Un vestige de la société esclavagiste est en train de tomber
11 juin, parCourrier des lecteurs
Social
Manifestation hier à Saint-Denis
11 juin 2003

- Jean-Jacques Perrot, FO, Intersyndicale :
« Nous voulions aller vers une grève généralisée. Nous demandons le retrait des assistants d’éducation et toutes mesures concernant les retraites. Le gouvernement doit reculer. Le seul axe de discussion ne doit pas être que la décentralisation. Si on est en grève, on est en grève… nous ne voulons pas boycotter les examens, mais cette grève ne vise pas seulement les enseignants. Nous revendiquons les 37,5. Quant aux grévistes de la faim, ce sont des salariés qui ont fait leur preuve (même si au début, nous n’approuvions pas la mise en place d’emplois-jeunes). Ils ont droit à un travail, à un statut et à un vrai salaire ».
- Jean-Marc Gamarus, CGTR, Intersyndicale :
« C’est une journée de tous les dangers. Nous nous situons dans un mouvement national pour la défense des retraites et le problème des décentralisations. Pour les retraites, il faut revoir le calendrier, reconsidérer le mode de financement et remettre sur pied un vrai dialogue démocratique avec les organisations représentatives. Jusqu’à maintenant, nous avons assisté à un passage en force, un simulacre de dialogue. Quant à la décentralisation, l’Intersyndicale reste sur la position nationale : le retrait du projet et l’ouverture du dialogue.
Nous constatons qu’à La Réunion, nous connaissons une tension sociale très forte et cela prend une tournure dramatique à travers la grève de la faim des aides-éducateurs. 600 d’entre eux arrivent en fin de contrats à la fin de ce mois, et nous sommes dans une société qui n’arrive pas à offrir des perspectives à cette jeunesse. C’est une société indigne. Notre combat d’aujourd’hui est un combat pour demain face à la détresse de notre jeunesse. Nous ne souhaitons pas un avenir écrit à l’encre noir du désespoir.
Tout se joue aujourd’hui, si le gouvernement ne fait pas de gestes significatifs, nous suivrons les consignes des organisations syndicales en étant en grève ce jeudi 12 juin ».
- Armand Hoarau, UNSA, Intersyndicale :
« Nous, les responsables syndicaux, nous pensons que c’est un mardi de trop face à l’irresponsabilité du gouvernement n’hésitant pas à mettre en question l’organisation du bac. C’est l’expression même de l’échec du dialogue social. Nous dénonçons fermement les violences de la semaine dernière au rectorat. Le préfet aurait pu très bien dégager le rectorat à minuit, où il y avait peu de personnes. Il a préféré le faire, le matin très tôt où se trouvaient 800 personnes. On a tiré sur les gens de la Cité en créant volontairement le désordre social. Raffarin ne peut plus faire marche arrière. Je suis très déçu du dialogue social. Je pensais que c’était la clé du développement moderne. Nous allons vers un jeudi noir. Jacques Barreau sur LCI déclarait que les parents d’élèves allaient surveiller les examens avec des battes de base-ball… comme une situation de guerre civile, on joue l’affrontement entre les parents et les enseignants ».
- Vincent Cellier, FSU, Intersyndicale :
« C’est une nouvelle mobilisation pour nos troupes. La journée d’aujourd’hui est effectivement décisive. Le gouvernement n’a pas effectué les effets d’annonces attendus. Il fait perdurer le mouvement pendant la période des examens. Il faut qu’il prenne ses responsabilités. Depuis le mois d’octobre, nous avions fait connaître les dangers de la décentralisation dans l’Éducation nationale. Les 2/3 de l’opinion publique selon un sondage paru dans l’hebdomadaire "Marianne", est très favorable à ce mouvement.
Brigitte Girardin, à coup de renforts médiatiques, nous avait affirmé qu’elle ne laisserait aucun emploi-jeune sur le bord du chemin. Aucune solution satisfaisante n’a été trouvée à leur encontre. Les organisations syndicales ont donné des propositions concrètes (propositions réunies en concertation dans les commissions par la Région pour qu’elles soient remontées au ministère de l’Éducation nationale. Aucune réponse n’est donnée depuis le mois de janvier par le ministère), pour que les emplois-jeunes aient de nouveaux emplois statutaires ou qu’ils soient maintenus dans leurs contrats. Certains d’entre eux ont en charge des familles et c’est révoltant d’en arriver à cette situation ».
- Dominique Lucas, SNES-FSU, Intersyndicale :
« Depuis 9 semaines, il serait temps que ce mardi soit une journée décisive aux oreilles du gouvernement. Nous refusons la casse des retraites et toutes destructions du service public. Il faut retirer tous les projets de décentralisation.
Il est urgent que le gouvernement réponde à des jeunes qui ne voient plus que des solutions d’une extrême gravité pour se faire entendre. Depuis le début de l’année, nous demandions le non-licenciement des aides-éducateurs. Il est grave que le gouvernement laisse pourrir la situation ».
- Christian Rozier, SGEN-CFDT, Intersyndicale :
« C’est un jour très important pour les annonces faites aux organisations syndicales principales. Concernant la décentralisation ou les transferts du personnel, il y a une attente très forte de la part des membres de l’Éducation nationale (…) Si les réformes passent, beaucoup d’autres choses passeront. Le mouvement est visuel. La présence du ministère de l’Intérieur nous prépare à un arsenal très répressif… »
- Michel Séraphine, Ports et Docks, CGTR :
« Nous avions prévenu que ce serait une journée morte pour le port. Nous le confirmons avec force, il n’y a aucune activité pour le CCIR, les dockers ou les marins ».
- Eric Fruteau, conseiller municipal de l’opposition à Saint-André et enseignant :
« Encore une fois, nous assistons à une forte mobilisation interprofessionnelle. Le gouvernement doit tenir compte de ces manifestations dans la rue. Nous nous retrouvons unis pour dire non au projet global du gouvernement : que ce soit pour cette décentralisation ou à l’encontre de ses projets de réformes pour les retraites. Nous disons oui au travail qui est d’une importance considérable, synonyme de liberté. C’est pour cette raison que nous saluons le courage et la détermination des emplois-jeunes qui ont décidé d’entamer cette grève de la faim. C’est bien la preuve que les jeunes sont concernés. Je profite de l’occasion pour leur dire que toutes les personnes de Saint-André leur apportent leur soutien. Ceux qui approuvent le gouvernement portent une lourde responsabilité pour l’avenir et ils devront tôt ou tard s’expliquer sur ces mesures anti-démocratiques ».
- Monica Govindin, conseillère générale :
« C’est un mardi décisif ici comme en France. J’ai même su que nous allons subir de fortes pressions des forces de l’ordre. On attend si ça passe ou ça casse. Il est aberrant que le représentant de l’État, M. Olivier, porte-parole du préfet, nous déclare vendredi dernier que nous avions l’habitude de manger du manioc et de la patate, concernant la situation des emplois-jeunes. Il est encore plus aberrant que le préfet ne se fasse pas écouter en haut par ses supérieurs face à cette situation grave. Quant aux examens, c’est un procédé illégal d’avoir eu recours à une imprimerie privée pour les sujets d’examens ».
- Huguette Bello, députée communiste et Jean-Yves Langenier, maire du Port :
« C’est un mardi décisif et nous ne devons pas lâcher prise, encore moins sur les retraites. Nous sommes dans un pays, à La Réunion, où nous étions à un taux de chômage de 31%. Il est passé de 39% à 41%. Nous comptons 9.000 emplois-jeunes et ce n’est pas la loi-programme qui va arranger les choses. Aucune mesure ne leur a été accordée. Parmi ces emplois-jeunes, beaucoup d’entre eux sont diplômés. Aboutir à une grève de la faim est une extrémité grave. Nous saluons leur courage. Quant aux retraites, elles seront débattues jusqu’au 14 juillet et il existe 10.000 amendements. Toute cette entreprise de démolition sociale est un mauvais résultat en Europe… Pour les examens, il est difficile de ne pas être inquiets. Le gouvernement laisse pourrir la situation alors qu’il en porte toutes les responsabilités ».
- Pierre Vergès, PCR :
« Une étape cruciale dans la bataille est menée. Aujourd’hui les aides-éducateurs voient leur combat mis au premier plan. Le 30 juin, c’est la fin de leur contrat. La loi-programme pour le développement économique et l’emploi ne peut se concevoir que si le gouvernement faisait la démonstration d’intégrer les milliers d’emplois-jeunes et d’aides-éducateurs. De paroles en belles promesses, de fuites en avant, on a mené ces emplois-jeunes à la détresse et il y a encore des dizaines de milliers de chômeurs. Leur ombre plane sur la manifestation qui impose des revendications légitimes, encore plus pour les chômeurs exclus. Quant à la question des examens, le gouvernement veut gâcher l’avenir de ceux qui l’ont pas comme de ceux qui l’auront. Il aurait été si simple pour le gouvernement de retirer ses projets et parce-que ceux-ci vont peser sur des générations entières, qu’il consulte l’ensemble de la population au besoin par référendum. La lutte continue ! »
- Claude Hoarau, PCR :
« Le gouvernement compte sur l’essoufflement. Il joue sur le pourrissement de la grève. Nous n’avons pas eu de mobilisation comparable, le gouvernement doit tenir compte de la puissance du mouvement en proposant de véritables négociations. Pour le Collectif emplois en danger, c’est un grand courage de leur part. Nous saluons cette initiative, ces jeunes femmes tiennent à ce travail. Quant aux examens, les enseignants sont des citoyens de conscience. Ils veulent sauvegarder l’avenir et ne pas sacrifier une génération. Il faut qu’il y ait une proposition raisonnable de report des examens pour que tout se déroule dans un climat de sérénité ».
- Elie Hoarau, PCR :
« C’est une réponse massive à un refus de discussion et de concertation. Avec ce qui a déjà été mis en œuvre sans concertations, avec ce qui se prépare notamment sur le problème de santé et de sécurité sociale… La seule issue est la discussion et la concertation, c’est le sens de notre présence. Comme obtenir une solution définitive pour les 600 emplois-jeunes et aides-éducateurs qui seront licenciés dans quelques jours. Notre solidarité va pour les deux grévistes de la faim.
Nous nous mobilisons pour l’ouverture de véritables négociations. La détermination ne faiblit pas depuis le début. Tout le monde souhaite que le bac ait lieu, le moment crucial approche. Le gouvernement doit ouvrir des perspectives aux syndicalistes pour que les examens puissent commencer dans des conditions correctes ».
- Jean-Pierre Técher, président Agir contre le chômage Réunion :
« Dans le cadre de toutes ces manifestations concernant les emplois-jeunes, la décentralisation etc…, nous avons affaire à un gouvernement insensible, inhumain et répressif. Il ne répond pas à la détresse humaine et aux inquiétudes. Son rôle est de trouver des solutions. On a jamais vu des réponses par des coups de matraque. ACRéunion soutient totalement les emplois-jeunes et les grévistes de la faim. Nous dénonçons qu’il faille recourir à ces extrémités. Il existe un vrai cas de détresse dans ce pays ! Ces menaces pèsent sur toutes les catégories sociales. Il faut que l’unité d’action soit d’aucune faille ».
- Laetitia Marchais, présidente d’ATTAC Réunion :
« Tous ces mouvements sociaux entraînent une capitulation soit pour eux, soit pour nous. Un tel hold-up sur la démocratie est inadmissible. Selon un sondage, 66% de la population est pour des ouvertures de négociations.
Quant à nos aides-éducateurs, il est dramatique d’en arriver là. Quand on voit Mme Dindar affirmer que tout sera fait pour que les emplois-jeunes ne soient pas des laissés-pour-compte et finalement aboutir à une fin de non recevoir, c’est inacceptable. Le problème de l’emploi est capital ».
- Philippe Azéma, M.A.R.O.N :
« Ce n’est pas seulement ce mardi qui est décisif. À chaque fois, c’était décisif, il fallait assurer tout le temps, avec le moins d’échecs possibles sans jamais reculer. Nous subissons une pression forte à cause du bac. Beaucoup de choses peuvent se dénouer en France… de l’importance de la mobilisation en France, dépendra le succès. À La Réunion, nous avons déjà donné notre maximum. On note toutefois une extension du mouvement à d’autres catégories sociales (auprès des érémistes, du Collectif emplois en danger), nous les soutenons, nous étions à la préfecture avec eux. C’est criminel d’en arriver là. La seule issue pour notre jeunesse réunionnaise est contenue dans la précarité ou dans la mobilité. Ce n’est pas seulement la faute du gouvernement actuel, le gouvernement Jospin porte aussi une lourde responsabilité en fragilisant les précaires… le gouvernement de droite coupe directement les têtes ! Il y a une totale absence de perspectives face au chômage massif. La gauche n’a pas fait son travail et c’est pour cette raison que la droite cogne.
Nous aurions du travail pour tous à La Réunion, s’il n’existait pas des verrous sociaux que sont ces règles du colonialisme et du capitalisme. La situation est détestable avec cette lutte des précaires. Nous pouvons répondre au développement de notre île par des politiques énergétiques, en étendant les services publics, les télécommunications… le privé est incapable de créer de l’emploi. Il faut qu’il y ait des convergences de luttes pour bousculer l’État Raffarin en s’inscrivant à l’intérieur du mouvement des luttes réunionnaises ».
Courrier des lecteurs
Mézami , néna par-la dë somenn in sèrtin prézidan zétazini la di dann in konféranss de press li lé dakor pou ashté bannzil chagos mé sa sé in (…)
In kozman pou la rout
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