Un vestige de la société esclavagiste est en train de tomber
11 juin, parCourrier des lecteurs
Emploi
Le Collectif "Emplois en danger" interpelle les ministres
10 mai 2003

Au moment où l’Éducation nationale est mobilisée, tant pour s’opposer à la décentralisation - telle que proposée par le gouvernement, avec le transfert d’une partie des personnels techniques, administratif et de santé -, ou sur la question de la réforme du système de retraite, il y a une autre menace grave qui pèse sur l’école : la suppression programmée des aides éducateurs, ces contrats emploi-jeune (C.E.J.) qui travaillent depuis cinq ans, tant dans les maternelles que dans le primaire, au collège que dans les lycées.
Ces aides éducateurs n’ont, aujourd’hui, comme perspective, que le chômage. En effet, si des pistes ont été soulevées pour les jeunes travaillant dans les collectivités locales ou les associations (notamment la convention pluriannuelle ou l’épargne consolidée), la seule "alternative" (si l’on peut employer ce mot), pour les aides éducateurs aurait pu être les postes d’assistant d’éducation. Et il est tout à fait clair, depuis l’adoption de la loi par l’Assemblée nationale et le Sénat, que ces postes ne sont pas destinés aux aides éducateurs, puisque concernant quasi essentiellement, les jeunes suivant une formation à l’université ou dans des structures équivalentes.
Par ailleurs, ces aides éducateurs réunionnais n’entrent pas dans le cadre des missions confiées à la MAPREJ (Mission d’appui à la pérennisation et au reclassement des emplois-jeunes), qui s’occupe uniquement des jeunes employés par les collectivités locales et les associations. Ce n’est pas un refus de sa part, mais simplement l’application de directives gouvernementales.
Et c’est bien au gouvernement, pourtant, que revient l’obligation de pérenniser les postes occupés par ces aides éducateurs, puisqu’ils sont employés par l’Éducation nationale. Mais rien ne bouge. C’est pour ces raisons que le collectif "Emplois en danger" a interpellé, mercredi, les ministres de l’Éducation nationale (Luc Ferry) et de l’Outre-mer (Brigitte Girardin), pour leur demander une « prorogation des aides éducateurs ».
Dans ce courrier, le Collectif rappelle « la situation préoccupante des emplois-jeunes de l’Éducation nationale » à La Réunion, où ce seront « 1.832 jeunes officiant dans les écoles, collèges et lycées » qui vont se retrouver au chômage et pour près de 600 d’entre eux, dès la fin juin 2003.
Le Collectif rappelle que « lors de la venue dans notre île de Mme Brigitte Girardin, la ministre de l’Outre-mer, elle nous avait assurés que "aucun jeune ne restera sur le bord du chemin". C’est dans cette optique et dans l’urgence que nous vous demandons de proroger tous les contrats de ces aides éducateurs, le temps de trouver une solution durable ».
Devant l’inquiétude, sans cesse croissante, des jeunes, il y a donc urgence, d’où la demande du Collectif d’une réponse très rapide. Vendredi soir, aucun communiqué, aucune lettre, aucun message n’était encore parvenu au Collectif.
Courrier des lecteurs
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