Relations entre les peuples

Paul Bérenger dénonce le traitement inhumain infligé aux Îlois

Une stèle pour commémorer l’arrivée des Chagossiens à Maurice

18 novembre 2003

Le Premier ministre mauricien, Paul Bérenger, a inauguré samedi soir une stèle dédiée à la communauté chagossienne au Quai C, dans le port de la capitale mauricienne, lieu où les Chagossiens étaient arrivés dans l’île après leur expulsion par les Britanniques dans les années 70, a-t-on constaté à Port-Louis. Paul Bérenger a parlé des trois aspects distincts du contentieux de Maurice avec la Grande Bretagne sur la question des Chagos. « Pour nous, il s’agit de la question de notre souveraineté sur cet archipel, de l’existence de la base militaire de Diégo Garcia et de la violation des droits et du traitement inhumain infligé aux Chagossiens », a-t-il dit.
Il a indiqué que Maurice a fait de nouvelles propositions le 7 novembre dernier à la Grande Bretagne mais « il est évident que la suite des événements dépendra de l’évolution de la situation dans cette partie du monde ». Selon lui, la base militaire de Diégo Garcia est devenue une base stratégique régionale « dans une des régions les plus difficiles du monde en raison de ce qui s’y passe ». « C’est pourquoi, ni l’Inde, ni Maurice ne réclament plus le démantèlement de la base », a-t-il laissé entendre.
En ce qui concerne le traitement infligé aux exilés Chagossiens, Paul Bérenger a dit qu’il a été « inhumain ». « Les Chagossiens ont été les véritables sacrifiés de l’indépendance de Maurice. Ils ont payé le prix pour que l’île obtienne son indépendance », a-t-il fait ressortir.
De son côté, le président du Groupe réfugiés chagos (GRC), Olivier Bancoult, a accusé la Grande Bretagne d’utiliser le pays des Chagossiens pour détruire l’humanité. « Nous avons honte pour les Anglais quand nous les entendons donner des leçons de droits de l’Homme alors même que depuis 65, ils piétinent la culture des Chagossiens », a-t-il dit. La cérémonie d’inauguration a été boycottée par le représentant diplomatique de la Grande Bretagne à Maurice. Par contre, une délégation réunionnaise comprenant notamment le maire du Port, Jean-Yves Langenier, a participé à la commémoration. Elle rendra compte de cet événement aujourd’hui lors d’une rencontre avec la presse.
Les habitants de l’archipel des Chagos, dans le Nord de Maurice, ont été déportés à partir du 8 novembre 1965 par le gouvernement britannique dans le but d’abriter une base militaire américaine sur l’île de Diego Garcia.

Une troisième centrale bagasse-charbon en construction à Maurice
Le Premier ministre mauricien, Paul Bérenger, a déclaré jeudi, en marge de la pose de la première pierre de la centrale thermique du Sud à Saint-Aubin, que la production d’électricité à partir de la bagasse, un résidu de la canne à sucre, et du charbon est une priorité dans la politique énergétique de l’île. Il a annoncé l’institution d’un comité de haut niveau sur la centralisation de l’industrie sucrière dans cette partie de l’île pour favoriser la production d’électricité à partir de la bagasse et du charbon.
Selon le Vice-Premier ministre, Pravind Jugnauth, tous les projets de production d’énergie électrique devront nécessairement privilégier l’exploitation optimale de la bagasse dans des centrales, à partir de 2006. La centrale thermique de Saint-Aubin, renseigne son président Jacques D’Unienville, vise à mettre à la disposition du Central Electricity Board une capacité de 30 MW d’électricité pouvant fournir au réseau un maximum de 240 millions d’unités par an, dès octobre 2005. Ce projet, a-t-il indiqué, a nécessité des investissements de l’ordre de 1,3 milliard de roupies. Jacques D’Unienville a souligné que la centrale thermique sera conforme aux normes internationales de protection de l’environnement du début à la fin de la chaîne de production.
« Le transport du combustible sera effectué par route dans des containers hermétiques, hors des heures de pointe alors que les eaux usées seront rigoureusement traitées et ré-utilisées à des fins d’irrigation », a-t-il expliqué. On rappelle que Maurice produit déjà de l’électricité à partir de la bagasse et du charbon, grâce à deux centrales thermiques se trouvant dans le Nord et l’Est de l’île.
Signature d’un accord-cadre de coopération entre la France et la SADC
La France et la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) devaient signer hier à Paris un accord-cadre de coopération pour formaliser leur partenariat entrepris depuis 1998, a appris samedi la PANA de source officielle dans la capitale française. « En officialisant son partenariat avec la SADC, la France salue ses évolutions positives et témoigne de la confiance qu’elle place en cette organisation pour relever les défis auxquels la région est confrontée », affirme un communiqué. Selon la même source, la signature de cet accord-cadre est enfin le témoignage du « soutien sans réserve » de Paris au Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD) « qui fait de l’intégration régionale un des principaux instruments au service de la paix et du développement ».
Cette signature, qui devait être faite par le secrétaire général de la SADC Prega Ramsamy et le ministre délégué français à la Coopération et à la Francophonie Pierre-André Wiltzer, intervient à un moment où la France intensifie ses relations de coopération avec un certain nombre d’États membres de la SADC, comme l’Afrique du Sud, l’Angola ou la République démocratique du Congo (RDC), indique le texte. Par ailleurs, plusieurs projets régionaux sont lancés par l’Agence française de développement (AFD), par exemple les interconnexions énergétiques entre le Mozambique, le Swaziland et l’Afrique du Sud, et l’allocation par la France d’une aide alimentaire de 13,1 millions d’euros lors de la disette qui a secoué la région en 2003.
La visite à Paris du secrétaire général de la SADC s’inscrit dans le contexte de l’achèvement de la réforme institutionnelle de l’organisation et de la finalisation d’un plan stratégique de développement régional pour les quinze années à venir. Les versements nets d’aide publique française au développement dans la région SADC sont évalués par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) à 55,5 millions de dollars américains en 2001, tandis que l’appui direct français au secrétariat de la SADC a représenté environ 0,8 million de dollars en 2003 (assistance technique dans les domaines de l’agriculture, de l’eau et des études économiques et statistiques). Par ailleurs, la France contribue pour environ un quart au Fonds européen de développement (FED) qui prévoit le financement de projets et programmes avec la SADC à hauteur de 101 millions de dollars américains sur la période 2002-2007.

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