Un vestige de la société esclavagiste est en train de tomber
11 juin, parCourrier des lecteurs
Culture et Identité
• Proposition de Karl Kugel et de Christian Jalma
4 octobre 2003

"Cafre amnésie, Cafrine symbolie" vient d’être publié par les éditions Les Deux Mondes. Ce livre est né de la complicité d’un photographe, Karl Kugel, et du poète-jako Christian Jalma, Les auteurs et l’association Lérka vous convient à une soirée organisée autour de cet ouvrage, une soirée où ce livre va prendre corps selon la volonté de son auteur qui déclare avoir « toujours voulu sortir de l’enferment du livre. Il faut que ce livre vit. (faute d’accord volontaire - NDLR) » L’événement aura lieu jeudi prochain à Jeumon, endroit symbolique puisque Karl et Christian s’y sont rencontrés en 1998 pour la première exposition de Récit des Corps.
"Cafre amnésie, Cafrine symbolie" est un travail sur le rapport du texte à l’image et de la voix à l’image, pour Karl Kugel, « les mots sont remplis d’image autant que les images sont remplis de mots ». Ainsi, les photographies qui seront installées autour du poète ne forment pas un décor, mais dessinent « des propositions avec lesquels Christian Jalma trace un chemin de sens ». Pas du théâtre, pas de la poésie, Christian Jalma parle comme il vit et parle comme un livre. Il s’interroge sur ce qui est réel et ce qui ne l’est pas, et ce qui devrait l’être… Pour lui « La Réunion a trop tendance à voir les choses qu’on ne voit pas et ne pas voir les choses qu’on voit ». Son ami Karl Kugel développe la même réflexion : « C’est un questionnement par rapport au réel, la réalité n’existe que si le réel est transformé en mot, en image, et symbole ». Il illustrait son propos par l’exemple de l’esclavage : « Il y a 200.000 hommes et femmes qui ont peuplé cette île et dans la réalité ils n’existent pas dans le champ symbolique de la société ».
Ce rapport entre le réel et la réalité dégage une force symbolique transformant la scène en un espace de l’ordre du sacré, un lieu de sens profond. Un lieu itinérant également car cette sortie hors du livre est appelée à investir l’espace public.
Qu’est-ce qui est vrai ? Qu’est-ce qui n’est pas vrai ? Quelle est la part fictionnelle de notre Histoire ? Christian Jalma veut démontrer qu’il est possible de sortir de l’amnésie par l’invention, ainsi a-t-il créé une langue, nommée "Elakawèz" ce qui signifie "île-utopie", une langue qui vient de l’amnésie, qui est celle d’un monde à part, à la recherche de ce que nous avons perdu. Les textes écrits dans cet idiome seront chantés jeudi soir à Jeumon. Le rendez-vous avec vous-même est fixé à dix-huit heures.
Courrier des lecteurs
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