L’urgence de se mobiliser pour éviter la ruine des Réunionnais dans la mondialisation
12 juin, parAPE UE-Afoa : Après la clôture des négociations entre l’UE et les pays voisins
Société
Une étude sur la jeunesse réunionnaise à l’initiative de l’A.R.M.L.
30 octobre 2003

L’Association Régionale des Missions Locales (A.R.M.L.) a organisé hier et mardi avec différents partenaires les secondes ’Journées régionales les Missions locales’. Les travaux se sont déroulées à Stella Matutina avec la participation de quelque 250 personnes - décideurs politiques, administratifs, économiques et acteurs sociaux - autour d’un thème crucial : l’avenir de la jeunesse réunionnaise. À cette occasion, l’A.R.M.L. a publié une étude sur les jeunes de La Réunion, qui confirme notamment la volonté des jeunes d’avoir un emploi : « 98,8% considèrent que le travail est important ou très important », notent à ce propos les représentants de l’État et des collectivités réunionnaises.
« La place et l’avenir de la jeunesse à La Réunion constituent des enjeux décisifs. Il suffit de regarder notre structure démographique, dont la population des moins de 30 ans représente 51,77% pour s’en convaincre. La fin de la transition démographique étant prévue à l’horizon 2025, notre île devrait atteindre à cette échéance, 1 million d’habitants », rappellent Gonthier Friederici, Paul Vergès et Jean-Luc Poudroux, en préambule de l’étude sur la jeunesse réunionnaise que vient d’initier l’ARML.
« L’État et les Collectivités territoriales multiplient les initiatives depuis plusieurs années en faveur de l’insertion des jeunes, en complément des réponses proposées par le tissu économique. Cependant, les défis à relever restent importants, poursuivent le préfet et les présidents de la Région et du Département, en ajoutant que « l’élaboration et la mise en place des politiques publiques pour l’insertion sociale et professionnelle des jeunes doit s’appuyer sur des préalables indispensables : l’observation et la connaissance tant des publics que des territoires ».
C’est précisément le rôle de cette étude sur la jeunesse réunionnaise. En effet, les diverses thématiques abordées (les valeurs des jeunes, la citoyenneté, la formation, l’emploi, la mobilité...) constituent des éléments d’analyse des attentes et des aspirations de notre jeunesse.
« Au regard de l’importance que les jeunes Réunionnais accordent au travail (98,8% considèrent que le travail est important ou très important, la priorité que nous accordons à la politique de l’emploi prend ici toute sa dimension afin de contribuer à apporter des réponses aux aspirations légitimes des jeunes à une insertion professionnelle, tant dans l’espace régional, national, européen », écrivent les représentants de l’État et des collectivités réunionnaises.
Ils ajoutent que « la réflexion engagée ici sur la demande sociale doit se poursuivre avec tous les acteurs, politiques, économiques, institutionnels ainsi que les jeunes eux-mêmes, afin d’identifier clairement les besoins et élaborer de manière concertée les réponses les plus adéquates. Elle doit prendre en compte tant les mutations économiques que la nouvelle phase de décentralisation qui s’annonce ». À noter que cette étude sur la jeunesse comporte un deuxième volet : l’interview d’un panel d’acteurs économiques et politiques à La Réunion sur le thème central : "Quel contrat entre la jeunesse et la société ?", dont la publication est prévue au courant 2004.
On lira ci-après de larges extraits de l’éditorial de cette étude, qui en résume les grands traits.
| La jeunesse réunionnaise se sent bien installée dans le cocon familial et s’instruit. Le chômage touche particulièrement les plus de 22 ans et l’insertion professionnelle est particulièrement dramatique pour les moins formés d’entre eux. À partir de 25 ans, 2 jeunes sur 5 vivent en couple et ont des enfants, le nombre d’enfants augmente avec l’âge. A peine 4% des moins de 21 ans en ont. La cohabitation touche deux tiers des jeunes de moins de 30 ans et plus de la moitié d’entre eux ne souhaitent pas forcément décohabiter. Le cocon familial est protecteur dans un environne-ment économique et social difficile. Par contre, les jeunes qui vivent en couple (30%) sont 2 sur 3 à vouloir un logement autonome. Ce phénomène de cohabitation peut aussi s’expliquer par un allongement du parcours de formation initiale, les deux tiers des moins de 22 ans sont dans ce cas. Le chômage touche 2 jeunes sur 5 ayant plus de 22 ans. En dessous de cet âge, les jeunes sont en formation initiale. Celle-ci est un atout non négligeable dans la probabilité d’avoir un emploi. Ainsi deux tiers de ceux qui ont un diplôme de niveau I ou II ont un emploi alors que ceux qui ont un niveau VI ne sont que 1 sur 7 (15%) à en avoir un. La précarité dans l’emploi observé au travers des contrats aidés (18,1%) est un autre indicateur de la difficulté que rencontrent de nombreux jeunes sans formation dans leur insertion professionnelle. (…) Pour les jeunes, les trois déterminants d’une vie heureuse sont : le travail (58,9%), la famille (39,4%), l’argent (27,1%). Les valeurs attachées à ce triptyque n’ont pas toutes la même intensité. Pour eux, l’épanouissement ne vient pas seulement de l’argent ou des biens matériels. Réaliser ses projets (32,8%), réussir sa vie familiale (29,6%) ou sa vie professionnelle (22%) sont des critères d’épanouissement nettement plus importants. (…) Le travail, pour les jeunes Réunionnais, est une valeur phare, car ne pas travailler ou toucher le RMI est contraire à leur conviction (92,6%). Ils sont aussi nombreux (95,9%) à proclamer qu’un revenu doit avant tout provenir du travail et encore plus nombreux (98,8%) à estimer que le travail est d’une importance capitale pour leur vie. La motivation entrepreneuriale est forte et représente l’idéal d’une activité professionnelle pour 1 jeune sur 3 (34,9%). Toutefois l’administration exerce une forte attractivité chez les jeunes, notamment les mieux formés. Les diplômés de niveau I et II sont 52% à être attirés par une carrière dans l’administration, alors qu’ils sont à peine 13% à être tentés par la création d’entreprise !! (…) La famille enfin est aussi une valeur fondamentale qui anime la jeunesse réunionnaise puisqu’ils sont 9 sur 10 (88,1%) à estimer que fonder une famille est important pour eux. La jeunesse réunionnaise s’intéresse à la vie sociale et politique beaucoup plus en spectateur qu’en acteur. L’appartenance à une association est assez rare comme la prise de responsabilité dans ce domaine. Une majorité de jeunes s’intéresse à la vie politique de La Réunion. (…) 2 jeunes sur 3 estiment que les élus n’ont pas de projet pour les jeunes. (…) La vie citoyenne s’évalue aussi par l’appartenance à une ou plusieurs associations. 4 jeunes sur 5 ne sont adhérents à aucune structure associative. Les raisons avancées sont peu convaincantes et la raison évoquée une fois sur deux est le manque de temps. Les associations les plus prisées sont sportives (72,5%). Le bénévolat reste une intention, alors que l’engagement actuel dans le milieu associatif est l’apanage d’une minorité. À peine un quart de ceux qui font partie d’une association y exerce des responsabilités. Le cinéma, la lecture et la télévision sont les trois loisirs préférés des jeunes. Les jeunes jugent le système scolaire réunionnais plutôt performant et que les formations post-scolaires correspondent généralement à leurs attentes. Il ressort que près de trois quarts des jeunes estiment performante la formation initiale à La Réunion. La moitié des jeunes qui sont sortis du système scolaire ont suivi une formation complémentaire et la demande d’une autre formation reste forte. Ces formations sont pour les jeunes une occasion d’augmenter leurs compétences (95,3%), de rencontrer d’autres personnes (94,6%) et d’augmenter les chances d’être embauché (86,4%). La mobilité est avant tout un état d’esprit qui se traduit par la capacité de vouloir sortir de sa commune ou du département. Elle est un moyen de se former et de travailler pour 3 jeunes sur 5 (60,4%). À peine 1 jeune sur 15 (3,7%) évoque la mobilité comme une obligation ou une contrainte. La quasi-totalité des jeunes se déclare prêt à travailler dans une autre commune que la sienne. Par contre, 10% sont complètement réfractaires à cette idée. La moitié des jeunes qui acceptent de travailler ailleurs que dans leur commune veulent que cet ailleurs soit le plus proche possible de la commune de résidence. La mobilité extra-départementale est évaluée selon les comportements actuels ou passés. C’est ainsi que 3 jeunes sur 4 (73,8%) ont déjà effectué des séjours hors de La Réunion et notamment en métropole (58%). Les jeunes hommes sont apparemment plus mobiles que les jeunes femmes et les niveaux de formation élevés sont deux fois plus nombreux à avoir déjà quitté le département. Le projet de mobilité pour se former recueille donc naturellement un avis favorable de la part des jeunes (76,1%). Toutefois, plus on avance en âge et moins l’envie de partir est grande. (…) La recherche d’emploi est la préoccupation de nombreux jeunes Réunionnais, mais ils se disent optimistes quant à leur chance de trouver un travail correspondant à leurs vœux. Ils font preuve d’un très grand réalisme, imputant les causes de leurs éventuels insuccès avant tout à leur manque d’expérience (24,6%) ou à une formation inadaptée ou insuffisante (22,2%). Parmi les jeunes qui sont en recherche d’emploi, 4 sur 10 seulement ont déjà alterné période de non emploi et période de travail. Pour les autres, soit une majorité, leur entrée concrète dans la vie active n’a pas encore eu lieu. Un tiers (35,7%) de ceux qui sont à la recherche d’emploi au moment de l’enquête a alterné des périodes sans emploi avec des stages ou des formations. Une majorité (63,6%) de jeunes se dit optimiste, notamment les jeunes hommes (73,1%). Les femmes, plus réalistes peut-être, sont moins portées à l’optimisme (55,3 %). Les démarches de recherche d’emploi se font d’abord auprès de l’ANPE, où les trois quarts des jeunes à la recherche d’emploi disent se rendre. Ils sont nombreux à pratiquer les candidatures spontanées (65,9%), ou à répondre à des annonces (60,8%). Ces déclarations vont à l’encontre des idées reçues quant à leur éventuelle passivité. Quatre cinquièmes des jeunes à la recherche d’emploi ont exprimé leur envie d’apprendre un nouveau métier, et souhaitent un accompagnement à une réorientation (87,2%). |
APE UE-Afoa : Après la clôture des négociations entre l’UE et les pays voisins
Mi koné pa kossa zot i panss kan zot lé an parmi. Mi oi bien zot i rogard lé z ‘inn épi lé zot. Mi oi bien tazantan sa i di azot kékshoz. Tète-la (…)
In kozman pou la rout
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