C.M.U.

Pour une Couverture maladie vraiment universelle

Avis convergents

6 août 2003

Le gouvernement a annoncé le relèvement du plafond de la C.M.U. (Couverture maladie universelle) dans les Départements d’outre-mer pour le 1er septembre. Ce relèvement du plafond est un premier pas ; mais cela ne suffit pas, puisqu’il va laisser encore près de 20.000 Réunionnais en dehors de la C.M.U. complémentaire.
Tous les acteurs, professionnels de santé, politiques, assurés, estiment qu’un effort supplémentaire doit être fait. Comme nous le disions avant-hier, dans ces mêmes colonnes, Conseil régional et Conseil général soulignent les insuffisances du projet de décret relevant le plafond de la CMU complémentaire.
Par ailleurs, le "fonds de financement de la protection complémentaire de la couverture universelle du risque maladie" vient de publier, dans une de ses lettres d’information, une première étude sur "la dépense moyenne de CMU complémentaire par personne de 2000 à 2002". Ce n’est qu’une étude approximative. D’une part, parce que selon les propos mêmes de la structure, « les organismes qui répondent représentent environ 70% des bénéficiaires » ; il en manque donc 30%, ce qui n’est pas négligeable. D’autre part, parce ces mêmes organismes complémentaires ne procèdent pas tous de la même manière pour chiffrer leurs résultats.
Toujours est-il que, selon cette "lettre", il y a des écarts significatifs entre les dépenses "unitaires" des personnes ayant choisi les régimes obligatoires ou les organismes complémentaires.
Et d’expliquer : « l’écart reste significatif et explicable : les organismes complémentaires ayant de fortes dépenses unitaires se retirent de la liste, ce qui va tendre à limiter la croissance de la dépense moyenne des organismes complémentaires. Cette tendance devrait être particulièrement visible en 2003. Les résultats concernant les DOM sont très fragiles, voire impossibles à établir pour les organismes complémentaires : ils sont donnés à titre purement indicatif, pour essayer de dégager le coût moyen France entière ».
Malgré tout, ces résultats sont nettement révélateurs, comme le montre le tableau ci-après. Les dépenses unitaires sont nettement inférieures dans les DOM par rapport à la France. Et les raisons ne sont peut-être pas celles évoquées par l’auteur de la "Lettre".
N’oublions pas que d’une part, entre 17.000 et 20.000 personnes sont exclues de la CMU complémentaire dans notre île. Deuxièmement, que les coûts à La Réunion, tant en cotisation qu’en coût de consommation (médecin ou médicaments) sont supérieurs.

Entre 17.000 et 20.000 Réunionnais hors C.M.U. ?
Une question « de moindre importance »
"Références CMU" est la lettre d’information éditée par le Fonds de financement de la protection complémentaire de la couverture universelle du risque maladie. Extrait d’une lettre :
« Le numéro 11 de "Références CMU" est publié alors que le Fonds CMU est au milieu de sa quatrième année d’existence. Les péchés de jeunesse fatalement inhérents à la création d’un dispositif aussi important, puisqu’il permet l’accès aux soins des plus défavorisés, et aussi lourd, puisque 4.500.000 personnes sont concernées, sont maintenant derrière nous. Certes, il subsiste encore sur le plan technique des problèmes à résoudre, mais ils peuvent être considérés comme de moindre importance et toute l’équipe du Fonds s’emploie à y remédier ».
Ces quelques lignes sont tirées de l’éditorial de ...Jean-François Chadelat. Les Réunionnais - et autres métropolitains défavorisés - seront heureux d’apprendre qu’ils sont « de moindre importance ».
Mais ne cherchons pas : c’est ce même Chadelat qui a commis un rapport, dont le moins que l’on puisse dire c’est qu’il fait craindre le pire pour la CMU. En effet, ce rapport préconise la création de la Couverture maladie généralisée (CMG), regroupant l’Assurance maladie obligatoire (AMO) et une Assurance maladie complémentaire de base (AMCB).
Cette CMG devrait correspondre « à l’accès aux soins que la Nation garantit à chacun de ses citoyens ». Le rapport poursuivait : « La CMG serait en premier lieu un engagement fort de l’État. Il lui appartiendrait de définir le panier de soins dont l’accès serait garanti par la CMG. Le Parlement voterait les grands principes à l’issue d’un "processus démocratique" faisant intervenir les experts et autorités scientifiques de haut niveau... ».

Signaler un contenu

Un message, un commentaire ?


Témoignages - 82e année


+ Lus