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8 juin, parCommuniqué du Parti communiste réunionnais
Co-développement
Marcelino dos Santos, membre-fondateur du FRELIMO, président de l’Assemblée nationale du Mozambique
20 octobre 2003

Marcelino dos Santos, président de l’Assemblée nationale du Mozambique, s’est engagé, dès la fin des années 50, dans une lutte qui a conduit à l’indépendance. Une heure durant, il a donné à la délégation réunionnaise quelques éléments sur la manière dont était né le Mozambique indépendant. Une heure de conviction et de passion, qui n’a laissé indifférent aucun de ses auditeurs.
« Marcelino dos Santos, c’est un livre d’Histoire à feuilleter. Un des hommes de ce pays qui se sont lancés dans ce pari insensé de libérer leur patrie », note Paul Vergès, en présentant un des chefs historiques du Front de Libération du Mozambique (FRELIMO). Le mouvement qui a conduit le Mozambique à l’indépendance à l’issue d’une guerre de libération qui a duré onze ans.
Modeste, Marcelino dos Santos, actuellement président de l’Assemblée nationale, eut égard à l’immense rôle qu’il a joué dans la libération de son pays. « Nous avons fait ce qu’il fallait. Pas beaucoup plus. Quelqu’un qui a soif va à la fontaine. Nous avons fait ce que l’Histoire nous commandait de faire ». Et si Paul Vergès a parlé de la force, du courage de ceux qui animèrent cette guerre longue et meurtrière, l’orateur affirme que ce n’était pas si difficile car, « il suffisait d’être ensemble ».
L’auditoire est immédiatement sous le charme de Marcelino dos Santos qui feuillette le livre d’Histoire dont parlait Paul Vergès. « Nous avons commencé la lutte de libération nationale parce qu’il n’y avait pas d’autre manière de résoudre les problèmes du peuple que par l’indépendance ».
« L’Histoire nous a donné raison... »
La décision de commencer la guerre n’a pas été prise sans tenter d’arriver à la liberté par d’autres voies. « Nous avons essayé de discuter avec les Portugais. À chaque fois, la réponse a été brutale. Le 16 juin 1960, à Mueda (Cabo Delgado), des Mozambicains se présentent aux Portugais pour demander l’égalité des droits. Quatre cent cinquante personnes sont assassinées ce jour-là par les forces coloniales portugaises ». Une étape décisive dans la prise de conscience nationale. Deux ans après démarrait la guerre de libération nationale.
« Certains voulaient encore envoyer une lettre à Salazar (le dictateur fasciste du Portugal - NDLR), il a fallu discuter avec eux. Cela n’a pas été facile. Nous n’avons pas perdu de temps. L’Histoire nous a donné raison. Deux cent cinquante membres du FRELIMO sont envoyés pour se former à la guerre en Algérie, en Chine, en Bulgarie, au Ghana et en Egypte ».
Les opérations de guérilla sont accompagnées de discussions politiques intenses. Un premier groupe à la lourde tâche de discuter des problèmes de la lutte de Libération nationale.
Un fois encore, Marcelino dos Santos raconte et l’auditoire peut voir les longues files de guérilleros marchant des heures sur les chemins de brousse, évitant les troupes portugaises, pour tenir des réunions qui duraient parfois plus d’une demi-journée. De quoi parlait-on dans ces réunions ? « Des problèmes du Mozambique que beaucoup découvraient. Beaucoup ont découvert dans les bases politico-militaires du FRELIMO qu’il existait des tribus. L’autre tribu, c’était l’étranger. Nous avons commencé à avoir une photo de ce que nous étions, d’où nous venions. Quelle était notre Histoire. Il nous fallait connaître cette réalité pour pouvoir ensuite régler les problèmes ».
« Nous avons appris... »
Expliquer, expliquer, expliquer encore... « Il fallait que les gens soient sûrs de leurs convictions pour que l’engagement soit total ». Mais les éclairages ne sont pas à sens unique, les dirigeants aussi apprennent du peuple. Marcelino dos Santos raconte alors l’anecdote de ce groupe de guérilleros qui avait omis de rendre aux villageois une natte qu’il avait empruntée. Le village ne voulait plus recevoir le FRELIMO. Samora Machel tient alors un meeting et se voit reprocher d’être entouré de voleurs. Il répond : « Ce sont vos fils qui sont autour de moi. Ils n’ont pas appris à voler avec le FRELIMO ». Dans une brochure, il écrit ensuite : « Si vous volez, vous ne résoudrez ni votre problème, ni celui des autres ».
Marcelino dos Santos se lève comme s’il était dans un meeting et poursuit : « Nous avons appris qu’il fallait prendre en compte les valeurs populaires. Nous avons appris à respecter notre peuple. Nous avons compris que plus nous serions en mesure de respecter les valeurs du peuple, plus la lutte se développerait. Les expériences que nous avons vécues pendant la guerre de libération nous ont permis de construire une manière d’être ».
Cette expérience est notamment utilisée lors de la préparation du deuxième congrès du FRELIMO qui durera un an. « Cela a permis au peuple de construire et de croire en ce qu’il construisait ».
Des contradictions se font pourtant jour au sein de FRELIMO, et la voix de Marcelino se dévoile, quand il explique les oppositions qui surgissent, entre ceux qui veulent faire du commerce dans les zones libérées, et ceux qui veulent installer des magasins du peuple. « Les premiers n’avaient jamais discuté de cela au Comité central parce qu’ils savaient que ce ne serait pas accepté ».
« Comme les rivières vont vers la mer... »
Des dirigeants sont assassinés, et le 3 février 1869, Eduardo Mondlane, est tué par une lettre piégée. « Les ambitions politiques et économiques de certains dirigeants qui avaient pourtant lutté contre le colonialisme portugais ont conduit au crime », regrette-t-il. Mais tout de suite, sa voix se raffermit. « Toutes ces expériences vécues, tout ce que nous avons construit, nous a permis de devenir un mouvement-phare, une vitrine de l’Organisation de l’Unité Africaine (O.U.A.) », aujourd’hui devenue Union africaine.
Le 25 avril 1974, c’est la "Révolution des œillets". Le Mouvement des forces armées prend le pouvoir à Lisbonne. C’est le coup de grâce pour la politique coloniale du Portugal. Mais La guerre n’est pas arrêtée tout de suite. Elle ne se termine que le 7 septembre 1974 par l’Accord de Lusaka. « En 1977, tout naturellement, comme les rivières vont vers la mer, nous avons déclaré le socialisme comme étant la solution capable d’amener le bien-être ».
Le peuple mozambicain n’est cependant pas au bout de ses peines. « Les forces du mal ne veulent pas reconnaître au peuple mozambicain le droit de construire le socialisme ». La RENAMO soutenue par la Rhodésie (Zimbabwe), puis par l’Afrique du Sud, toutes deux alors dominées par les forces de l’apartheid, crée un réseau de renseignements qui devient rapidement une force militaire. Commence alors une longue guerre que les dirigeants du FRELIMO refusent de qualifier de guerre civile, et qu’ils appellent la "guerre de déstabilisation". Elle dure jusqu’en 1992 et se termine par l’Accord de paix de Rome.
« Nous conforter dans notre propre lutte... »
« Quand nous avons vu que nous n’étions pas en mesure de vaincre militairement la RENAMO, nous sommes passés à l’action diplomatique. C’était un défi. Nous avons cédé sur la question du socialisme. C’était un recul nécessaire pour conclure l’accord de paix ». Il y aurait pu alors avoir un clash au FRELIMO. Mais, souligne Marcelino dos Santos, « l’unité et l’amitié nous unissent. Et ça, nous l’avons construit dans la lutte de libération nationale ». Et il conclut, faisant référence à Eduardo Mondlane et à Samora Machel : « leur profond enracinement dans leur pays nous a permis de réaliser des choses fantastiques ».
Incontestablement, les auditeurs, même ceux qui ne partagent pas l’idéal de Marcelino dos Santos, sont touchés. Et plus que deux questions, ce sont deux impressions qui viennent de deux opérateurs économiques réunionnais. L’un demande à Marcelino dos Santos de continuer à défendre ses idées dans la population, et notamment parmi les jeunes, et l’autre affirme qu’il s’est ressourcé intérieurement en écoutant l’ancien responsable de la lutte armée.
Paul Vergès se félicite alors de cet « exposé foisonnant, où ont été analysées les ombres plus que la lumière ». Il salue le dirigeant membre-fondateur du FRELIMO qui a su « assez éduquer le peuple pour qu’il n’évoque plus les tribus, mais le peuple ». Marcelino dos Santos a parlé une heure. Une heure de conviction, de passion « qui manquent beaucoup dans le monde politique aujourd’hui ». Et Paul Vergès assure enfin que cette expérience ne peut que « nous conforter dans notre propre lutte ».
| Marcelino dos Santos, très tôt dans la lutte |
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| Marcelino dos Santos s’engage très tôt dans la lutte. Comme la presse est sous contrôle, et les journaux engagés sont régulièrement saisis, il est de ces poètes qui utilisent leur poésie pour faire passer un message. Mais l’homme est contraint de s’exiler en France.
À la fin des années 50, Marcelino dos Santos réunit, dans son petit studio de la place de la Sorbonne, des intellectuels des colonies lusophones (Mozambique, Angola et Guinée Bissau). Ils rédigent un manifeste appelant les peuples de ces colonies à s’engager dans la lutte. C’est la création du Mouvement anticolonialiste qui deviendra en 1960 le Front révolutionnaire pour l’indépendance nationale. À Lisbonne, avec Eduardo Mondlane, Agostinho Neto (Angola), Amilcar Cabral (Guinée Bissau), il crée le Centre d’études africaines. Il devient secrétaire général aux Affaires extérieures du FRELIMO, lors de sa création en juin 1962 à Dar-Es-Salam (Tanzanie). Lors du deuxième congrès du FRELIMO, en 1968, Marcelino dos Santos est élu membre du "conseil de présidence" qui entoure Eduardo Mondlane, réélu à la tête du parti. Après la mort de ce dernier, le 3 février 1969, il occupe la fonction de secrétaire aux Affaires politiques. Numéro deux du régime, il devient ministre du Plan et secrétaire du Comité central du FRELIMO en 1980. Marcelino dos Santos a, depuis, occupé plusieurs postes et il est aujourd’hui président de l’Assemblée nationale. |
| Repères |
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| 1919 : Premières grandes grèves à Louranço Marques.
1933 : Promulgation de l’Acte colonial, charte des relations entre le Portugal et ses territoires d’outre-mer. 1949 : Eduardo Mondlane crée le NESAM (Nucleo des Estudiantes Secundarios du Moçambique). 16 juin 1960 : Massacre de Mueda (Province de Cabo Delgado). 20 au 25 juin 1962 : Premier congrès du FRELIMO. 25 septembre 1964 : Début de la lutte armée de libération nationale. 20 au 25 juillet 1968 : Deuxième congrès du FRELIMO. 3 février 1969 : Assassinat d’Eduardo Mondlane, remplacé par Samora Machel à la tête du FRELIMO. 1970 : L’armée portugaise lance une opération militaire dans le Nord qui mobilise 10.000 militaires et de gros moyens en matériel. C’est l’opération "nœud gordien". 1974 : Révolution des œillets à Lisbonne. 7 septembre 1974 : Accords de Lusaka consacrant l’indépendance du Mozambique. 25 juin 1975 : Proclamation de l’indépendance. 3 au 7 février 1977 : Troisième congrès du FRELIMO. 26 au 30 avril 1983 : Quatrième congrès du FRELIMO. 14 octobre 1986 : Mort de Samora Machel dans un accident d’avion que le FRELIMO attribue au gouvernement sud-africain. 2 novembre 1986 : Joaquim Chissano remplace Samora Machel à la tête du FRELIMO et à la présidence de la République. 24 au 31 juillet 1989 : Cinquième congrès du FRELIMO où est abandonnée toute référence au marxisme. 1990 : Débuts des pourparlers avec la RENAMO. 12 au 19 août 1991 : Sixième congrès du FRELIMO qui adopte de nouveaux statuts en accord avec la nouvelle Constitution. 4 octobre 1992 : Signature de l’Accord de Paix à Rome. |
Communiqué du Parti communiste réunionnais
Mézami mi koné pa si étan pti marmaye zot l’avé la shanss an avoir dann zot lanvironeman in vyé méssyé otroman in vyé madam téi gate azot dizon (…)
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