Visite ministérielle

Pierre Bédier attendu par les syndicats

Le secrétaire d’État aux Programmes immobiliers de la justice dans notre île

28 octobre 2003

Le secrétaire d’État aux programmes immobiliers de la justice, Pierre Bédier, a entamé hier une visite de deux jours dans notre département. Au programme de son séjour, le projet de la nouvelle maison d’arrêt de Domenjod pour remplacer celle de Juliette Dodu. Un projet maintenant définitif après une dizaine d’années de tergiversations. Le comité de pilotage de la future prison a d’ailleurs été installé hier en sa présence à l’hôtel de ville de Saint-Denis.
Au programme du secrétaire d’État figurent également des rencontres avec les organisations syndicales pénitentiaires qui déplorent dans les conditions dans lesquelles elles exercent leur mission. Des rencontres pour le moins très attendues. L’UFAP, par exemple, dans une lettre ouverte au secrétaire d’État tire le signal d’alarme.

« Nous profitons aussi de votre visite pour vous alerter et vous sensibiliser sur les graves problèmes rencontrés par les personnels dans les trois établissements de La Réunion. À maintes reprises nous avons eu l’occasion de les dénoncer auprès des différentes autorités qui sont, au jour d’aujourd’hui parfaitement au courant de la situation déplorable.
Sans trop rentrer dans les détails, les dysfonctionnements portent sur les points suivants :
- vétusté et délabrement des prisons du département liés à un mauvais entretien et au manque de moyen. Gaspillage et mauvaise utilisation des budgets, travaux incohérents réalisés sans la moindre concertation.
- Surpopulation pénale galopante et récurrente.
- Manque de personnels de toutes catégories, les DOM sont les éternels négligés de notre ministère. Après les ERIF en 1996, ils ont encore été oubliés lors de la création des ERIS. L’application des 35 heures n’est pas encore effective et aucune étude n’a encore été faite pour le calcul des agents manquants. Il n’est pas normal que le recours aux heures supplémentaires devienne une gestion habituelle de l’établissement sans tenir compte de l’état de santé des agents. De plus, depuis l’application de la note ministérielle du 9 janvier 2003 relative à la suppression des indemnités au premier jour de congé de maladie, les agents viennent travailler même malades, afin qu’on ne les supprime pas. Vous n’êtes pas sans savoir les graves conséquences que cela peut engendrer sur la sécurité de l’établissement.
- La réglementation pénitentiaire n’est pas toujours bien appliquée.
- Absence ou plutôt semblant de dialogue social, de plus nos courriers ne reçoivent que trop rarement réponse de nos instances tant locales que nationales.
- Politique de division et de favoritisme.
- Droits syndicaux bafoués, contrairement aux autres départements de la métropole et d’Outre-Mer, les organisations syndicales départementales ne possèdent pas encore de local syndical distinct et doivent financer elles-même leur matériel et fournitures de bureau au détriment de leurs budgets familiaux.
(…) Nous souhaitons vivement que lors de votre visite dans notre département, vous preniez conscience du désespoir du personnel très souvent occulté et du climat malsain qui persiste entre la direction et le personnel, très préjudiciable à l’accomplissement de notre mission de service public.
La construction d’un nouvel établissement est primordial et peut remédier à pas mal de nos problèmes. Mais en attendant sa réalisation, des solutions doivent être vite trouvées, aussi l’UFAP compte sur vous pour être son porte-parole auprès du ministère, afin de rétablir la sérénité dans nos établissements ».


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