Un vestige de la société esclavagiste est en train de tomber
11 juin, parCourrier des lecteurs
Mémoire historique
La conclusion de 20 mois de travaux de restauration
28 avril 2003

Vendredi avait lieu à Villèle la réouverture de la Chapelle pointue. Cette cérémonie a conclu un chantier de restauration d’une durée de 20 mois, qui vise à redonner à l’édifice religieux son aspect original.
Construite par des esclaves entre 1841 et 1843 à l’initiative de Mme Desbassyns, la Chapelle pointue de Villèle a depuis subi les assauts du temps. Déjà en 1932, un cyclone ravage la Côte Ouest, au passage, il détruit totalement l’édifice. Reconstruite de 1932 à 1933, elle est classée monument historique. Elle est gérée depuis 1978 par le Département. Le chantier a démarré le 19 juin 2001, il s’est achevé en février dernier pour une durée de 20 mois. 962.000 euros ont été nécessaires, 40% ont été pris en charge par la DRAC.
La reconstruction de 1932 n’avait pas permis de reconstituer la chapelle à l’identique. La restauration visait cet objectif. Elle a été l’occasion de nombreuses recherches préalables. Les études ont été réalisées par l’architecte en chef des Monuments historiques, Vincent Brunell, et l’architecte des Bâtiments de France, Gabriel Jonquères d’Oriola.
La rénovation complète de la chapelle a donc été décidée avec toutes les précautions de conservation quant a l’intérêt architectural, historique et religieux de l’édifice. Pour ce type d’opération, il convenait de recourir au professionnalisme et au savoir-faire de plusieurs corps de métiers (charpentiers, couvreurs, bardeautiers, maçons…) offrant une main d’œuvre hautement qualifiée et spécialisée, qu’il n’est pas aisé de trouver à La Réunion.
Peu d’entreprises réunionnaises ont une qualification Monuments historiques. Sur ce chantier, seules deux d’entre elles (Asselin et SMBR) ont pu intervenir. Pour les autres entreprises, il s’agissait d’une première expérience. Pour la peinture, la sous-traitance a été confiée à un spécialiste, Gilles Lefort.
La réalisation de la couverture de la flèche, compte tenu de sa verticalité, relevait du défi. Des fissures profondes existaient au droit de l’ensemble des ouvertures dans les parois de la rotonde, consécutives à des poussées de charpente en tête des murs du fait de l’absence d’entrait (pièce horizontale qui compose la base d’une ferme de charpente). Il a donc été nécessaire de consolider l’ensemble par la réalisation d’une arase en béton armé.
La restauration de la charpente du porche, du fait de son état très dégradé et d’une mauvaise conception a l’origine, n’a pu intégrer les éléments d’origine.
Pour la réalisation de la couverture de la rotonde, il s’agissait d’obtenir un égout circulaire et non polygonal ou à pan.
La restitution de la lanterne (tambour) dans son état d’origine, proposée initialement en option, n’a pu être maintenue en raison des problèmes d’étanchéité rencontrés au niveau des châssis vitrés.
Un artisan de L’Etang-Salé les Hauts, M. Lallemand, a réalisé un ensemble de sièges et fauteuils à partir d’un modèle ancien afin de remplacer les bancs existants, mis en place dans les années 1970, jugés inesthétiques, inconfortables et disproportionnés.
La restauration d’un ensemble de statues en plâtre et fonte polychrome dont l’histoire est étroitement liée à la construction et reconstruction de la chapelle pointue a été confiée à Arts & Bâtiment, entreprise spécialisée dans la conservation et les travaux de restauration d’œuvres d’art.
Le travail de restauration des statues de saints qui se trouvent dans la chapelle constitue l’une des nombreuses opérations complémentaires et indispensables entreprises dans le cadre plus général de restauration et de remise en valeur du sanctuaire et de son mobilier.
Par ailleurs, le confessionnal a été également restauré.
Un projet important de la restauration sera la réalisation d’un circuit audioguidé en trois langues (français, créole et anglais). Il vise à donner aux visiteurs toutes les informations nécessaires sur l’histoire de la chapelle, les personnes inhumées dans le sanctuaire et l’originalité de l’architecture. Le Département prévoit aussi la production d’un film documentaire, la publication d’un ouvrage intitulé "D’une chapelle à l’autre" et la création d’une animation "Anamorphose" sur la chapelle pointue : "Flore vitae".
Courrier des lecteurs
Mézami , néna par-la dë somenn in sèrtin prézidan zétazini la di dann in konféranss de press li lé dakor pou ashté bannzil chagos mé sa sé in (…)
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