L’urgence de se mobiliser pour éviter la ruine des Réunionnais dans la mondialisation
12 juin, parAPE UE-Afoa : Après la clôture des négociations entre l’UE et les pays voisins
Liaisons maritimes
Villes et ports de l’océan Indien à l’heure de la mondialisation des échanges
21 novembre 2003

Ouverture hier à la Halle des manifestations de la cité maritime des Rencontres de l’Association internationale villes et ports (AIVP). Des délégations venues de 26 pays représentant plusieurs régions du monde (Afrique, Australie, Europe, océan Indien) débattent sur le thème ’L’océan Indien, ses villes et ses ports à l’heure de la globalisation’. Comment en effet pourront se situer les villes portuaires de notre région, dans un contexte de mondialisation des échanges, sur fond de croissance démographique sans précédent au cours du siècle qui commence ?
Hier avait lieu, à la Halle des manifestations, l’ouverture officielle des Rencontres de l’Association internationale villes et ports (AIVP). Jusqu’à ce soir, les délégations de 26 pays vont débattre sur le thème "L’océan Indien, ses villes et ses ports à l’heure de la globalisation". Après la Chine l’an dernier et le Portugal l’an prochain, c’est La Réunion qui accueille cette année cette manifestation qui rassemble des représentants de différents continents. Le choix du Port pour la tenue de ces Rencontres s’explique par la politique volontariste menée depuis de nombreuses années dans le cadre du projet "Ville et port". « Le concept de ville portuaire, réunissant autorités urbaines et portuaires dans l’élaboration d’une stratégie commune, s’affirme progressivement à travers le monde, à mesure que la massification du transport maritime impose aux infrastructures portuaires de changer d’échelle », précise l’AIVP. Par ailleurs, dans un contexte de mondialisation des échanges, le choix de La Réunion, région ultra-périphérique de l’Union européenne dans l’océan Indien, témoigne du rôle d’interface de notre pays entre le Nord et « la communauté indocéanique ». Ouvrant la première session des débats hier, Olivier Lemaire, secrétaire général de l’Association internationale villes et ports, est également revenu sur les raisons qui ont amené à la tenue de ces rencontres à La Réunion.
Ce projet remonte à plusieurs années, indique-t-il, il s’est concrétisé lors des précédentes rencontres qui s’étaient déroulées l’an dernier en Chine, à Dalin. Lors de cette manifestation, chacun avait pu remarquer une forte implication d’une importante délégation réunionnaise. Après cette première intervention, le maire du Port, les représentants de la Chambre de commerce et du Conseil général, le président de la Région et le secrétaire général de la préfecture ont pu chacun leur tour exprimer leurs attentes, quant à cette manifestation, et les perspectives sur lesquelles elle pourrait déboucher. Mais tous ont montré la nécessité de travailler ensemble dans la complémentarité, afin de négocier au mieux la période décisive que nous allons traverser avec un renforcement de la mondialisation des échanges.
La 2ème session de ces Rencontres, qui se déroule aujourd’hui, aborde le thème de "Pôle d’excellence et Technoport", à savoir comment mobiliser les compétences dans la ville portuaire, en prenant en compte l’adaptation de la formation des hommes à ces évolutions, les types d’infrastructures de communication et de commercialisation à mettre en place... De plus, cette journée soulève les débats sur les rôles moteurs pour les villes portuaires, postes avancés du commerce international, à savoir si l’océan Indien fait l’objet d’approches commerciales spécifiques de la part des entreprises et la manière de mettre en œeuvre des actions communes à l’échelle du bassin océanique.
| Jean-Yves Langenier : Réfléchir sur le concept de co-développement durable |
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| Après ce message de bienvenue, le maire du Port, Jean-Yves Langenier, est intervenu. Il a insisté sur le caractère symbolique fort de la tenue des Rencontres de l’Association internationale des villes et ports dans la cité maritime réunionnaise. Cette dernière travaille en effet de longue date sur le projet "Ville et port, ville est port", qui vise à redynamiser l’aménagement de la commune, en intégrant à l’aménagement urbain les infrastructures qui sont à l’origine du peuplement de la Pointe des galets. Ceci amène Le Port à être attentif aux opérations de reconversion d’infrastructures portuaires menées dans d’autres cités, souligne Jean-Yves Langenier. Le port de commerce réunionnais est né en 1886, après 7 ans d’effort de 8.000 travailleurs venus de toute La Réunion mais aussi de pays de notre région. En 1895, la commune était créée. « Le réaménagement du vieux port permet à la ville de poursuivre son développement social, économique et culturel », insiste-t-il en indiquant que cette démarche de renaissance permet à la ville de renouer avec ses racines.
Le maire du Port précise également que les Rencontres de l’AIVP sont l’occasion de contribuer à l’ouverture de La Réunion sur son environnement géographique régional et sur le monde. Cette idée s’appuie sur la présence de délégations de 26 pays venant d’Afrique, d’Europe et de l’océan Indien. « Le thème choisi pour ces rencontres, "L’océan Indien, ses villes et ses ports à l’heure de la globalisation", correspond à une grande attente », devait-il poursuivre, il s’agit de conforter notre ouverture sur le monde sans se faire broyer par le phénomène de mondialisation des échanges, dit-il en substance. Pour Jean-Yves Langenier, il est important de profiter de ces rencontres pour réfléchir sur le concept de co-développement durable. Dans ce cadre, on ne peut que défendre l’idée d’un enrichissement mutuel des pays de notre région grâce au partage des expériences. À ce sujet, le maire du Port relève que sa ville a des relations étroites avec Tamatave à Madagascar, concrétisées par un jumelage, et qu’une convention a été signée le mois dernier avec la cité maritime mozambicaine de Quelimane. Cet engagement d’ouverture du Port vers le monde se traduit également par des échanges avec l’Inde, la Chine et Maurice. Sur ce dernier point, Jean-Yves Langenier a souligné la présence d’une délégation portoise lors d’une importante cérémonie d’hommage aux Chagossiens samedi dernier à Port-Louis. Le Port était la seule ville d’un pays tiers invitée par le gouvernement mauricien, suite à une solidarité de longue date entre Portois et Chagossiens. La multiplication de ces échanges se situe dans une logique historique, signale Jean-Yves Langenier, ce sont en effet ces pays qui sont à l’origine du peuplement de notre pays, île déserte il y a quatre siècles. |
| Jérôme Isautier : Aller vers la complémentarité |
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| Jérôme Isautier, vice-président de la commission port de la Chambre de commerce, estime que les Rencontres de l’AIVP sont l’occasion de « partager nos expériences dans un contexte en changement rapide ». Après être revenu sur l’importante responsabilité de la Chambre de commerce dans le désenclavement de notre pays par sa fonction de concessionnaire de l’aéroport et du port, le représentant de l’organisme consulaire a décrit les profondes mutations des infrastructures portuaires qui marqueront les 10 prochaines années. Il s’agira pour le Port-Réunion de s’adapter à une croissance du trafic, à l’arrivée de plus gros bateaux et de maîtriser au mieux les coûts de passage. Dans cette optique, 150 millions d’euros seront investis dans l’agrandissement du Port-Est. Les travaux commenceront l’an prochain. Cet investissement offrira la possibilité à notre pays et à son port de s’inscrire davantage dans les routes maritimes de l’Ouest de l’océan Indien.
Autre projet annoncé par Jérôme Isautier : la rénovation du Port-Ouest. Ce dernier se spécialisera dans des activités industrielles adaptées, tout en s’intégrant au projet de commune "Ville et port". Parmi les activités décrites : la pêche. Les ressources halieutiques sont encore peu exploitées dans les mers australes par rapport à celles de l’hémisphère Nord, note le représentant de la Chambre de commerce. Le renforcement de cette industrie dans le Port-Ouest se concrétisera par le creusement d’une nouvelle darse. |
| Ibrahim Dindar : L’apport des atouts réunionnais |
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| Intervenant au nom de Jean-Luc Poudroux, le vice-président du Conseil général, Ibrahim Dindar, devait axer son intervention sur l’ouverture de La Réunion sur le monde et sur les atouts de notre pays dans un environnement géographique en pleine mutation. Il est pour lui important que la réflexion se porte sur les routes maritimes. Mais il ne faut pas oublier qu’il s’agit également de remédier à un déséquilibre des échanges entre importations et exportations. Parmi les atouts réunionnais relevés par Ibrahim Dindar, celui de statut de région de l’Union européenne situé entre l’Afrique, l’Asie et l’Australie. La Réunion peut valoriser son emplacement stratégique avec sa stabilité politique et financière, devait-il poursuivre avant d’insister sur la nécessaire complémentarité vers laquelle devront évoluer les différents ports de la région. Ibrahim Dindar compte également sur le développement des activités de croisière afin de renforcer l’industrie touristique de notre pays. |
| Paul Vergès : « Préciser les conditions d’un développement durable » |
| Pour le président du Conseil régional, la tenue des Rencontres de l’AIVP est pleine de symboles. Elle amène à considérer l’importance des routes maritimes, « une des clés de notre développement » pour Paul Vergès. Il constate que c’est d’ailleurs une « donnée répétée : « pas de développement durable sans développement et créations de liaisons maritimes ». Autre symbole fort dans le choix de La Réunion pour accueillir les Rencontres de l’AIVP : la démographie. Notre pays se situe au cœur de l’océan Indien, « océan du 21ème siècle », région du monde où la population est amenée à connaître la plus forte augmentation. L’océan Indien sera aussi au cours de ce siècle une région de transit entre des « points décisifs du monde » : l’Inde, la Chine, l’Europe. Il est aussi le chemin par lequel voyagent d’importantes quantités de pétroliers. Pour le président de la Région, un grand défi qui attend La Réunion est de réussir son insertion dans ces échanges : « servir d’interface avec les pays de la COI, les pays du 2ème cercle - Afrique australe et orientale -, et les pays qui marqueront le siècle - Inde, Chine, Extrême-Orient ». Ce défi explique la volonté politique que la Région montre dans la coopération régionale, « une orientation vitale pour notre avenir », même si elle est encore quelquefois mal comprise, devait-il ajouter. Pour Paul Vergès, les Rencontres de l’AIVP sont une opportunité de « préciser encore plus les conditions d’un développement durable ». Le président de la Région devait conclure en précisant que le défi du développement durable de La Réunion a une portée qui dépasse largement les frontières de La Réunion : « notre réussite ou notre échec sera exemplaire pour beaucoup, pour tous les pays insulaires en développement ». Car le défi du développement se doit de prendre en compte la mondialisation des échanges. De la capacité des Réunionnais de répondre à ce défi sans précédent s’ouvriront peut-être des pistes : « devant cet avenir de tous les dangers et de tous les espoirs, les débats nous fraieront la route ». |
| Vincent Bouvier : Renforcer la coopération régionale |
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| Prenant la parole au nom du préfet, le secrétaire général de la préfecture, Vincent Bouvier, est tout d’abord revenu sur la position privilégiée de La Réunion, région européenne de l’océan Indien, avant de citer le projet "Ville et port" de la cité maritime réunionnaise. Un projet qui montre que Le Port et ses partenaires ont des acquis à partager et à améliorer dans le cadre de l’aménagement concerté d’une commune et de ses infrastructures portuaires. Pour le représentant du préfet, l’enjeu des rencontres de l’AIVP est de répondre à la question de la mondialisation. Pour lui, le développement commun et concerté est un atout, la coopération régionale une nécessité. Cette dernière est aujourd’hui facilitée par les nouveaux outils juridiques que la loi met à la disposition des collectivités. Vincent Bouvier devait conclure en déclinant différents axes de la coopération régionale. Tout d’abord la formation, la gestion portuaire, l’harmonisation et la sécurité, ensuite, favoriser la mise en œuvre d’un système de contrôle maritime, par exemple en associant Le Port, Port-Louis et Tamatave, afin de limiter les entrées illégales dans les zones économiques exclusives, enfin améliorer la lutte contre le déversement des hydrocarbure en mer. Sur ce dernier point, Vincent Bouvier devait souligner la création d’un centre régional de lutte contre ce type de pollution à Madagascar, dans le cadre de la Commission de l’océan Indien. |
APE UE-Afoa : Après la clôture des négociations entre l’UE et les pays voisins
Mi koné pa kossa zot i panss kan zot lé an parmi. Mi oi bien zot i rogard lé z ‘inn épi lé zot. Mi oi bien tazantan sa i di azot kékshoz. Tète-la (…)
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