Social

Pressions, menaces, vitupérations… et puis rien

Tensions autour des centrales thermiques sucrières

29 octobre 2003

Comme il était prévisible, les esprits se sont beaucoup échauffés depuis la reprise, lundi à 0h00, de la grève des agents EDF en poste dans les centrales privées. Revenant sur la situation qui prévalait lundi dans les centrales des usines sucrières et aux abords des plateformes, la direction d’EDF notait hier dans un communiqué : « Afin de permettre le fonctionnement des installations, l’encadrement des compagnies thermiques s’est vu contraint de pallier dans l’urgence [l’] activité restreinte. Cette situation ne peut être que provisoire et l’arrêt complet de la centrale thermique du Gol n’a pu être évité en fin de journée » (de lundi - NDLR). Rappelons que la « contrainte » décrite par la direction d’EDF n’est en fait que la prise en charge normale, par les centrales des sucriers, des tâches qui leur incombent et dont elles se déchargeaient couramment sur les agents d’EDF. Ces derniers ont demandé à leur direction la reconnaissance effective du travail accompli dont tout le monde a pu constater, à la faveur de cette grève, le caractère spécifique et stratégique.
Comme elle l’avait fait la veille, Sucrière de La Réunion a communiqué hier des éléments d’appréciation du fonctionnement de la centrale, arrêtée depuis lundi et les incidences sur le traitement des 8.400 tonnes de cannes stockées sur la plateforme. « Le redémarrage de l’usine ne pourra se faire qu’avec un approvisionnement stable et pérenne en vapeur. Le redémarrage de la centrale thermique et de la sucrerie nécessitera une dizaine d’heures. (…) Les livraisons de cannes ne pourront reprendre qu’à l’issue du traitement de ces cannes », dit le communiqué du Groupe en appelant les parties concernées à trouver « rapidement une issue au conflit entre EDF et les chefs de blocs détachés dans les compagnies thermiques du Gol et de Bois Rouge, qui aujourd’hui paralyse tout un pan de la filière canne-sucre ».
En dépit des tensions, attisées par certaines organisations de planteurs -qui n’avaient pourtant rien à gagner à un envenimement du problème- EDF fait observer qu’« aucune perturbation n’a été déplorée sur le réseau électrique jusqu’à présent » (jusqu’à hier - NDLR). Les appels à la « réquisitions » lancés par les "Jeunes agriculteurs" ont été accueillis avec indifférence par les pouvoirs publics, qui ont préféré privilégier « une sortie normale du conflit par la négociation ». Cette attitude a beaucoup fait pour désamorcer des dérives violentes qui sont allées, selon la CGTR-EDF jusqu’à « des menaces de mort » contre des agents de la centrale thermique du Gol, venues d’un syndicat de planteurs. De fortes pressions exercées sur les grévistes ont conduit les agents de Bois-Rouge à envisager « des actions fortes et dures si de telles pratiques continuaient à l’encontre du personnel ».


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Témoignages - 82e année


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