Le PCR alerte sur les conséquences dramatiques d’un APE UE-Afoa ouvert aux services
8 juin, parCommuniqué du Parti communiste réunionnais
Saint-Pierre
Première expérience théâtrale pour une vingtaine de jeunes
20 octobre 2003

« Avan, mi té pran pa le tan écoute de moune. Si ou té pa dan mon san, moin té pa la ek ou », affirme Eddy. « Ca m’a aidé à avoir plus confiance en moi », ajoute Micheline tandis que Géraldine déclare : « J’ai réussi à parler à un patron sans bégayer ». Lorsqu’on les interroge, les jeunes garçons et filles qui monteront sur les planches du CNR cet après-midi parlent à leur manière de leur expérience. Mais il faut aussi savoir les regarder, les écouter pour comprendre tout le chemin parcouru. Au départ, ils avouent qu’ils se sont senti un peu « ridicules, renfermés ». Maintenant que l’expérience touche à sa fin, le groupe est plus soudé, avec un esprit d’équipe et ils sont nombreux à avouer se sentir plus ouverts, plus communicatifs…
Mais la démarche fut loin d’être aisée. Car la vingtaine de garçons et filles qui se sont embarqués dans cette aventure forment un public pour le moins disparate. Chacun arrive là avec son histoire, son vécu, ses échecs aussi. Ce passage sur les planches, cette expérience théâtrale n’est qu’un maillon dans un processus de réinsertion (voir encadré sur la SOPIA). Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils se sont piqués au jeu au point d’avouer un certain trac à l’approche du rendez-vous devant le public. Et pourtant, ils ne se sont pas attaqués à la première création venue. Avec le concours de Jean-Luc Malet et Philippe Devin, de la compagnie "les Saltimbanques", c’est carrément un texte où l’on retrouve du Baudelaire mâtiné à la sauce créole, même si l’essentiel du texte est en français. « On est d’ailleurs assez surpris de voir ce que l’on a écrit au départ et ce que cela donne à l’arrivée », explique Jean-Luc Malet qui note également que cette expérience a permis de révéler « des caractères, des personnalités ». Résultat : Ils prennent du plaisir à jouer et le communiquent. Toutefois, dans le processus de réinsertion engagé avec ces jeunes, le théâtre n’est qu’un moyen, pas une fin en soi. « Notre but n’est pas d’en faire des professionnels. Nous ne sommes pas une espèce de star academy en herbe », précise Jean-Luc Malet. Pour la petite histoire, on notera que la SOPIA fut la première à utiliser le théâtre comme vecteur d’insertion. Critiquée au départ, elles est maintenant imitée. Comme quoi, il n’est pas inutile d’avoir parfois tort trop tôt…
Avec eux sur scène, pour la première fois, un groupe de rap de la Ravine des Cabris, les "Subordélik Family". C’est l’histoire de quatre copains qui allaient ensemble au collège et qui ont en commun une passion du rap et qui ont eu envie de continuer à "tchatcher" pour le plaisir. C’est d’ailleurs pour le plaisir qu’ils se produisent dans leur quartier, avec la rue pour décor, et avec l’envie de dire leurs propres textes dans lesquels ils expriment leur vie, leur sentiment vis-à-vis de la société. « Lé kom si nou adresse a nou in moune la jamé écoute a nou. Nou parle la vi zordi, nou di fo avancé, fo pa baisse le bras… Nou, sak nou vé, sé impose le style 974… »
Ils auront l’occasion de la faire dès cet après-midi sur la scène du CNR à partir de 14 heures. L’entrée est libre et gratuite.
| La SOPIA |
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| Créée en 1989 par Hélène Vergnet, la Société pour l’insertion des adultes travaille sur un public de jeunes de 16 à 26 ans qui arrivent généralement avec un parcours de vie semé d’échecs scolaire ou familial. Tout le travail consiste donc à opérer une remise à niveau et une redynamisation sociale, en un mot, commencer par leur redonner confiance en eux-mêmes. Et pour cela, le théâtre ou les arts plastiques par exemple, constituent de bons vecteurs. Notre but, expliquent les responsables de la SOPIA, « c’est de les aider à régler leurs problèmes ». Car bien souvent, ceux et celles qui arrivent à la SOPIA cumulent les échecs et il faut tout prendre en compte pour arriver à un résultat. Par exemple, comment proposer un stage si on ne prend pas en compte d’éventuels problèmes de transport ou même de logement ? Quant à la remise à niveau, si elle passe par des matières comme le français, ou les maths, elle inclut parfois des notions d’hygiène…
Quant au taux de réussite, il se mesure a deux niveaux. D’abord, par la confiance que les jeunes reprennent en eux, à leur envie de se battre. Autre niveau : par l’envie de suivre un autre stage d’un niveau plus élevé. « On ne les perd pas de vue. Souvent, ils reviennent nous voir pour nous demander un service, taper un CV, les aider dans telle ou telle démarche. On ne refuse pas, car on veut leur montrer qu’on ne les rejette pas… » Pour Jean-Luc Malet, qui intervient pour la partie théâtrale avec son compère Philippe Devin, le fait que ces jeunes au départ timorés puissent se produire en public constitue une fierté. Mais cette réussite n’empêche pas une certaine lucidité : « Évidemment, on gonfle un soufflet avec cette question : est-ce que le système permet d’entretenir ce soufflet ? » Mais dans le même temps, mesurer la progression de ces jeunes est une satisfaction et un signe d’espoir. « Quand ils arrivent, c’est dur. Le démarrage est dur. C’est difficile de les installer dans le travail. Et ensuite, comme c’est le cas maintenant, il faut gérer la panique de la fin. D’ailleurs, les pots de départ, c’est l’horreur… » |
Communiqué du Parti communiste réunionnais
Mézami mi koné pa si étan pti marmaye zot l’avé la shanss an avoir dann zot lanvironeman in vyé méssyé otroman in vyé madam téi gate azot dizon (…)
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