Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
Exposition
"A tèr la" : Quand le corps parle de la guerre, photos d’une danse avec la mort
20 mars 2003

"A tèr la, performance pour la paix". Impossible, pour toute personne se rendant à l’étage de la Maison de la Communication à Saint-Denis, de ne pas rester perplexe et estomaqué devant cette exposition.
Derrière un drap noir, sur lequel quelques phrases sont inscrites à la craie, nous sont dévoilées les photographies poignantes d’une "performance pour la paix" ayant eu lieu en décembre 2002, à la galerie Art’Senik de Saint-Leu.
Par une nuit d’orage, Sophy Rotbard, a immortalisé la performance de Marie-Zénobie Harley dans la "Sapèl boutèy plastik pou la pé" que la directrice de la galerie a construite dans la cour de la Ravine des Sables.
L’artiste Hélène Corré présente de manière complète et bouleversante cette rencontre et cette création artistique pour une planète pacifiée. Nous vous offrons le texte qu’elle a rédigé en guise d’introduction à cette exposition :
« En décembre dernier, sous une pluie battante, Marie-Zénobie Harley, danseuse-chorégraphe, a exprimé toute la souffrance des femmes avec comme seul médium son corps nu, de la terre rouge, quelques gonis et un filet bleu.
Sa nudité magnifique, saignant la terre rouge, a écrit, tour à tour, la douleur, la violence, la torture subies par les femmes du monde : femmes kurdes, algériennes, afghanes, mères palestiniennes, mères d’Afrique du Sud, femmes survivantes, anonymes d’ici et d’ailleurs, entrevues, oubliées, au regard lourd.
Le corps criait sous le dôme transparent et bleuté des 4.000 bouteilles vides, réceptacle moderne des messages pour la Paix, shalom-salam sous la musique de la pluie.
Sophy Rotbard, impressionnée par la force de l’acte en saisit quelques instants sur son appareil numérique.
Les photographies qui en résultent nous surprennent par la nouveauté de leur esthétique, où la beauté plastique des formes féminines conjugue crûment l’atroce, l’insoutenable en un cri silencieux, qui interpelle notre conscience avec une force terrible.
Les photographies témoignent certes d’une performance vraie, mais sont aussi œuvres significatives.
Son auteur a su fixer tout l’élan de l’expression spontané du corps aux prises avec les démons de la cruauté et de la domination, mêlée aux caprices de l’orage, pour nous surprendre et nous éveiller sur la question : pourquoi les femmes souffrent-elles tant sur cette planète ?
La pluie s’arrête, l’orage s’éloigne, mais les coups, les injures, les tirs, les sévices, les vices, quand s’évanouiront-ils ? »
Nos peines
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