L’urgence de se mobiliser pour éviter la ruine des Réunionnais dans la mondialisation
12 juin, parAPE UE-Afoa : Après la clôture des négociations entre l’UE et les pays voisins
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14 octobre 2005

Il est bon de temps en temps de revenir sur les émissions déjà diffusées, car la critique télé, si elle doit s’exercer avant la diffusion pour inciter ou non le téléspectateur à rester devant son petit écran, doit également s’exercer après coup, pour jauger la qualité des programmes proposés. Mercredi soir à 19 heures, pendant que se déroulaient les différents journaux télévisés sur les chaînes hertziennes, compte tenu de la médiocrité de ceux-ci qui sont généralement les copies conformes des 2 journaux précédents (celui du 19 heures de la veille et celui du 12 heures 30 du jour même) et après avoir eu ma dose d’infos de la journée, je ne voulais pas encore subir un très mauvais remake de "Règlement de compte à ok Corral". J’ai donc pris la décision de m’offrir une tranche de bonne humeur en allant flirter sur la chaîne Tempo pour y regarder l’inénarrable Laurent Ruquier et sa bande de guignols qui décortiquent l’actualité avec férocité et humour. Je ne sais si j’ai bien fait, mais ma déconvenue fut immense. Cela fait un petit moment que je voulais vous parler de cette sympathique émission de divertissement et après tout, ne faut-il pas tout essayer ? Bien m’en a pris, car ce numéro diffusé mardi en Métropole était consacré en partie à la dernière lubie à la mode dans le landerneau des BOBO (Branchés Bourgeois Bohèmes), le dénigrement de la population réunionnaise. Prenez un petit fait divers bien mœlleux, accommodez le à la sauce "Journal de l’Ile", laissez filtrer l’information vers un confrère parisien où sévissent 2-3 journalistes atteints de jeunisme en mal de leurs 20 ans et de combats contre la vivisection : vous obtiendrez un ballon de baudruche qui après avoir fait très mal, se dégonfle en laissant un goût amer dans la bouche.
Imaginons que nous autres, à La Réunion, nous prêtions toute notre attention aux rumeurs qui se répandent ici et là en Métropole et que nous disions par exemple, que tous les métropolitains sont des violeurs parce qu’un dangereux psychopathe viole des jeunes filles sur l’ensemble du territoire français. Que ne dirait-on pas ? Et la déontologie dans tout cela ?
Des informations mensongères sur les pratiques réunionnaises
En effet, lorsque l’on ose une information, on emmène les preuves de sa véracité. Non pas que l’information sur un chien percé d’hameçons soit erronée, mais de là à monter une véritable cabale sur les méthodes de pêche à La Réunion ! Il semblerait que le trublion Ruquier ait perdu un peu les pédales. Non content de laisser son invitée Isabelle Hutin déblatérer un nombre incalculable de mensonges sur des pratiques réunionnaises en matière de sévices fais aux animaux, il a permis à ses chroniqueurs bêlant comme des moutons, de charger la barque.
Madame Claude Sarraute, toujours prompte à voler au secours de tout ce qui porte beau, nous a assené une charge bien sentie, elle nous dit : "Lors de mon passage dans cette île, j’ai conduit une voiture et j’ai du slalomer entre des centaines de chiens errants, il y en avait partout écrasés". Monsieur Bénichou, journaliste bien connu, s’est empressé de dire : "Ils sont malins, ils se servent de chiens pour pêcher, car il faut du sang frais pour attirer le requin, et un chien vivant et blessé est un bon appât". Je dois dire que je reste pantois, car monsieur Bénichou, en tant que journaliste, devrait savoir qu’il faut se renseigner avant de propager des mensonges. En premier lieu, à La Réunion, c’est bien connu, pratiquement personne ne consomme du requin. En effet, le Réunionnais n’en voudrait pas car ce squale mange de l’homme, alors seuls quelques touristes de passage en mal d’exotisme en réclament à table. De plus, je n’ai jamais vu aucun étal de poissons proposer du requin à la vente. Si ces princes de la désinformation s’étaient mieux renseignés, ils sauraient qu’il est extrêmement difficile de débarquer un requin sur nos côtes sans être vu.
La Réunion vue comme un camp de concentration pour chiens
Je laisse donc à ces clowns le bénéfice de l’ignorance. Mais en ce qui concerne Madame Isabelle Hutin, elle a véritablement enfoncé le clou avec des propos caricaturaux. Selon cette femme aigrie, il y aurait 3.000 chiens euthanasiés chaque mois à La Réunion, sans compter tous ceux qui sont écrasés ou errants. Désolé d’être vulgaire, mais j’ai envie de dire : "Mèmère, arrêtes la cocaïne et mets toi au Rhum Charrette !". À l’écouter, notre île serait un vaste camp de concentration pour chiens. Elle s’imagine sans doute qu’au sortir de l’aéroport de Gillot, il y a des kilomètres de fils de fer barbelés et que les fours crématoires pour chiens crachent en permanence de la fumée sur notre île. Qu’attend t-elle pour dénoncer les massacres de chiens abattus à coup de fusil par leurs propres maîtres en fin de saison de chasse dans les campagnes françaises ? Enfin, elle se dit rassurée, car elle aussi, comme la diva de l’extrême droite Brigitte Bardot, s’est plainte auprès du ministre des DOM-TOM de notre barbarie supposée. Je terminerai en disant à tous les téléspectateurs d’aller sur le site de Laurent Ruquier (http://www.ruquier.com/) pour émettre de vives protestations contre son incompétence qui l’a conduit à amplifier une information, certes assez grave, mais qui ne méritait pas un tel battage. Nous voyons ainsi comment avec un fait divers propagé par des journaux tenus par des inconscients qui cherchent tout juste à vendre du papier, on détruit la moralité des habitants d’un pays. Une dernière chose, Monsieur Ruquier sera-t-il aussi prolixe à parler de la déportation des enfants Réunionnais dans La Creuse ?
Philippe Tesseron
APE UE-Afoa : Après la clôture des négociations entre l’UE et les pays voisins
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