Parution

Reconquérir la mémoire et notre patrimoine industriel

"Quartier Français, une histoire réunionnaise de 1923 à aujourd’hui"

2 octobre 2003

Océan Éditions présentait mardi un nouvel ouvrage "Quartier Français, une histoire réunionnaise de 1923 à aujourd’hui". La publication de ce livre s’intègre dans la collection "Histoire de La Réunion" qui regroupe plus d’une cinquantaine de titres.
Cette nouvelle parution a été proposé par l’auteur, Félix Torres, agrégé d’Histoire, spécialiste reconnu de l’histoire des entreprises. Il lui a fallu plus d’un an de recherches pour rassembler la documentation nécessaire à l’écriture. Archives de l’entreprise, interview des familles et des employés de Quartier Français, recherche documentaire sur l’Histoire de la canne et l’économie de La Réunion, la bibliographie montre à quel point ce travail de collationnement a été élaboré minutieusement. Félix Torres a participé au colloque qui s’est déroulé en octobre 2002 sur la filière canne. Le thème de son intervention était "L’industrie sucrière réunionnaise au 20ème siècle. "
« Comment l’industrie sucrière s’est-elle adaptée aux temps modernes ? » C’est une des questions de base de son ouvrage sur le groupe Quartier Français et ses usines. Il a voulu mettre l’accent sur le fait que « le sucre a été la colonne vertébrale de la Réunion au vingtième siècle. Aux Antilles la filière est à l’abandon, La Réunion est un miracle, elle a construit au cœur de l’océan indien une filière performante, européenne » dont l’auteur se propose de retracer l’Histoire sur un siècle. Une Histoire qui se résume en un mot : la fierté de La Réunion.
Au-delà du simple aspect industriel et économique, Félix Torres s’attache à démontrer que « l’Histoire est faite d’hommes et de femmes » à qui il a voulu rendre hommage. Il précise à propos des multiples personnes qu’il a rencontrées : « leur cœur est encore rouge de l’usine. La Réunion porte cette douleur : tant d’usines ont disparu. Ce travail de mémoire devait être fait ». Et beaucoup reste encore à faire, Félix Torres imagine que le même genre de travail peut-être fait autour d’une vingtaine d’usines, aujourd’hui à l’abandon.
La préface du livre a été confiée à un autre historien qui a aussi travaillé sur la canne : Sudel Fuma. Ce dernier confiait avoir pris « un énorme plaisir à faire la préface » pour la raison identitaire tout d’abord. Il se félicite qu’un groupe industriel ait financé une publication historique, et laisser l’historien pénétrer dans ses archives. Il notait que ce livre permettait entre autres « une reconquête d’une mémoire visuelle et iconographique ». Le soin de la collecte de documents est revenu à François-Louis Athénas.
Ce beau livre pose la question de la relation que nous avons avec notre patrimoine industriel. L’usine a toujours été un lieu central à partir duquel s’est structuré l’agglomération, la vie. C’est un élément de l’identité réunionnaise. Dans ce domaine tout est à commencer.


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