Saint-Pierre

« Rendre des comptes, expliquer qui nous sommes et ce que nous faisons »

Parution du rapport annuel sur l’état de l’environnement dans les TAAF

8 octobre 2003

C’est maintenant un rendez-vous annuel bien établi : depuis quatre ans, l’administration des Terres australes et antarctiques françaises (TAAF) publie son rapport annuel sur l’environnement dans ces territoires lointains et glacés. « Tout le monde n’y va pas. C’est loin et cela coûte cher. Nous pourrions y faire des bêtises, personne ne serait au courant. Mais nous devons rendre des comptes, expliquer qui nous sommes et ce que nous faisons », estime François Garde, administrateur supérieur des TAAF. Comme les précédents, ce 4ème rapport annuel est une véritable mine d’information sur ces îles lointaines dont les noms comportent une part de rêve : Crozet, Amsterdam, Saint-Paul… Un rapport qui, souligne François Garde, se situe entre le rapport scientifique et la brochure d’agence de voyage.
« Les TAAF jouent un rôle important pour l’avenir de notre planète », écrit en préface Brigitte Girardin, ministre de l’Outre-mer, qui fut en son temps administratrice supérieure des TAAF. Et elle ajoute : « Préservées longtemps de toute activité humaine, parce que découvertes récemment, elles ont connu pourtant aux 19ème et 20ème siècles une période d’occupation humaine qui a entraîné des modifications de leurs écosystèmes. Aujourd’hui, elles sont devenues de véritables laboratoires naturels de l’évolution. Elles accueillent en effet, depuis l’implantation permanente de bases dans les années 50, des recherches indispensables à la sauvegarde de l’environnement ».
C’est ainsi que tout au Sud, en Antarctique, l’archipel de Pointe Géologie bénéficie d’une mise à jour du plan de gestion. Lequel poursuit trois objectifs. En premier lieu, éviter toute perturbation de la zone liée à la présence humaine aux alentours de la base. Ensuite, éviter une perturbation liée au tourisme. Ce n’est pas que les tours operators y déversent des charters, mais même les quelque 335 touristes qui ont débarqué sur la base de Dumont d’Urville entre 1995 et 2001 peuvent avoir des conséquences. Enfin, troisième objectif : permettre aux scientifiques d’effectuer des recherches qui ne peuvent être réalisées ailleurs.

Le phylica, seul arbre dans les TAAF..

Autre lieu, autres études : sur l’île d’Amsterdam, où l’on étudie la composition des basses couches de l’atmosphère. Si l’on dit que les rares humains vivant dans l’île y respirent "l’air le plus pur du monde", l’endroit est idéal pour se livrer à un certain nombre d’observations. Ainsi, on se rend compte que les conséquences d’un feu de savane en Afrique s’observent quelques jours plus tard, cinq mille kilomètres plus loin, dans l’atmosphère d’Amsterdam. Ce qui fait dire à François Garde que ce type d’observation scientifique permet de mieux comprendre les problèmes globaux.
Si l’humain, par sa présence, par son activité, a contribué à dégrader l’écosystème, il arrive qu’il mette en œuvre des moyens pour réparer ses bêtises. Ainsi, depuis une quinzaine d’années, deux programmes ont été mis en place avec comme but d’éradiquer la présence de… vaches dont la prolifération et le piétinement ont contribué à la raréfaction du phylica, le seul arbre présent dans les TAAF. Grâce au programme mis en place il y a une quinzaine d’années, le phylica a pu être sauvé et n’a désormais plus besoin de l’intervention humaine pour repousser… « En 1988, c’était un combat désespéré. Mais c’est avant tout une question de volonté, de crédits publics et de volonté politique. Même chose pour la mortalité des oiseaux, un phénomène inquiétant, lié à la pêche, notamment par le passage de la palangre au chalut. Il va sans dire que si la pêche illicite, plaie des eaux des TAAF, y est pour beaucoup, même la pêche licite n’est pas exempte de tout reproche. Même s’il est difficile d’avoir des chiffres fiables, le phénomène est inquiétant ».
Enfin, parmi la foultitude de sujets abordés dans ce 4ème rapport sur l’environnement des TAAF, on lira avec attention un article sur la réserve naturelle de l’île Mac Quarie. Une île australienne proche de la Tasmanie.


Signaler un contenu

Un message, un commentaire ?


Témoignages - 82e année


+ Lus