Environnement

Reconnaissance des actions de la Région

Le Conseil régional distingué par le Ruban bleu du développement durable

17 octobre 2003

Dans un communiqué diffusé hier, la Région nous apprend qu’au nom de la collectivité, le vice-président délégué Philippe Berne a reçu le Ruban bleu du développement durable en présence de la ministre de l’Écologie et du président de l’Assemblée nationale. « Cette distinction couronne les efforts entrepris par la Région Réunion, dont l’une des traductions est, notamment, l’action de la collectivité dans le domaine des énergies renouvelables », conclut le communiqué. Nous reproduisons ci-après un texte de l’Agence Verte en collaboration avec les services de la collectivité locale réunionnaise.

Île tropicale, creuset de diversité culturelle et ethnique, La Réunion doit relever de nombreux défis : risques liés aux aléas climatiques ; ressources naturelles limitées face à la pression démographique ; précarité d’une grande partie de la population ; économie traditionnelle confrontée à la globalisation des échanges… Sous l’impulsion du président Paul Vergès, la Région s’est engagée dans un Agenda 21 régional, avec une conviction affirmée : appuyer la compétitivité de l’île sur les secteurs d’activité à forte valeur ajoutée en développement durable.
Un des premiers travaux de la Région a consisté à élaborer une gouvernance efficace, susceptible de créer une dynamique collective et de mobiliser l’ensemble des forces vives de l’île.
À 10.000 kilomètres de l’Europe, La Réunion connaît une situation paradoxale, à la fois difficile et dynamique. Sur 750.000 habitants, 415.000 sont inscrits à la couverture maladie universelle (CMU), celle qui intervient à la limite de la grande pauvreté. Cette population, qui atteindra le million en 2030, est composée à 40% de jeunes de moins de 19 ans. L’insularité vient exacerber les tensions entre un milieu naturel fragile et un espace de vie en pleine expansion, alors que le relief tourmenté ne permet d’exploiter que 20% de la surface de l’île. Parallèlement à un chômage de 36,5%, on observe une croissance supérieure à celle de la métropole (4%), un accroissement de la population active de 7.700 personnes par an, une réussite au bac de 73% (un jeune sur deux).
En 2001, la Région décide de donner des lignes directrices à son développement et engage un Agenda 21. Il s’inscrit immédiatement dans une démarche partenariale avec la signature d’une charte associant l’État, le Conseil général, l’Association des maires de La Réunion, le Conseil de la culture, de l’éducation et de l’environnement et le Conseil économique et social régional.
Quatre enjeux prioritaires sont identifiés :

- Cibler les efforts de développement pour résorber le chômage.

- Convaincre les acteurs économiques et la population de l’impérieuse nécessité de réduire la dépendance énergétique, et de la rentabilité économique et environnementale des énergies renouvelables.

- Favoriser la prise de conscience de la population sur la préservation du patrimoine naturel et culturel réunionnais.

- Conduire une politique des déplacements collectifs performants.

Un processus de gouvernance efficace

Un des premiers travaux de la Région a consisté à élaborer une gouvernance efficace, susceptible de créer une dynamique collective et de mobiliser l’ensemble des forces vives de l’île, de la phase de diagnostic à celle de la mise en œuvre.
En février 2002, les 1ères Rencontres réunionnaises du développement durable réunissent 350 Réunionnais. Un appel à participation remis au cours des rencontres mobilise une centaine d’acteurs de la société civile qui vont participer aux ateliers thématiques : habitat, construction et cadre de vie ; déplacements ; énergie ; développement économique, cohésion sociale et métiers de l’environnement ; éducation au développement durable ; co-développement durable.
Les ateliers sont composés de 15 à 20 personnes : représentants des collectivités, associations, gestionnaires d’espaces naturels, universitaires, enseignants, entreprises, représentants de l’État… Ils se réunissent toutes les trois semaines, avec l’appui technique d’un groupement de bureaux d’études. Leurs propositions sont soumises au comité de pilotage, composé des élus et des partenaires signataires de la charte aux côtés de la Région. Enfin, chaque année est organisée la Commission régionale du développement durable, rencontre d’information et d’échanges sur l’avancement de la démarche, qui réunit environ 400 acteurs de la société civile.
En août 2002, dans le cadre d’un premier point d’étape, les chambres consulaires (de métiers, d’agriculture, de commerce et d’industrie) rejoignent les partenaires fondateurs de l’Agenda 21 de La Réunion. Un protocole d’accord de coopération et de développement est conclu entre la Région Réunion et l’association Green Cross International, en particulier pour l’organisation des Dialogues de la Terre dans l’île, fin 2003, et le rayonnement au niveau de la zone océan Indien des initiatives de co-développement durable.
Jean-José Fried, professeur à l’université de Strasbourg, lors des 1ères Rencontres du développement durable, a ainsi défini le co-développement durable, un des enjeux de l’Agenda 21 de La Réunion : « Politiques et méthodes de coopération internationale qui visent, d’une part, à utiliser les compétences et l’expérience de chaque partenaire dans une approche globale, intégrant toutes les dimensions, notamment historiques et culturelles de chaque partenaire et, d’autre part, à remplacer la mentalité "assistant-assisté" en demandant à chacun de mobiliser ses propres ressources et de se responsabiliser ».

Les Rubans du développement durable 2003
« Créée à l’initiative de Dexia Crédit Local, en partenariat avec le Comité 21, l’Association des maires de France (AMF) et l’Association des maires de grandes villes de France (AMGVF), l’opération les Rubans du développement durable vise à identifier et valoriser des démarches pionnières de collectivités locales françaises dans la mise en œuvre concrète du développement durable.

Pour la première édition du concours, cinquante collectivités ont fait connaître leur démarche de développement durable. Parmi celles-ci, dix ont été sélectionnées par un comité d’experts en fonction des cinq critères pré-établis :

- l’approche globale du développement durable dans le projet ;

- la dimension participative à tout les stades et la capacité à associer les acteurs concernés ;

- les moyens mis en œuvre pour la participation et la mobilisation de l’ensemble des acteurs ;

- le caractère novateur ;

- les acquis effectifs.

Dexia Crédit Local et ses partenaires ont décerné leur distinction à : la ville d’Angers ; la ville de Lille ; la ville de Sainte Anne de la Martinique ; la ville de Valenciennes ; la communauté d’agglomération du Pays de Lorient ; la communauté de communes de Montrevel-en-Bresse ; le Conseil général de l’Hérault ; le Conseil général du Nord ; le Conseil régional Champagne Ardenne ; le Conseil régional de La Réunion.

Les partenaires tiennent à souligner la qualité de l’ensemble des projets. Les dix lauréats de cette 1ère édition des Rubans du développement durable, ont été retenus pour leur exemplarité et pour leur attention portée à la transversalité de la démarche et à sa capacité à mobiliser tous les acteurs. Ils ont également en commun leur attachement à déployer l’attractivité de leur territoire.

Pour encourager ces collectivités locales à poursuivre leur engagement et en inciter d’autres à les rejoindre sur la voie du développement durable, Dexia Crédit Local et ses partenaires lancent une collection d’ouvrages, avec un premier titre "Les territoires inventent l’avenir, Mémento du développement durable - Édition 2004" (coédité par Dexia Éditions et Victoire Éditions), dans lequel chaque initiative distinguée est présentée. Cet ouvrage sortira en novembre prochain, à l’occasion du Congrès des maires ».


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