Déplacements

Préserver la jeunesse et approfondir le partenariat au sein du corps social

3èmes Assises de la sécurité routière

23 octobre 2003

Les Assises de la sécurité routière, moment phare d’écoute des acteurs et des partenaires de la sécurité routière a eu lieu hier, au Centre consulaire de formation Nord en présence de quelques cent cinquante personnes de tout horizon, tous acteurs de la prévention routière. Ces assises ont eu lieu le même jour sur l’ensemble du territoire national et s’inscrivent dans la politique gouvernementale de lutte contre la violence routière.
Ces assises sont destinées à sensibiliser les citoyens aux règles de la conduite et aux dangers de la route, mais aussi à mettre en avant le partenariat entre les différents acteurs : État, collectivités locales, assurances, mutuelles, associations…, réunis autour de ces problématiques dans notre île.
Elles ont donc constitué un moment privilégié de mobilisation en raison de son caractère national. Ces assises, qui viennent clôturer la Semaine nationale de la sécurité routière, illustrent la qualité du réseau et la capacité d’initiative de chacun. L’État affiche sa volonté (encadré), ses moyens et son action dans les domaines qui relèvent de sa compétence.

Une après-midi d’interventions et de débats

Les deux thèmes autour desquels les acteurs de la sécurité ont œuvré hier étaient : les jeunes et le partenariat. Les données de l’accidentologie évoquaient toujours les facteurs d’accident que sont la vitesse, l’alcool au volant, la sécurité des deux roues et les conséquences des accidents. La formation et la sensibilisation des usagers étaient au cœur des interventions. Des interventions nombreuses pour une après-midi chargée et un programme exhaustif. Après les discours d’ouverture du préfet et des représentants de la Région et du Département, la Direction départementale a présenté un bilan de l’accidentologie. Un film a été diffusé, dressant un bilan de l’accidentologie à La Réunion (encadré).
Le premier thème, "les jeunes", rassemblaient des interventions de l’inspection académique et prévention routière sur la sécurité routière à l’école, de l’ANPER qui abordait le permis probatoire. La PMI (Conseil général) est intervenue sur les dispositifs de retenue pour les enfants, le SAMU sur les conséquences des accidents (bilan lésionnel). Ce thème a été clos par le Conseil départemental des jeunes.
Le deuxième thème "mobilisation du partenariat" contenait une première intervention du sous-préfet Quiard sur le partenariat local, la GEMA et FFSA présentaient les assureurs partenaires, la CGSS les entreprises partenaires, les procureurs de la République de Saint-Pierre et de Saint-Denis ont présenté le Plan départemental de contrôles routiers et les réponses judiciaires, l’USEP pour le secteur associatif et l’associations des maires pour les collectivités ont clos l’après-midi.
À travers ces interventions suivies de débats, le but recherché a été d’ouvrir un espace d’écoute et d’attention aux usagers mais aussi aux victimes, où la sensibilisation, l’information mais aussi la sanction visent à la modification des attitudes et des comportements, seule susceptible d’entraîner une baisse du nombre et de la gravité des accidents.

Bilan des accidents routiers à La Réunion
Depuis quelques années, une tendance à la baisse du nombre des accidents corporels s’installe à La Réunion (802 en 1998, 697 en 2002).
Partant d’un nombre de tués par an d’environ une centaine (101 en 1998, encore 104 en 2001), une baisse s’est amorcée en 2002 avec 90 tués.
Les trois premiers trimestres de l’année 2003 semblent confirmer cette évolution favorable, avec 51 tués au 30 septembre, contre 67 à la même période en 2002.
Comme en 2002, les piétons (18 tués, 35% du total des décès) et les conducteurs de deux roues (19 tués, 37%) sont les plus mortellement touchés.
À noter également l’importance du facteur alcool (23 tués sur les 51 recensés).
Les infractions relevées sur les 3 premiers trimestres sont encore très importantes : 1.586 pour alcoolémie, 3.133 vitesse, 1.920 défauts du casque, 8.600 défauts de ceinture, 1.944 GSM. 
Lutte contre la violence routière
Le préfet Gonthier Friédérici a ouvert hier les Assises de la sécurité routière en rappelant les grandes orientations de la politique de lutte contre la violence routière : « Le président de la République, en faisant de la lutte contre la sécurité routière l’un des trois grands chantiers de son quinquennat, a engagé une mobilisation nationale et souhaité un programme d’actions permettant une véritable rupture dans la lutte contre ce fléau inacceptable pour notre société ». Il présentait un bref historique : « Lors des États généraux de la sécurité routière le 17 novembre 2002, les acteurs de la société civile ont demandé de faire, avant tout, respecter les règles existantes relatives aux principaux facteurs de l’insécurité routière : alcool, vitesse, ceinture. Ils ont, à cette occasion, manifesté leur volonté de continuer à s’engager aux côtés des pouvoirs publics pour contribuer à l’amélioration de la situation. Dans ce contexte, le Comité interministériel de sécurité routière (CISR) réuni le 18 décembre 2002 sous la présidence du Premier ministre a marqué le point de départ d’un programme pluriannuel de lutte contre l’insécurité routière et fixé les grandes orientations de l’action publique ».
Le premier axe consiste à « accroître les contrôles, aggraver les sanctions pour changer les comportements, faire respecter la règle en mettant en place un système de contrôle et de sanction automatisé, en améliorant la détection des infractions et en renforçant les sanctions des comportements dangereux ».
Le deuxième axe : « agir sur la formation et l’information pour faire émerger une culture sécurité routière et impliquer tous les acteurs » veut « assurer un meilleur encadrement des conducteurs, prévenir les risques routiers par la mobilisation des partenaires et le développement de nouvelles approches ».
En conclusion de son allocution d’ouverture, le préfet affirmait que : « la lutte contre la sécurité routière relève du corps social : institutions, collectivités locales, entreprises et associations. La sécurité routière est désormais traitée dans le cadre des nouveaux dispositifs territoriaux de lutte contre la délinquance -la Conférence départementale de sécurité, le Conseil départemental de la prévention, les Conseils locaux de sécurité et de prévention de la délinquance ».
Intervention des collectivités locales
Partager la route
Antoine Minatchy, représentant le président du Conseil régional, tenait à être présent « aussi bien en tant qu’élu qu’en tant que citoyen ». Il a souligné l’implication de la Région dans la sécurité routière dans le cadre de l’aménagement des espaces de circulation. Le Conseil régional réalise des routes à hauteur de 70 millions d’euros, sans compter « les grands aménagements phares », comme la seule Route des tamarins, chiffrée à 300 millions d’euros.
Ces investissements coûtent cher à la collectivité, mais elle y est contrainte par la pression de la circulation, Antoine Minatchy n’hésitant pas à parler de « dictature automobile » face aux chiffres devenus astronomiques : 50.000 véhicules par jour entrent dans Saint-Denis. Ainsi résumait-il : « les constructions sont modestes par rapport aux besoins ».
Il soulignait également qu’un souci majeur était de partager la route, et inviter à conjuguer tous les efforts pour offrir des moyens de circuler en sécurité aussi bien aux piétons, qu’aux cyclistes, motards, voitures, bus, camions de transport et tracteurs…
Le représentant du Conseil général, Marc-Luc Boyer, a insisté sur la nécessité de mener une réflexion afin de sensibiliser l’ensemble des Réunionnais aux problèmes évoqués lors de ces assises. L’essentiel est pour lui d’arriver à « un réflexe responsabilité », à une réelle prise de conscience de l’ensemble des usagers des règles élémentaires qui régissent l’esprit d’une conduite saine.

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