Un vestige de la société esclavagiste est en train de tomber
11 juin, parCourrier des lecteurs
Créole
Deux enseignants martiniquais ouvrent une préparation concurrente au CAPES
27 septembre 2003

Depuis l’annonce de sa création, en 2001, le CAPES de créole a suscité de nombreuses réactions, commentaires, prises de positions et actions. Et cela continue aujourd’hui avec l’initiative prise par deux enseignants antillais d’ouvrir une préparation concurrente à ce CAPES.
La création d’un CAPES de créole en 2002, mais annoncée en 2001 par les ministres Jack Lang et Christian Paul, a sans cesse suscité la polémique. Son principe même en avait été discuté dès le départ. Les opinions avaient été variables. Par exemple, à La Réunion, différences d’opinons entre Jean-François Sam Long, pour qui le CAPES n’est pas "une priorité" et qui lui aurait préféré un apprentissage de la langue et de la culture créoles aux élèves, et Albert Ramassamy, toujours vigilant quant à tout ce qui lui apparaît comme pouvant être une remise en cause de l’ordre établi : « si cette mesure s’ajoute à d’autres revendications telles que la mise en place d’une année scolaire réunionnaise, complètement déphasée de l’année scolaire nationale, une année scolaire "autonomiste" si j’ose dire, si l’on tend vers la création d’un particularisme trop grand, il y a danger. Car le risque est grand de glisser de la revendication identitaire à la revendication nationaliste, avec tout ce que cela implique » déclarait-il alors au "JIR".
Depuis, la polémique n’a cessé entre opposants et partisans du créole, y compris entre chacun des "clans". Parmi les thèmes ainsi discutés, figurait la question de savoir s’il fallait un CAPES de créole ou quatre CAPES, c’est-à-dire un par territoire (La Réunion, Martinique, Guadeloupe, Guyane).
La composition du jury du CAPES 2002 avait été vivement critiquée. L’absence de deux spécialistes antillais, Jean Bernabé et Raphaël Confiant, a été mal perçue. D’autant plus que tous deux sont par ailleurs dirigeants du GEREC (Groupe d’études et de recherches en créole) et qu’ils ont été à la pointe de la bataille pour obtenir un CAPES de créole. Comme ce jury était composé de nombreux spécialistes venus de La Réunion, notre île s’est retrouvée très rapidement mise en accusation. L’idée que ces professeurs étaient plus qualifiés en créole réunionnais qu’en créole martiniquais a rapidement circulé. On a même entendu dire que ces professeurs avaient « peur de voir leurs étudiants surclassés par les Antillo-Guyanais et rafler les 8 postes mis au concours cette année. En constituant un jury uniquement composé de gens travaillant sur le réunionnais », ils espéraient « ainsi éliminer plus facilement les candidats antillo-guyanais ».
Par ailleurs, le rapport du jury sur la session 2002 - la première du nouveau diplôme - a circulé à la Guadeloupe et à La Réunion, mais pas à la Martinique. Ce qui devait susciter un vif émoi chez les Martiniquais. D’autant plus que le rapport avait été lu avant même que le ministère ne le rende public et officiel. Enfin les résultats de la session 2001-2002 allaient renforcer les convictions anti-réunionnaises. Sur les 192 candidats initiaux, 8 ont étés admis : 5 Réunionnais et 3 Antillais (dont 2 Guadeloupéens) et 2 candidats réunionnais figuraient sur la liste d’attente.
Dans la foulée, un Comité de vigilance pour le CAPES de créole (CVCC) était créé. Au mois de février 2003, il décidait de saisir le tribunal administratif, suite à ce qu’il considérait comme étant de grosses irrégularités. Dans un communiqué, le CVCC relevait ces anomalies :
« 1. Les attentes du jury n’ont pas été communiquées aux candidats Antillo-Guyanais.
2. Ce jury est toujours composé de personnes incompétentes dans les 2 matières principales de l’écrit, à savoir la "Dissertation créole" et la "Traduction créole/français". En fait, il est massivement squatté par des géographes, des historiens, des littéraires et autres au détriment des créolistes.
3. Le président de ce jury n’est pas un créoliste mais un francophoniste. 4. Aucun membre du GEREC-F, seul groupe de recherches à s’être battu pour obtenir la création du CAPES de créole, ne figure dans ce jury.
5. S’agissant du sujet "La fable créole", qui figure au programme de la dissertation, il a été communiqué aux étudiants de l’IUFM de La Réunion la liste exacte des fabulistes à étudier, ce qui n’a pas été le cas aux Antilles-Guyane.
6. Des enseignants de l’IUFM de La Réunion qui préparent au CAPES de créole sont membres du jury de ce même CAPES, ce qui fait qu’ils seront (comme ils l’ont été déjà l’an dernier) à la fois juge et partie.
7. Le rapport du premier jury du CAPES de créole n’a toujours pas été publié, cela à 15 jours du deuxième CAPES ».
Nous avons eu, dans la presse réunionnaise, des échos de cette initiative et des réactions qu’elle a suscitée.
Depuis, les choses ont encore évolué. Depuis la rentrée universitaire en Martinique, le 1er septembre, le président du GEREC, le professeur Jean Bernabé, a décidé d’ouvrir une préparation concurrente au CAPES de créole existant à l’IUFM, et gratuitement. Cette préparation est ouverte à 20 étudiants qui reçoivent des cours au campus de Schœlcher et à 20 autres reliés aux formateurs par l’internet.
Cette dernière initiative a créé un certain émoi dans les milieux universitaires et estudiantins martiniquais. Si les qualités de pédagogues de l’initiateur et de l’autre intervenant, ainsi que leur volonté de défendre le créole, ne sont pas remises en cause, beaucoup s’interrogent sur l’efficacité du procédé. En effet, ce sont les IUFM qui ont la charge du CAPES de créole. Sa gestion ne peut donc se faire par l’Université Antilles Guyane. On craint donc que les 40 personnes qui suivront les cours dispensés ne puissent jouir du statut d’étudiant préparant un CAPES. L’initiative pourrait même se traduire par un discrédit de l’IUFM de Martinique. Certains auraient souhaité que le GEREC expose à l’opinion publique les divergences qu’il a avec les organisateurs du CAPES de créole et qu’il obtienne, pour faire avancer sa cause, le soutien de l’opinion publique.
Pour l’heure cette nouvelle polémique ne semble pas troubler ceux qui, à La Réunion, professeurs comme étudiants, préparent la prochaine session du diplômé en question.
Courrier des lecteurs
Mézami , néna par-la dë somenn in sèrtin prézidan zétazini la di dann in konféranss de press li lé dakor pou ashté bannzil chagos mé sa sé in (…)
In kozman pou la rout
La Réunion dans la mondialisation sans protection
La Réunion dans la mondialisation sans protection
Ouverture hier à Sainte-Suzanne
Au lieu de reproduire la France, les Réunionnais devraient s’inspirer de Madagascar
Retour sur le séminaire organisé par la Section PCR de Saint-Denis
Conséquence de la crise et de la pénurie de logements sociaux
Condoléances du Parti Communiste Réunionnais
Face aux difficultés de trésorerie à cause des retards de paiement
À la veille de la manifestation organisée par des élus devant la préfecture