À 20 heures 10 sur TPS Cinéculte : ’En route pour la gloire’

Quatre années de la vie du musicien Woody Guthrie

12 juin 2006

Film biographique américain de Hal Ashby avec David Carradine, Ronny Cox, Melinda Dillon, Randy Quaid...

1936. La grande dépression oblige des milliers d’Américains à quitter leur foyer pour rejoindre la Californie dans l’espoir d’une vie meilleure. Woody Guthrie, peintre, guérisseur, guitariste, est l’un d’eux. Pendant sa quête, Woody découvre alors le fabuleux pouvoir de la musique et sa capacité à véhiculer la révolte et l’espoir des plus démunis. Il tente alors de vivre de ses chansons, mais ses textes sont trop engagés. Puisqu’il parle des problèmes des travailleurs, il chantera pour les syndicats.

Le film que je vous propose de voir ce soir sur la chaîne satellite nous raconte quatre années de la vie du musicien Woody Guthrie, auteur d’un millier de chansons écrites en pleine "Dépression", dans les années trente. Raconter en quelques lignes l’histoire de Woody Guthrie serait une gageure, mais en survolant ses quatre années de son existence, Hal Ashby a réussi à cerner le personnage et il est vrai qu’au sortir de la projection de cette biographie, on se dit que tout n’est malheureusement pas fini. En effet, partout dans le monde, l’infamante exploitation de l’homme par l’homme se poursuit et parfois on aimerait qu’il y ait un peu plus de Woody Guthrie pour dénoncer toujours et encore l’asservissement.
Ce film, je l’ai vu encore et encore, je le reverrai ce soir car il ne prend pas une ride, il est ancien et actuel, il nous démontre le pouvoir des mots lorsqu’ils sont couplés à trois accords de guitare. Woody Guthrie était ce que l’on appelle chez nous un chanteur engagé, mais encore plus que cela, c’était un chanteur militant, il avait mis sa guitare au service des syndicats de travailleurs. Ne cherchez pas, il n’y en a plus des comme cela, le dernier est sans doute Jean Ferrat qui s’est toujours vanté d’avoir sa carte de la CGT.
Si de nos jours il n’est pas rare de voir certains artistes soutenir des causes justes, très peu sont réellement militants au sens où l’entendait Woody Guthrie. Sur l’étui de sa guitare, Woody Guthrie avait écrit : "This machine kills fascists" (Cette machine tue les fascistes), ce slogan est également le titre d’un de ses livres que je vous recommande. C’était une façon pour lui de diffuser son message de lutte au fil de ses pérégrinations, car tel est l’enseignement de ce film, mettre son talent au service des autres, au service de l’humain.
Bob Dylan, considéré par tous comme le fils spirituel de Woody Guthrie, se plaisait à dire qu’il était le juke-box de Woody Guthrie, et ce n’est pas tout à fait faux, car non seulement tout comme Maxim Le Forestier connaît le répertoire de Brassens par cœur, Dylan est la mémoire de celui que l’on surnommait "le trimardeur", de plus, il a prolongé son esprit dans sa propre œuvre.
Je terminerai en vous disant qu’à aucun moment, David Carradine ne voulut être doublé pour ce film, que ce soit pour le chant ou pour la guitare, il est vrai qu’il a lui-même débuté comme chanteur country.

Philippe Tesseron

http://www.espaceblog.fr/teletesseron/


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