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Dans l’Est
Jean-Claude Fruteau juge le bilan de Bertho Audifax après deux années d’exercice
8 mars 2003

« Jusqu’à présent, nous avons été cool, mais dorénavant, nous ne laisserons rien passer ! » Entouré d’élus socialistes bénédictins et de militants, Jean-Claude Fruteau donne le ton. Ainsi, alors que la majorité municipale conduite par Bertho Audifax va entamer le troisième exercice de sa mandature, il est temps, estime l’opposition, de montrer de quoi cette municipalité est vraiment capable. Ou plutôt de quoi elle est incapable, si l’on en juge par le bilan que trace Jean-Claude Fruteau sur l’action de la majorité municipale depuis son arrivée aux affaires en mars 2001.
Pour Jean-Claude Fruteau, le bilan de la municipalité de Bertho Audifax peut se résumer ainsi : une première année à démolir systématiquement ce qui a été élaboré par la municipalité précédente, à expédier aux oubliettes des projets structurants, prenant en compte le développement à moyen et long terme de la commune… Une première année durant laquelle plusieurs projets ont soit été mis sous le coude, soit… sont partis dans les communes voisines.
Quant à la deuxième année, elle pourrait se résumer par la formule « machine arrière », avec la reprise de certains projets. « Faute d’avoir des idées, on reprend les projets de la municipalité précédente, projets qui avaient pourtant été combattus du temps ou ils étaient dans l’opposition », fait remarquer l’ancien maire de Saint-Benoît.
Parmi les projets qui ont été mis sous l’éteignoir, citons en vrac le pôle bois avec la nouvelle scierie de l’ONF, qui risque d’échapper à Saint-Benoît, le stade des eaux vives, qui pourrait bien être implanté à Saint-André ou à Sainte-Suzanne. Sur ce dossier, Jean-Claude Fruteau estime que si c’est Sainte-Suzanne qui est choisie, « cela voudrait dire que mon ami Maurice Gironcel aura bien travaillé. Mais les eaux vives, l’idée, le concept, c’est nous qui les avons lancés, et notre projet était d’aller plus loin pour une mise en valeur d’un atout de notre commune au plan sportif, touristique et en termes d’aménagement du territoire… ».
« Pourquoi les projets initiés par la précédente municipalité ont-ils été rejetés ? Pourquoi avoir perdu deux ans ? Parce que c’étaient des projets d’une municipalité de gauche ? » s’interroge Jean-Claude Fruteau.
Par exemple, lorsque le personnel du Conservatoire national de Région se plaint des conditions dans lesquelles il travaille, Bertho Audifax porte une part de responsabilité, pour n’avoir pas donné suite au projet de salle de spectacle de 600 places, dont le financement fut décidé par le président Pierre Lagourgue… dont Bertho Audifax était colistier à la Région à l’époque ! Et si aujourd’hui le projet est toujours au point mort, la municipalité en porte l’entière responsabilité, souligne Jean-Claude Fruteau.
Personnel communal sous pression
Bref, aux yeux de l’opposition, la majorité actuelle se montre incapable d’élaborer le moindre projet, se contentant de reprendre ceux initiés par l’équipe précédente… après les avoir mis aux oubliettes pendant deux ans ! « Je suis inquiet, Saint-Benoît recule », déplore Jean-Claude Fruteau.
Autre sujet d’inquiétude : la fermeture programmée du commissariat de police. « Saint-Benoît possède un commissariat qui était partagé avec Saint-André. Bientôt, la ville de Saint-André aura un commissariat pour elle toute seul et plus rien pour Saint-Benoît », note pour sa part l’ancien maire Philippe Leconstant.
Faisant allusion à un communiqué paru dans la presse suite à la visite de Jean-Pierre Raffarin - communiqué dans lequel Bertho Audifax s’auto-attribue le mérite de la mesure relative au relèvement du plafond de la CMU -, Jean-Claude Fruteau ironise : « S’il a le bras si long, qu’il agisse, que Zorro retrousse ses manches ». Le conseiller général de Saint-Benoît ne se prive pas de rappeler que dans le passé, à trois reprises - dont deux fois sous un gouvernement de gauche -, le commissariat de Saint-Benoît avait failli disparaître, et qu’il était alors monté au créneau…
Personnel communal sous pression, projets abandonnés - « Vous n’êtes pas près d’entendre parler à nouveau du troisième pont sur la rivière des Marsouins », note Jean-Claude Fruteau -, autant de choses qui amènent un jugement des plus cinglants : « Quand on n’avance pas, on recule ! ». Et de conclure : « Au train où vont les choses, si la municipalité met quelque chose en chantier, elle risque d’avoir la désagréable surprise de le voir inauguré par quelqu’un d’autre ! »
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