Social

Première grève d’envergure à la CISE-Réunion

Pour des augmentations de salaire et de meilleures conditions de travail

6 mai 2003

Après un préavis de grève déposé le 24 avril par l’Intersyndicale (UNSA-CGTR-CGC-CFTC) de la CISE-Réunion, service de l’eau et de l’assainissement, l’échéance est arrivée à son terme hier matin. Plus de 90% du personnel de l’agence Est (Sainte-Marie, Sainte-Suzanne, Saint-André, Salazie, Bras-Panon et Saint-Benoît) et de l’agence Sud-Ouest (Le Tampon, La Petite-Île, L’Etang-Salé, Les Avirons, Saint-Leu, Trois-Bassins et Saint-Paul) est mobilisé.

Depuis 1988, c’est la première fois que la CISE-Réunion, filiale de SAUR, holding de Bouygues, connaît sa première grande grève. Les salariés de cette entreprise privée de service public, à statut mixte, énumèrent 9 points de revendications :

- Une augmentation de 150 euros sur le salaire mensuel. Selon Jean-René Guichard, porte-parole de l’Intersyndicale, élu au Comité d’entreprise et délégué du personnel, la direction par la voix de M. Giraud, « amalgame le salaire de base et le salaire d’ancienneté. Elle possède deux enveloppes. Une enveloppe conjoncturelle et une enveloppe promotionnelle. La direction souhaite intégrer la prime d’ancienneté sur le salaire de base, ce que nous contestons ! », affirme le représentant de la CGTR.
- Le deuxième élément concerne l’inclusion des salaires des expatriés dans la CISE-Réunion. « Près de 45.734 euros mensuels soit 300.000 francs sont budgétés pour les expatriés, tous cadres. Cette politique représente un coût important pour l’ensemble des salariés », affirme Jean-René Guichard.
- L’amélioration des conditions de travail en matière d’hygiène et de sécurité est également à l’ordre du jour. Prenant l’exemple de la commune de Sainte-Suzanne considérée comme le meilleur bureau pour ses bons chiffres, l’Intersyndicale déplore le blocage des salaires et une promotion sociale toujours désuète. « Comme dans un gâteau, nous sommes rationnés sur les miettes. Ce sont toujours les cadres qui sont considérés comme le fruit au sein de la CISE-Réunion », dénonce l’élu de la CGTR avant de rajouter que ce grand malaise pour les salariés de base avait déjà donné lieu à un débat lors du Conseil d’administration en octobre dernier.
- Aucune prime de risque n’existe pour l’ensemble de ces salariés. « Nous sommes actuellement en période cyclonique, en plein mois de mai ! Quels sont nos critères de motivations ? », informe l’Intersyndicale.
- Le cinquième point porte sur une application et la défense d’une convention collective. À l’heure actuelle, deux conventions existent : celle du BTP (Bâtiments et travaux publics) et celle des distributeurs d’eau potable et d’assainissement. « Nous souhaitons une convention unique donnant aux salariés la solution la plus équitable », affirme le délégué CGTR.
- Le sixième point fut particulièrement développé, tenant beaucoup à cœur à l’ensemble des salariés. Concernant la question de la transparence des embauches, l’Intersyndicale s’interroge : « d’où viennent ces salariés au siège social de Saint-Denis ? C’est pire que l’invasion de Bagdad ! », s’insurge le syndicaliste. Le cas récent de la foire agricole de Bras-Panon est représentatif aux yeux de l’Intersyndicale du manque de concertation de la direction envers le Comité d’entreprise. À aucun moment, lors de la tenue du stand de la CISE-Réunion, le Comité d’entreprise a pu émettre un avis. Enfin, décrochant le marché de L’Etang-Salé, l’Intersyndicale est outrée par la luxure du bureau où selon elle, ce serait « la femme du Centre Sud-Ouest qui dirigerait le bureau. Nous avons contesté ce parachutage. On nous a informé qu’il ne s’agissait qu’une exception, une exception de plus dans ce manque de transparence ! » A ce titre, les salariés de l’entreprise revendiquent fermement l’embauche du nombre d’intérimaires constants, procédant à une sorte de turn-over pour éviter toute intégration. Une vingtaine d’entre eux travaillerait par mois à la CISE-Réunion.
- L’autre critère de réclamation traite de l’indemnité de vie chère.
- Enfin, la revalorisation de la prime d’eau inchangée depuis juillet 2002 fait partie des problématiques engagées par les travailleurs de la CISE-Réunion.
Selon l’Intersyndicale, la direction reste « méprisante » vis-à-vis des salariés. Vendredi dernier, au cours de la suspension de séance, la direction a sabré le champagne alors qu’il n’y a pas eu d’accord. Attitude jugée « outrageuse » par les salariés qui se sont vus refuser la boisson pétillante par la direction lors d’un départ en retraites d’un de leurs collègues. Avec la nouvelle équipe syndicale élue en juillet dernier, Jean-René Guichard garde espoir que les choses iront dans le meilleur sens à l’avenir. Une réunion non confirmée avec M. Giraud, devait avoir lieu au cours de l’après-midi.


Signaler un contenu

Un message, un commentaire ?


Témoignages - 82e année


+ Lus