Politique

Pour une large union aux régionales

Rentrée politique de Priorité Socialiste Réunion

18 septembre 2003

Le parti Priorité socialiste Réunion (PSR) a effectué sa rentrée politique hier après-midi à l’hôtel "Le Lancastel" en se fixant deux axes de priorité : la situation politique actuelle et les échéances électorales de 2004.
D’entrée de jeu, l’accentuation a été mise sur les mesures gouvernementales de Jean-Pierre Raffarin appliquées en France et à La Réunion. Pour la secrétaire générale du PSR, Denise Caro, il ne fait aucun doute que « depuis un an et quatre mois, Chirac et Raffarin ont entraîné les Français et par conséquence les Réunionnais dans une faillite morale, économique et sanitaire ». Et de remettre en cause immédiatement les nouvelles déclarations du président de la République tenues la veille à Auxerre en affirmant plutôt que « la France a toutes les raisons pour douter d’elle-même ». Outre la consommation en chute, la baisse du moral des ménages, l’ébranlement des acquis sociaux, la secrétaire générale de PSR a développé les « répercussions retentissantes sur le plan réunionnais ».
Tout d’abord sur le volet du redéploiement des forces de police et de gendarmerie : « les effectifs sont insuffisants, il y a un fossé entre la réalité et le manque de prévention de Nicolas Sarkozy. Si l’on considère le commissariat du Moufia - un quartier qui compte 30.000 habitants - seuls 20 fonctionnaires de police sont en place », déplore Denise Caro.

Des inquiétudes

Celle-ci dénonce par ailleurs « la baisse de l’impôt sur le revenu ne grossissant que l’épargne des plus riches alors que 16 millions des foyers ne sont pas imposables et ne verront pas la couleur des 3% ». À La Réunion, cette baisse des impôts ne concernera que 25% des ménages, selon les membres de Priorité Socialiste Réunion.
« Face au gel des crédits, à l’annulation des dépenses prévues, le gouvernement veut accélérer les privatisations (cantines scolaires, ordures ménagères etc.) en symbiose avec l’Accord général sur la commercialisation des services (AGCS) », déplore Denise Caro. C’est pour cette raison que le PSR lance un appel à l’ensemble des élus conformément à la démarche d’ATTAC pour que La Réunion soit une zone non AGCS.
D’autres dossiers ont été évoqués tels que le déremboursement des médicaments, la hausse des droits d’inscription en Faculté ainsi que la réduction des droits aux indemnisations chômage. Sur le plan de la canicule, Priorité Socialiste Réunion cite l’exemple de l’Allemagne qui a connu moins de 1.000 morts durant la même période en France. Aussi, les personnes exclues de la CMU comme la mise en place de nouvelles maisons de retraite à La Réunion ont été des questions soulevées.

« Une Réunion plus juste et plus solidaire »

Sur le sujet de la dégradation des services publics et plus particulièrement de l’Éducation nationale, c’est Daniel Cadet, proviseur adjoint du lycée de Sainte-Suzanne qui a interpellé la presse : « nous avons certes effectué la rentrée mais pas dans de bonnes conditions. Tous les indicateurs sont au rouge alors que le débat sur l’école vient d’être lancé, la rémunération au mérite ou les équipements en ordinateur pour les établissements d’ici 2007… ce ne sont pas des réponses précises mais des gadgets ».
Et de s’alarmer sur le nouveau dossier qui touche l’académie de La Réunion avec le remplacement des professeurs lors d’un congé maladie, de formation ou de maternité par les TZR (Titulaires sur les zones de remplacement). En effet, ces derniers sont déjà en poste sur l’année, ce qui posera problème pour les absences futures. Eric Delorme, secrétaire général adjoint de PSR a complété la deuxième partie du dossier avec les futures échéances électorales de 2004. Le mot d’ordre est lancé : « La Région ne doit pas basculer à droite ! Pour cela toutes les forces politiques de gauche doivent se réunir. On doit aller vers une Réunion plus juste et plus solidaire », soutient Eric Delorme. Pour converger vers ces objectifs, Priorité socialiste Réunion reprend les 21 propositions adoptées lors de son deuxième séminaire qui s’est déroulé au mois de juin dernier. Pour favoriser une politique de proximité, les membres de PSR envisage un redécoupage des communes et des cantons ainsi que l’intégration du réunionnais comme auteur et acteur dans sa société par le slogan : "donn’créol responsabilité".


Signaler un contenu

Un message, un commentaire ?


Témoignages - 82e année


+ Lus