TÉLÉ-DÉCRYPTAGES DE PHILIPPE TESSERON

18 avril 2008

À 20 heures sur Canal Plus

Michou d’Auber

Film français réalisé par Thomas Gilou. Avec Gérard Depardieu, Nathalie Baye, Mathieu Amalric...

Messaoud, 9 ans, est un enfant d’Aubervilliers. Parce que sa mère est malade, son père est obligé de le placer dans une famille d’accueil.
Nous sommes en 1960, dans le contexte troublé des "événements" d’Algérie. Gisèle, mère "nourricière", décide de travestir l’identité de Messaoud aux yeux de la population de son village du Berry, mais aussi - et surtout - aux yeux de son mari Georges, ancien militaire.
Messaoud devient alors Michel, Michou, et c’est sous cette identité, porté par l’affection de Georges et Gisèle, qu’il s’initie à une France profonde.
Mais le mensonge de Gisèle, bientôt révélé, va mettre en péril cette relation naissante...


À 20 heures sur Tempo

Des racines et des ailes

Magazine de la Rédaction de France Télévisions.

“Trésors du val de Loire” : Un documentaire écrit et réalisé par François Guillaume - Une production : Eclectic Production, en association avec France 3 et du CNC.

En novembre 2000, consécration pour le Val de Loire : l’Unesco classait cette région au patrimoine mondial au titre des paysages culturels vivants. Par cet acte fort, l’organisation internationale insistait sur le caractère unique de la présence sur son sol de ces nombreux châteaux. Mais elle souhaitait également souligner l’importance du patrimoine immatériel et naturel qui donne à cet espace toute sa spécificité. De Sully-sur-Loire à Chalonnes, sur 260 km, le Val de Loire recèle un paysage culturel extraordinaire le long d’un grand fleuve. Cette région est le produit de l’action combinée de la nature et de l’homme : ponts, levées, îles, berges, demeures historiques.


À 20 heures 05 sur Télé Réunion

Cold Case : Affaires classées

Série policière américaine réalisée par Bill Eagles. Avec Kathryn Morris (Lilly Rush), Thom Barry (Will Jeffries), John Finn (John Stillman), Jeremy Ratchford (Nick Vera).

“Championne” : Lilly Rush et son équipe rouvrent une affaire datant de 1973. Une jeune joueuse de tennis promise à un brillant avenir, Andi, avait été retrouvée morte étranglée dans sa chambre le lendemain de sa victoire dans un match l’opposant au meilleur joueur de son université. 33 ans plus tard, la petite sœur d’Andi a retrouvé la serviette dont celle-ci s’était servie le jour de sa mort. Le linge est imbibé de nitrate de sodium, qui, à forte dose, peut être mortel. Comme trois décennies plus tôt, les soupçons se portent sur l’adversaire vaincu, Fritz. Cependant, ses propos orientent les enquêteurs vers d’autres proches d’Andi, tous plus ou moins envieux de la jeune joueuse.

“Fait un vœu” :
On a récemment découvert des dessins sur la tombe d’un adolescent attardé, mort en 1993 dans d’étranges circonstances. Lilly et son équipe rouvrent le dossier. Progressivement, ils arrivent à la conclusion que la mort du garçon pourrait être un meurtre et non un accident, contrairement à la thèse de l’époque.

Votre soirée Télé

Quoi de neuf dans la boîte à images pour ce soir ? Pas grand-chose si ce ne sont vos rendez-vous habituels. Pour commencer, je vous invite à visiter les châteaux de la Loire avec un très beau reportage dans le magazine “Des racines et des ailes”. Ça ressemble à un dépliant touristique, mais après tout, ceux qui n’ont pas les moyens ou la possibilité de sauter la mer, cela peut être intéressant. Maintenant, en un saut de puce, on peut se téléporter sur le premier canal de RFO pour apprécier deux nouveaux épisodes de la série “Cold Case : Affaires Classées”. Là, pas de surprise, c’est du tout bon et je ne vous en dirai pas plus, sinon vous allez me taxer de groupie. En ce qui concerne la fiction de cinéma, c’est sur Canal Plus qu’il va falloir aller chercher votre pitance, à condition d’être abonnés et d’avoir payé votre obole à cette société de télévision. Le film que je vous propose c’est : “Michou d’Auber”. Je pense qu’avec cela “ça devrait le faire”, comme on dit maintenant !

Le film que l’on peut regarder

Gérard Depardieu et Nathalie Baye, voilà l’affiche que je vous propose pour une bonne soirée devant l’aquarium ! Le seul hic : c’est payant ! Le film que je vous ai sélectionné, hormis une affiche alléchante, est d’une excellente facture et mérite une petite brassée d’étoiles ! L’histoire se déroule dans la France profonde au début des années 60, à l’époque de la guerre d’Algérie, de la lutte armée avec le FLN et de l’influence croissante de l’OAS. Au sein d’une France déchirée entre les partisans de l’Algérie française et les opposants favorables à l’indépendance, un couple désœuvré et sans enfant se décide à adopter, contre dédommagement, un garçonnet algérien dont les parents ne peuvent subvenir à son éducation. En cette période troublée de notre histoire, l’enfant, choyé par Gisèle et Georges comme s’il était leur propre fils, doit, en dehors de son foyer d’adoption, faire le dur apprentissage de l’exclusion et du racisme. Voilà, le décor est planté et vous me direz que c’est facile et que c’est encore une banale histoire de racisme. Banale, j’ai dit banale ! Eh bien oui, j’aurais même pu ajouter ou remplacer ce mot par ce cache-misère de la pensée intellectuelle que sont ces deux mots “Racisme Ordinaire” ! Alors, on peut toujours gloser sur “Michou d’Auber” et se dire que ce n’était valable qu’en 1960 ! Comme si le monde était devenu si intelligent et que le racisme avait disparu, mais cela, c’est une autre histoire. La fiction que je vous propose va peut-être nous aider à réfléchir (le cinéma, ça doit servir à ça aussi) sur notre pauvre monde et les montagnes d’égoïsme que nous trimballons.
“Michou d’Auber”, c’est aussi une magnifique bouffée d’espoir. L’atmosphère qui se dégage de cette fiction nous laisse entrevoir un monde fait de pensées pestilentielles. Parfois on en est à douter que ce soit bien l’image de notre société que nous voyons se refléter dans le miroir de notre téléviseur, et pourtant, c’est tellement réel que s’en est dérangeant. Alors, vous connaissez votre serviteur, lorsqu’il s’agit de déranger, il n’est pas le dernier, et quand un film de cet acabit passe à portée de mains de ses critiques, il ne se prive pas pour vous en toucher deux trois mots et surtout vous inciter à le visionner. Heureux possesseurs d’un décodeur, croyez-en mon esprit critique, mais surtout très partial, c’est sur Canal Plus qu’il faut diriger votre zappeur ce soir et nulle part ailleurs. En ce qui concerne l’interprétation, que vous dire, sinon que les deux principaux rôles sont tenus avec maestria par Gérard Depardieu, qui campe, avec la force et la conviction qu’on lui connaît, un ancien légionnaire reconverti en postier alcoolique, monstre de tendresse et de violence contenues, à la fois sensible et bourru, prêt à défendre son protégé et ses valeurs, et Nathalie Baye dans un personnage de mère nourricière toute en tendresse, tendue d’émotion et de sincérité. Voilà, c’est du grand cinéma à ne manquer sous aucun prétexte.

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