Le sens des responsabilités
10 juin, parNote de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
À 10h58 sur Tempo : Service public
21 avril 2006

L’heure est à la libéralisation des services publics et à la libre concurrence, initiées depuis 15 ans par la Commission européenne. Ainsi, l’électricité, le rail et La Poste s’ouvrent au marché. Quels sont les enjeux de cette dérégulation ? Quels en sont les risques ? Est-il vraiment nécessaire de privatiser ? S’appuyant sur les analyses des nombreux protagonistes de ce changement, cette série documentaire fait le point. Cette semaine, dernier volet avec la privatisation d’EDF.
EDF, fleuron de l’économie française, s’ouvre au marché. Gilles Balbastre fait le point sur les conséquences de cette dérégulation et s’appuie sur des témoignages de partisans de la libéralisation.
"Est-ce qu’en remplaçant quelque chose qui existe et qui marche bien, on va y gagner ?", se demande Franck Borotra, ministre de l’Industrie de 1995 à 1997. Depuis plus de 50 ans en France, EDF, service public, a assuré seul et avec succès la sécurité, la sûreté de l’approvisionnement, la fabrication et la distribution de l’électricité.
Ce monopole régulé se trouve complètement bouleversé par la directive européenne de 1996 sur la dérégulation du marché de l’électricité et la loi française de 2000 de modernisation du service public de l’électricité. Une nouvelle donne qui soulève de nombreuses questions.
Bien indispensable
Comment mettre en perspective la singularité de la production et la distribution de cette "marchandise pas comme les autres" ? En effet, ce bien indispensable totalement à part et non stockable demande des infrastructures lourdes et coûteuses. Les entreprises privées seront-elles capables sur le long terme de gérer un tel produit ?
Alors que les libéraux clament une victoire idéologique, les adversaires évoquent le cas catastrophique de la Californie. Après avoir éclaté son service public en de multiples entreprises privées électriques au cours des années 90, cet État a été l’objet d’une avalanche de manipulations de la part de ces mêmes sociétés, qui ont vu dans cette libéralisation la possibilité de faire des profits colossaux.
La production d’électricité en Californie a tourné à la pénurie, des délestages l’ont plongée dans le noir en janvier 2001, l’État s’est endetté pour acheter au prix fort des sources d’approvisionnement extérieures... Et ce n’est pas tout, les Californiens ont vu leurs impôts et leur facture d’électricité augmenter considérablement !
Vers un “produit de luxe” ?
Par ailleurs, une succession de black-out dans le monde en 2003 n’a pas non plus empêché la machine européenne et française de déréguler. Que va-t-il donc se passer en France ? Qui va financer les moyens de production de demain, sachant qu’il faut renouveler les équipements et une grande partie du parc nucléaire civil ? Qui assurera la sécurité des installations ? L’électricité ne risque-t-elle pas de devenir un produit de luxe ?
Note de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
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