (en dépit de la disqualifications que les femmes subissent), contrôle des naissances... pour ne citer que cela) et maintenant une prétendante à la présidence de la république, s’en est trop pour les pauvres chéris !!!