L’urgence de se mobiliser pour éviter la ruine des Réunionnais dans la mondialisation
12 juin, parAPE UE-Afoa : Après la clôture des négociations entre l’UE et les pays voisins
Emploi
Manifestation des personnes en Contrat Emploi Consolidé et Emploi Jeunes du Département
24 décembre 2003

Dans le cadre de son plan d’intégration le Département a organisé en milieu d’année un examen professionnel, test d’évaluation permettant de faire un choix parmi les agents les plus compétents. Cet examen qu’ont passé plus de six cents quarante agents du Département (378 CEC et 258 CEJ) est premièrement contesté dans son organisation. Parmi les jeunes que nous avons rencontrés nombreux sont ceux qui font remarquer en premier chef que " l’examen était le même pour tout le monde quelques soient leur branche ", ou que " certains examinateur leur donnaient les réponses." Les examinés se posent aussi des questions sur la correction.
Fatiguée d’attendre des résultats qui ne venaient pas, dès lundi, une première délégation de CEC et de CEJ est venue demander les résultats officiels. Eric Hortense, l’un des responsables du mouvement nous indique que " le directeur général du département n’a pas voulu nus recevoir à l’intérieur lundi. Nous avons discuté dans la rue, nous avons demandé un rendez-vous avec le président et cela n’a pas été possible. "
C’est pourquoi ils sont revenus, plus nombreux hier matin. Un autre responsable Jean François Jebane précise : " Nous sommes venus pour discuter, pour nous informer, nous ne sommes pas venus pour casser et briser. Pourquoi avoir fait venir trois camions de CRS ? "
Et hier matin encore, il a fallu discuter pour faire entrer les employés du Département à l’intérieur du Conseil Général, ce qui faisait ironiser les manifestants sur " la grande famille départementale ", ou sur le fait que " les enfants ne peuvent plus rentrer dans leur case. " Le barreau était cadenassé avec une chaîne neuve brillant a soleil, apparemment achetée pour l’occasion.
Les CEC et CEJ finissent par pouvoir entrer chez eux. Dans la foule, certains reçoivent des coups de fils de leur directeur d’arrondissement qui tentent de faire pression sur eux pour qu’ils quittent la manifestation.
Les résultats de l’examen font apparaître que six cents personnes en CEC et CEJ n’ont pas été retenues dans le plan d’intégration, alors que 209 sont jugées très satisfaisantes. L’intégration qui devait être prioritaire pour ceux arrivés en fin de contrats, bénéficie dans certains cas à ceux qui entament seulement leur deuxième année.
Dans l’assemblée nous avons pu nous entretenir avec une dame qui totalise à son actif 11 ans de bons et loyaux services à la collectivités en tant qu’agent d’entretien, elle n’a pas été intégrée et réagit : " Avant je ne bougeait pas, mais là c’est trop fort. Là il faut être solidaire." Tout le monde, hier, parlait de magouille.
Les quatre responsables que sont Eric Hortense, Jean-François Jebane, Eric Hoareau et Jean Hugues Elizabeth, avec Monique Couderc (CGTR) et la conseillère générale Monica Govindin, ainsi que six autres manifestants ont finalement rencontré Jean-Luc Poudroux et son directeur, à onze heures, pour un entretien de trois quart d’heures dont tous sont ressortis choqués. "Il nous a dit d’aller pointer au chômage", rapportent-ils tous. Un discours expéditif pour un entretien stérile puisque toutes les questions portant sur les dysfonctionnements du concours n’ont pas trouvé de réponse. Le président rejetant toute accusation.
A l’issue Monica Govindin se pose toujours des questions : " N’est-ce pas anormal que sur la quarantaine de personnes intégrées, dix-sept soient de la commune de Saint-Leu ? N’y a t il pas eu préférence ? Même si un audit et prévu pour le début de l’année prochaine, quelles solutions pour ceux qui terminent leur contrat cette année ? L’examen est un prétexte. Certaines personnes au sein de leur service ont été victimes de menaces, les responsables indiquant qu’ils sont capables de mettre les noms qu’ils veulent et d’en retirer, d’autres subissent des pressions politiques de la part de certains élus du département. C’est révoltant de la part d’élus et de chefs de service. Nous n’allons pas en rester là, nous allons mener d’autres actions. "
Jebane Jean-François est encore plus remonté. Nous l’avons joint hier soir après le journal télévisé où il a eu la mauvaise surprise de voir l’action du matin passer à la trappe : " Nous avions tout dit à RFO Télé, ils n’ont rien mis. L’entretien avec le président n’a rien donné, il nous a roulé. Ils réfutent le dysfonctionnement de l’examen. S’il prévoit une autre liste pour 2004, il faut au moins que les deux cent personnes qui ont apporté une grande satisfaction aux épreuves soient intégrées. Le président du Conseil Général n’est pas là avec la jeunesse. Nous continuerons à nous battre, soutenu par l’ensemble des familles. Nous ne sommes pas des vers rampants, mais des hommes debout qui vont se battre pour la vérité. Nous projetons un recours devant le Tribunal Administratif".
Eric Hortense tient le même discours : " Nous nous attendions un peu à ce qui nous est arrivé. Mais le président du Conseil Général n’a pu répondre à aucune de nos questions, ni sur les dysfonctionnements, ni sur les critères qui ont guidé l’embauche d’une quarantaine de personnes. Il dit qu’il n’y a pas une quinzaine d’emplois concentrés sur sa commune de Saint-Leu, mais nous nous engageons à lui apporter des preuves. Effectivement nous irons devant le tribunal Administratif, certains ont été intégrés alors qu’ils n’ont même pas passé l’examen " Il tient à ce que nous signalons qu’il a été bousculé par une personne de la direction du Département, la même personne lui glissait que " les CEC et CEJ sont indignes d’être des agents du Conseil Général ". Bousculade que les caméras ont dû filmer, mais toujours selon lui " Poudroux a acheté la presse, il a demander à de ne rien passer. "
En résumé, pour lui, " nous avons été reçus comme les derniers des derniers. Le mouvement reprendra dès le 26 ou le 27 décembre, nous serons sur la route tant que nous n’aurons pas des réponses concrètes. "
APE UE-Afoa : Après la clôture des négociations entre l’UE et les pays voisins
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