« De la vision politique à l’action publique : comment la pensée de Paul Vergès sur le changement climatique s’est traduite concrètement dans les politiques d’aménagement et de développement de La Réunion »
29 août, parPaul Vergès : 2016-2026
Culture
95 bourses régionales de formation aux métiers culturels
26 août 2003

Plusieurs dizaines de jeunes, garçons et filles, postulants à une bourse régionale pour une formation culturelle en mobilité, se sont retrouvés hier après-midi à la pyramide inversée. Ils sont 95 à partir, pour l’année 2003-2004, sur un projet de formation ou de parcours professionnel, à destination d’une douzaine d’écoles, academy ou instituts de réputation diverse en France, à Paris ou en régions. Depuis le début de la mandature (1998), 515 jeunes ont été formés aux métiers culturels par ce dispositif, créé 1995 et soutenu par l’ANT.
Comme ils le font chaque année depuis cinq ans, le président de Région, Paul Vergès, le vice-président délégué à la culture, Lylian Payet et la commission culturelle présidée par Younouss Issa ont reçu avant leur départ les candidats à une formation culturelle en mobilité. Une façon de "marquer le coup" et de mettre les jeunes devant "l’ambassade" qui leur est confiée : celle de porter haut les valeurs culturelles réunionnaises dans un esprit d’ouverture au monde et de valorisation des atouts de leur propre culture, dans tous les domaines. « Nou lé pa plis, nou lé pa moins, respèkt anou ! » - ce cri de Laurent Vergès, il y a quinze ans, repris hier par le président de la Région, a été chaleureusement applaudi par les candidats au départ. L’agence nationale des travailleurs d’outre-mer (ANT), opérateur pour les déplacements des boursiers, était bien sûr de la partie et représentée par le plus indiqué des "coach" en la personne de Jean-Claude Mir, lui-même musicien jadis. Qui mieux qu’un des pionniers du rock réunionnais pouvait encourager les jeunes à tenir bon dans leurs projets et à les pousser le plus loin possible ?
Certains partent pour la première fois dans ce cadre là. D’autres sont déjà en cours de formation et la Région avait également invité des "anciens", pour les conseils et les encouragements qu’ils pourraient transmettre aux plus jeunes.
Parmi les "vieux de la vieille", le danseur Didier Guichard, parti se former en Europe en 1997 : d’abord au London Studio Center puis à la Danse Movement Company - trois ans à Londres au final, avant de revenir vers Toulouse où il s’apprête à passer deux ans pour parachever sa formation, avant de se lancer dans la création d’un centre artistique et culturel à dominante "danse". Parmi ceux qui ont pris la parole hier, il est le seul danseur, une discipline choisie par quatorze des candidats de cette année.
Lolita Tergémina et Didier Ibao se sont formés au théâtre : la première à l’École nationale supérieure des arts et techniques du théâtre (ENSATT) à Lyon, où elle a dit avoir pris « conscience de la richesse culturelle de La Réunion ». Didier Ibao a passé deux ans au Centre dramatique national de Basse Normandie, où il a complété sa formation par une approche du métier de clown, de l’improvisation et diverses disciplines complémentaires du spectacle. Lolita Tergémina est actuellement l’assistante d’Ahmed Mahdani au Centre dramatique régional (CDR). Pour la suite, elle a d’autres projets, « avec le teatro Piccolo de Milan, en Angleterre et à Paris ». Didier Ibao a vivement invité l’assistance à aller le plus loin possible dans la « confrontation des cultures » et à revenir « pou pousé La Rényon osi, pa rienk péi Lérop ». Après trois ans passés au Conservatoire national de région, comme assistant et apprenti pédagogue, il part cette année au Conservatoire de Paris.
Ceux qui partent cette année sont, à plus de 68%, des futurs musiciens. Depuis le début du dispositif, ils constituent l’écrasante majorité des candidats à la formation : 381 musiciens parmi les 515 jeunes partis avec une bourse régionale. Les autres se répartissent entre la danse (55), le théâtre (39), l’audiovisuel (30), les arts plastiques (9) et le livre (1).
L’ANT intervient dans le partenariat établi avec la Région. L’an dernier, elle a contribué au départ de 90 jeunes intéressés par les métiers culturels. Si ces derniers constituent une partie numériquement faible des candidats au départ (3,75% de l’ensemble), ils en sont sur le plan symbolique et de représentation la partie la plus visible.
Jean-Claude Mir, pour l’ANT, a rappelé aux jeunes que la culture réunissait deux "valeurs d’exportation" fondamentales, « l’intelligence et le cœur ». Il leur a aussi conseillé de « ne pas s’arrêter sur un premier parcours » : « le "passeport formation" peut ouvrir d’autres portes pour des formations à l’étranger, notamment aux États-Unis », leur a-t-il dit.
Paul Vergès a redit à tous le sens de l’effort fait par la Région depuis cinq ans, la « confiance » mise dans ces jeunes Réunionnais qui « peuvent représenter un élément décisif pour notre région », dans le sens d’une ouverture sur d’autres horizons culturels, pour « en finir avec la dévalorisation de la culture réunionnaise » a-t-il dit, en évoquant l’époque révolue de la domination d’une culture minoritaire sur les autres, le « séga banni du bal du gouverneur » ou le maloya « réfugié dans les champs de cannes ».
« Un jour on parlera des musiciens de La Réunion comme on parle aujourd’hui de la Jamaïque ou de Cuba », a-t-il ajouté en invitant les jeunes à « assimiler sans être assimilés », c’est-à-dire à se montrer « capables de s’enrichir sans se dépersonnaliser ».
L’investissement dans l’humain, l’un des cinq axes prioritaires de la mandature régionale, est un pari sur l’avenir et un appel à la « responsabilité civique » que le président de Région a lancé à chaque jeune.
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