Un vestige de la société esclavagiste est en train de tomber
11 juin, parCourrier des lecteurs
Cinéma
"Zouk, Mariage et Ouélélé !!!" de Julius-Amédée Laou
27 septembre 2003

Les compliments ne manquaient pas pour saluer la projection de "Zouk, Mariage et Ouélélé !!!", film de Julius-Amédée Laou, projeté mardi soir à l’université, dans le cadre du Festival des Films d’Afrique et des Îles.
Julius-Amédée Laou est un Martiniquais né à Paris. Il est directeur de la société de production Caribean media arts et a été membre pendant deux ans (1992-1993) de la Commission d’aide à l’écriture audio-visuelle du Centre national de la cinématographie. Il a suivi des études d’architecture à l’École nationale supérieure des beaux-arts avant de s’adonner activement à ses deux passions : le théâtre et le cinéma. Il compte six ou sept pièces à son actif. Publié, joué, il est aussi l’auteur de quatre films. Un premier court-métrage en 1984 intitulé "Solitaire à micro ouvert" a été primé deux fois à la première Mostra internationale du cinéma de Venise et aux Journées cinématographique d’Amiens. Le film a été diffusé deux fois sur Antenne 2.
Puis, logiquement, il est passé au moyen-métrage avec Greg Germain, en réalisant "Mélodie de brumes à Paris" en 1985. Son premier long-métrage "La vieille quimboiseuse et le majordome" suivait deux ans plus tard. Le film a obtenu le Prix de la réalisation au Festival de la Francophonie en 1987, il est resté trois mois en salle à paris, et a été diffusé sur la chaîne de télévision britannique Channel 4, avant d’être édité en vidéo cassettes.
"Zouk, Mariage et Ouélélé !!!" est donc son deuxième long-métrage. (Voir encadré) Encore en montage, il a été présenté en exclusivité au Festival Cinamazonia le 25 novembre 2002, et une nouvelle fois à La Réunion, dans le cadre du Festival d’Afrique et des îles, au Port, et aussi à l’université.
Le film devrait sortir officiellement le 17-18 octobre en avant-première au 7 Parnassiens. La famille Sainte-Lucie dont nous allons partager toute une journée, et connaître toute la vie, est d’origine martiniquaise et vit à Paris depuis plusieurs générations. Nestor et Clarisse marient leur fille à un jeune blanc. Le film interroge le phénomène antillais dans un premier temps, soulève les questions de l’identité, du racisme, avant de s’ouvrir sur un phénomène de société contre lequel Julius-Amédée s’insurge : la banalisation de la pornographie, la dévalorisation de la femme. Comment grandit, vit et souffre une femme dans un monde où elle n’est qu’un objet de consommation, qu’un proie, que de la viande. Où se cache l’amour ? Julius-Amédée Laou sonde l’esprit masculin dans ses coins les plus sombres.
L’auteur et réalisateur nous offre un film plein de cœur, de vérités, et met en scène nos contradictions. Il pose le problème de l’éducation sexuelle de nos enfants et en particulier de nos garçons.
Le film est construit de manière très intelligente et surprenante, l’attention grandit avec le déroulement de l’histoire. Les images qui sont données aux spectateurs sont filmées par la caméra du frère d’Anazinga, ensuite portée par sa sœur et aussi par sa mère. Cette intrusion au sein de la famille fonctionne à merveille et participe, aux moments critiques du film, à grandir l’émotion forte que contiennent les séquences. À vrai dire, cela fonctionne si bien, que le film n’a plus l’air d’une fiction, mais d’un témoignage.
| "Zouk, Mariage et Ouélélé !!! |
|---|
| On marie une fille chez les Sainte-Lucie, une famille d’origine antillaise mais parisienne depuis trois générations, on marie Anazinga, la fille de Nestor et de Clarisse, et c’est l’occasion pour toute la famille Sainte-Lucie de se réunir, les frères et les sœurs, les oncles et tantes, les cousins, tous sont réunis autour de Grand-mamé et Grand-papé, les grands-parents qui président la fête.
Grand-mamé et Grand-papé sont des octogénaires vigoureux, Martiniquais, arrivés à Paris en 1936… La fête bat son plein quand soudain une visite surprise : c’est le grand Gégé, l’ex de la mariée qui fait son apparition… sa présence crée un beau chaos familial, chamboulant les esprits, perturbant la fête… Tous se disputent, on lave son linge sale… on se souvient, on se reproche… les rancunes les rancœurs refont toutes surfaces, mais heureusement… Grand-mamé et Grand-papé sont là pour redonner leurs vraies valeurs aux choses. |
Courrier des lecteurs
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