Ce film rend hommage à une femme qui, journaliste à ses heures, va contribuer à faire apparaître une sensibilité noire dans l’actualité et la culture de la capitale. Elle anime avec sa sœur un Salon littéraire bilingue français/anglais où elle côtoie le Martiniquais Gilbert Gratiant ou le Prix Goncourt 1921 René Maran et pose ainsi la première pierre de "l’internationalisme nègre". Elle est initiatrice de la Revue du monde noir qui a pour vocation de créer entre les Noirs du monde entier un lien intellectuel. Militante féministe, elle se mobilise pour ou contre plusieurs causes, incite les femmes à aller voter, fonde à son retour en Martinique le Rassemblement Féminin et une revue intitulée "La Femme dans la Cité". Paulette Nardal sera plusieurs fois récompensée pour ses actions. Elle recevra notamment des mains de Senghor, alors Président du Sénégal, le titre de commandeur de l’ordre national de la République du Sénégal pour sa contribution à la défense et à l’illustration de la négritude. Célibataire sans enfant, elle décède le 16 février 1985 à Fort-de-France.
J’ai plutôt l’habitude de vous conseiller un programme pour votre soirée, mais ce film programmé à 12 heures 45 est suffisamment important pour que je vous le recommande. Alors pour ceux qui ne se trouveraient pas devant leurs petits écrans (et ce serait dommage !), il leur reste bien entendu la solution de repli qu’est le magnétoscope ou le graveur DVD. Je ne vais pas ici encore disserter sur la programmation inadéquate du film, il y a bien longtemps que je ne me fais plus d’illusions sur l’incohérence des programmateurs de RFO. Revenons à ce qui nous intéresse, c’est-à-dire "Paulette Nardal : La fierté d’être négresse". En Martinique, le fait de revendiquer des racines noires africaines a eu jusqu’au milieu du 20ème siècle un parfum de scandale.
Issue d’une famille bourgeoise martiniquaise, Paulette Nardal a véritablement marqué une époque où l’on ne parlait pas encore de négritude.
Musicienne de talent, elle développe aussi le chant en Martinique en fondant la chorale "La Joie de Chanter". (Source Internet)".
L’auteur a voulu, en réalisant ce documentaire, rendre hommage aux femmes originaires des DOM-TOM alors qu’en 2004, une série de commémorations sur les droits des femmes et plus particulièrement le droit de vote battait son plein en France métropolitaine.
C’est l’histoire d’une femme plus qu’en avance sur son temps que nous allons voir sur Tempo. Paulette Nardal, avant tout journaliste et femme de lettres, est à l’origine de la culture noire en France.
(voir aussi en page 16)
Ph.T.
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