Un vestige de la société esclavagiste est en train de tomber
11 juin, parCourrier des lecteurs
5 avril 2008

RFO est née il y a 25 ans et en ce quart de siècle, les techniciens de la station du Barachois sont passés à la cassette au numérique et comme nous le rappelle Gérald Prufer patron de RFO Réunion, auparavant c’était le film 16 millimètres. Tout d’abord, il y a eu en 1974 l’éclatement de l’ORTF en 7 sociétés distinctes dont FR3 et les radios et télévisions de l’Outre-mer ont été regroupées au sein d’une délégation dépendant du siège de la “chaîne des Régions”. Puis en 1985, FR3 Dom-Tom devient RFO. La Radio Télévision de l’Outre-mer dispose désormais de son budget propre. Et c’est cette date qu’il faut retenir : 1985 qui scelle un début d’autonomie, du moins c’est que l’on aurait pu croire ! Mais tout de même, à part quelques esprits chagrins, nul ne peut nier que la naissance de RFO a ouvert la voie à une plus large liberté d’action des télévisions d’Outre-Mer.
25 ans pourquoi faire ? Certes on ne va pas revenir sur le poids des journaux télévisés qui ont été pendant de nombreuses années auto censurés, on ne va parler de ce qui fâche, mais plutôt de ce qui marche, car RFO est une formidable machine au service des Réunionnais et si votre serviteur critique copieusement la vieille dame du Barachois dans ses chroniques, c’est parce qu’il part du vieil adage : “Qui aime bien châtie bien” ! Il ne faut pas oublier que RFO a une mission de service publique et que lorsque le service public ne remplit pas son cahier des charges et ne fait pas son devoir, il est normal de dénoncer ces manquements. Alors je pourrai partir sur les nombreux discours d’auto-congratulation qui sont faits par l’ensemble de la direction de cette chaîne de télévision ou bien rapporter tout ce qui s’est dit lors du déjeuner de presse qui s’est tenu ce jeudi, je ne sais pas si cela serait bien utile, mais vous trouverez tout de même en encadré le petit édito dont nous a gratifié Gérald Prufer, Directeur Général de RFO Réunion, édito qui au demeurant est assez représentatif de ce qui fait que les 25 ans du service publique audiovisuel de l’Outre Mer mérite que l’on s’y attarde.
RFO fait partie de l’histoire de La Réunion.
Ce texte de Monsieur Prufer est plus ou moins bateau, non pas au sens péjoratif du terme, mais simplement parce qu’il aurait pu être écrit pour n’importe lequel anniversaire de n’importe laquelle des entreprises de médias réunionnais.
Pouvons-nous dire à “Témoignages” que 25 ans ce n’est rien dans la vie d’un media alors que cela fait plus de soixante ans que notre quotidien sort chaque jour que Dieu fait ? On peut ne pas être toujours d’accord avec RFO et dans les colonnes de “Témoignages” on ne se prive pas de le faire savoir, mais la vieille dame du Barachois est imbriquée dans notre histoire, même si l’on doit remonter à la défunte ORTF. Pas un caillou, pas une poussière, pas un bol d’air de ces locaux du front de mer qui ne sont les larmes, les rires, les joies et le sang des Réunionnais. Dans les couloirs si cela ne sent plus “L’odeur acre du labo” comme se souvenait Gérald Prufer, ça sent toujours l’histoire de notre île !
Je crois que RFO aurait pu pour cet anniversaire associer son plus vieil ennemi le journal “Témoignages”, car c’est des manquements de sa rédaction que naît la nécessité d’une presse d’opinion.
Je ne tarirai pas de superlatifs pour qualifier la station du Barachois, mais je ne serai pas non plus en reste de critiques ! Pourquoi me direz-vous tenter de voir des similitudes entre notre journal et RFO ? Parce que ces deux médias ont accompagné l’histoire de La Réunion et que ces deux médias sont détenteurs d’une mémoire aussi bien physique que morale.
Lorsqu’un chercheur ou un curieux (Parfois c’est le même) cherche a approfondir l’histoire de notre Île, vers où se tourne t-il ? Vers la télévision ou bien vers “Témoignages”. Avec pas moins de cinquante mille heures de programmes filmés sur La Réunion, dans ses archives, RFO est avec « Témoignages » une mine pour l’histoire contemporaine de notre île.
Pourquoi le site Internet de “Témoignages” reçoit-il plus de cinq mille visiteurs jour avec dix mille pages consultées ? Seraient-ce des amateurs de faits divers scabreux qui naviguent ainsi sur la toile ? Ou bien des milliers de fidèles, qui à travers le monde, soutiennent notre journal ? Bien entendu, il y en a mais le gros des troupes ce sont les chercheurs et ceux qui sont intéressés par l’histoire de notre île. Le site de “Témoignages” est une grande source d’information consultable gratuitement sur le Web avec pas moins de 28.720 articles en ligne !
Mais ce ne sont pas les seules spécificités qui font que ces deux médias sont parallèles, il y a également le personnel et cela je l’ai ressenti dans l’intervention de Rémy Stang-Sin-Sun le responsable des programmes de la station du Barachois lors du point presse de jeudi. Monsieur Stang-Sin-Sun nous a dit en substance : Il reste une volonté, une manière de la dire, une expression différente de la métropole, RFO doit être le vecteur de cette différence, vecteur de notre créolité et doit porter cette créolité et la transformer en nouveau mouvement humaniste.
Lorsque que comme moi, on fréquente la station du Barachois, même épisodiquement, on ressent les besoins du personnel de cette station d’être relié au monde créole, car ce sont des femmes et des hommes qui aiment à penser qu’ils servent leur île en s’impliquant dans ce média.
On ne peut que souhaiter un bon anniversaire à RFO et surtout faire attention que cette entité, même si elle n’est pas parfaite, perdure.
Edito de Gerald Prufer
Il y a 25 ans j’avais 25 ans et j’étais là.
L’odeur acre du labo flottait encore dans les couloirs, nous passions du film au BVU.
Et nous gagnions du temps sur le temps en lançant la course contre le temps,
Je le savais.
Il y a 25 ans la K7 remplaçait le 16 millimètre.
C’était la révolution, la mort du Clap, des chutiers, des colleuses, des tables double bandes et des monteurs en gants blancs
Je le savais.
Il y a 25 ans nous étions 4 à l’Actu. Indissociables.
Les 504 break , les ID à suspension hydraulique nous conduisaient sur tous les théâtres d’opération
Les gens étaient heureux de nous voir arriver, nous les seigneurs de l’info.
Je le savais.
Il y a 25 ans il n’y avait qu’un rendez vous, qu’une seule grand messe, le soir à 19h30, sans prompteur, sans filet,
Il fallait apprendre par cœur son jt.
Je le savais.
Les choses évoluaient très vite, c’était dans l’air du temps et tous les jours la Technologie grignotait les distances et révolutionnait nos métiers.
On avançait, on évoluait, on digérait tout, fier d’appartenir à RFO, service public au service du public en outre-mer.
Je le savais.
De Mahé à Garnier , de Fort de France à Mata Utu, des 30 mètres d’image de ma BELL HOWELL à l’image numérique de la P500 HD
Du bateau qui transportait les K7 de programmes à la transmission par satellite
De la copie BCN en station à la diffusion en direct depuis Malakoff,
Du Nagra au téléphone portable, du ruban rouge et noir de ma JAPY (machine à écrire pour les nouveaux) au clavier de mon ordinateur,
De la Radio à la Télé, de la Télé à Internet, tout a changé, tout est allé si vite... en 25 ans.
Je le savais.
Dans 25 ans je ne serai plus sur le pont.
Je le sais.
Mais je sais aussi, 25 ans plus tard, qu’on ne sait jamais jusqu’où on ira.
Courrier des lecteurs
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Messages
11 septembre 2011, 22:06
je cherche un petit mot sur mon papa HENRI LAMOUR , dommage pas trouvé . Sigrid lamour
8 octobre 2012, 09:09, par JEAN MARC
Bonjour, Oui, Sigrid, je me souviens bien de ton papa, voix magnifique, j’ai appris sa mort malheureusement, je l’écoutais tout le temps, surtout quand il disait la météo, et à la fin de son bulletin, j’attendais qu’il disait : Pour Information, Une dépression tropicale est née aux environs de ile St-Brandon etc etc . . . J’aimais à l’époque les cyclones. LOL Bon courage à toi et à ta petite famille.