L’urgence de se mobiliser pour éviter la ruine des Réunionnais dans la mondialisation
12 juin, parAPE UE-Afoa : Après la clôture des négociations entre l’UE et les pays voisins
Société
Après la disparition de l’ORPH, le CRIPH dans la tourmente
14 novembre 2003

Après la disparition de l’ORPH (Office réunionnais des personnes handicapées), c’est désormais le Comité régional pour l’insertion des personnes handicapées (CRIPH) qui est dans la tourmente. Depuis lundi, les 70 Auxiliaires de vie scolaire (AVS) que compte l’association ont débrayé pour manifester leur inquiétude quant à leur devenir professionnel.
Il paraît que 2003 aura été l’Année européenne des handicapés. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’à La Réunion, ceux qui souffrent de handicaps physiques ou mentaux n’auront pas été à la fête. Ou plutôt, sans verser dans le cynisme, "on" leur aura fait leur fête, au sens le plus vil du terme.
Ainsi, après la disparition de l’ORPH (Office réunionnais des personnes handicapées) pour les raisons que l’on sait, c’est désormais le Comité régional pour l’insertion des personnes handicapées (CRIPH) qui est dans la tourmente. Depuis lundi, les 70 Auxiliaires de vie scolaire (AVS) que compte l’association ont débrayé pour manifester leur inquiétude quand à leur devenir professionnel.
Cependant, comme le souligne une des AVS que nous avons rencontrés hier, ce mouvement de protestation poursuit deux objectifs : protester contre la passivité, pour ne pas dire l’indifférence des pouvoirs publics face à la perspective d’une chômage annoncé. Mais aussi sensibiliser les parents, dont les enfants handicapés risquent de se retrouver sans aucun soutien, si aucune solution n’est trouvée.
Or, avec ses 70 AVS et ses trois encadrants, le CRIPH s’occupe de 260 enfants handicapés dans tout le bassin Sud, une zone comprise entre Saint-Joseph et Saint-Louis en passant par Saint-Pierre et l’Entre-Deux. Des enfants scolarisés de la maternelle au CM2.
Pour Daniel Sautron, du Collectif Emplois en Danger, le risque que les 70 AVS du CRIPH restent "sur le bord du chemin" est réel. Pour lui, il faut d’ores et déjà penser à des solutions de rechange, à un véritable reclassement des AVS du CRIPH. D’autant que le travail ne manque pas !
Au passage, Daniel Sautron rappelle que quand on veut, on peut. Il s’appuie en cela sur les discussions qui ont amené au reclassement des 27 AVS de feu l’ORPH dans d’autres structures, où ces jeunes gens, disposant d’une expérience et d’une formation, continuent à s’occuper d’enfants handicapés. « Aujourd’hui, le CRIPH se retrouve en redressement judiciaire, nous interpellons dès maintenant les pouvoirs publics », affirme Daniel Sautron qui souhaite que ces derniers n’attendent pas qu’il soit trop tard pour réagir.
Olivier Hon-Sui est AVS au sein du CRIPH. Il s’occupe notamment d’un enfant trisomique, ce qui nécessite une approche et un savoir-faire que l’on ne peut confier au premier-venu. Or, fait-il remarquer, ces AVS, emploi-jeunes avec le statut d’aide-éducateur, seront remplacés par une petite poignée d’assistants d’éducation sans aucune expérience dans le monde du handicap. En clair, les AVS en poste connaissent leur travail, ont créé des liens avec les enfants dont ils s’occupent, et dans sa grande mansuétude, le Gouvernement, après avoir tranché à la tronçonneuse dans le nombre d’emplois-jeunes, s’apprête à mettre en place, en nombre notoirement insuffisant, d’autres jeunes dont les missions seront les mêmes, mais en ayant simplement changé leur appellation et en leur faisant effectuer un grand saut dans l’inconnu !
Une autre emploi-jeune fait remarquer qu’au cours de différentes réunions avec les autorités publiques, il leur avait été demandé de s’inscrire par le biais d’internet pour postuler à ces fameux posters d’assistant d’éducation. Mais depuis, rien, silence radio ! « On a demandé un rendez-vous au préfet, on attend ».
Pourtant, fait remarquer Olivier Hon-Sui, parmi ces AVS qui risquent de se retrouver "sur le bord du chemin", ils sont nombreux à s’être formés dans leur domaine d’activité, comme aide médico-psy, par exemple. Pour Daniel Sautron, du Collectif Emplois en Danger, le soutien de son mouvement est tout acquis aux AVS du CRIPH qui se battent aussi bien pour leur emploi que pour les enfants dont ils s’occupent. Et les AVS préviennent : ils ont entamé un débrayage depuis lundi et ce mouvement durera jusqu’à ce qu’une solution soit trouvée. Et ils se disent prêts à mener différentes actions pour se faire entendre et faire entendre la voix des sans-voix, des enfants handicapés dont l’intégration en milieu scolaire a du plomb dans l’aile, n’en déplaise aux discours ronflants et aux catalogues de bonnes intentions auxquels ont a droit en cette Année européenne du handicap…
| Le CRIPH ou la chronique d’une mort annoncée… |
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| Créé en 1987, le Comité régional pour l’insertion des personnes handicapées (CRIPH) a travaillé longtemps en partenariat avec le CCAS de la municipalité de Saint-Pierre. En 1999, toujours avec le soutien du CCAS, l’association se lance dans de nouvelles actions d’insertion, avec non seulement l’accompagnement et le soutien scolaire, mais aussi l’organisation et l’encadrement de centres aérés, avec également le soutien du contrat enfance de la CAF. Autre action mise en place par le CRIPH : l’insertion de personnes handicapées qui jusque-là ne pouvaient prétendre à une place en Centre d’activité par le travail (CAT), faute justement de places disponibles, et qui ne pouvaient non plus prétendre à une insertion dans le monde économique, contrairement d’ailleurs aux textes en vigueur… C’est ainsi qu’avec le soutien de la Région dans le cadre du dispositif "emplois verts", le CRIPH se lance dans des chantiers comme la réalisation du parc de la ZAC Bank, sous l’égide de la SEDRE ou du parc des Casernes, avec la Municipalité de Saint-Pierre. Jusque-là, tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles avec, faut-il le souligner, un budget équilibré. |
| Changement après mars 2001 |
| Et puis il y eut les élections de mars 2001 et le changement à la tête de la Municipalité de Saint-Pierre. À partir de cette date, explique Gilbert Bigot, président du CRIPH, tous les contrats, tous les partenariats ont été dénoncés par la nouvelle Municipalité de Saint-Pierre : « pratiquement du jour au lendemain, nous nous sommes retrouvés sans activités, sans chantiers, sans subvention et nous sommes mêmes retrouvés à la rue, puisque nous avons dû quitter les locaux mis à notre disposition par la précédente municipalité ». Vaille que vaille, avec des comptes encore sains, le CRIPH se replie à Grand-Anse, sur un domaine de 7 hectares, loué à la SEMADER. L’association retape un hangar pour en faire des locaux et tente de redéployer ses activités en s’orientant par exemple vers le traitement des déchets verts pour le compte de la Communauté des communes du Sud, mais le mal était fait, et l’équilibre financier déjà bien compromis.
Aujourd’hui, Gilbert Bigot s’interroge : « fallait-il tout arrêter parce que nous n’avions plus les financements nécessaires ? Fallait-il licencier nos AVS et laisser les enfants sans accompagnement ou tenter malgré tout de continuer en comptant sur la sollicitude et la compréhension des pouvoirs publics ? » D’autant que les difficultés ont été exposées à la DRASS, à la préfecture, poursuit Gilbert Bigot. Aujourd’hui, le CRIPH se trouve en situation délicate, avec un passif d’environ 700.000 euros, composé pour l’essentiel de cotisations dues à la Sécurité sociale. |
| 24.000 euros… que le CRIPH attend toujours |
| Parallèlement, l’an dernier, le Conseil général donnait son accord pour une subvention de 48.000 Euros qui, au fil des mois est retombée à 24.000 euros… que le CRIPH attend toujours. Autrement dit, "on" aurait voulu étrangler le CRIPH que "l’on" ne s’y serait pas pris autrement. Aujourd’hui, placé en redressement judiciaire sur assignation de la CGSS, le CRIPH entend bien présenter un plan de redressement, montrer que ses activités sont viables. Mais surtout, ce que le CRIPH entend démontrer, c’est qu’il remplit une véritable mission de service public. « Quand il y a le feu dans une maison, est-ce qu’on va attendre la création d’une caserne de pompiers pour éteindre l’incendie ? », s’interroge Gilbert Bigot, qui rappelle par ailleurs que, depuis sa création, le CRIPH s’est occupé de centaines de handicapés. Parmi les missions remplies par le CRIPH, il y a ce partenariat avec l’unité psychiatrique de l’Hôpital de Saint-Pierre, dans le cadre duquel une quinzaine de patients sont pris en charge dans une démarche de réinsertion. Dans cette chronique d’une disparition annoncée, cette réinsertion comme l’accompagnement scolaire des handicapés aurait du plomb dans l’aile. En pleine Année européenne du handicap, ça la fiche mal… |
APE UE-Afoa : Après la clôture des négociations entre l’UE et les pays voisins
Mi koné pa kossa zot i panss kan zot lé an parmi. Mi oi bien zot i rogard lé z ‘inn épi lé zot. Mi oi bien tazantan sa i di azot kékshoz. Tète-la (…)
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